Membre de Vélo urbain Sherbrooke (VUS), Marc Desrosiers plaide pour que davantage d'enfants puissent se rendre à vélo de façon sécuritaire à l'école. On le voit ici avec ses enfants Flavie et Théo.

À l'école à vélo

Alors que les enfants ont repris le chemin des classes, Marc Desrosiers, un membre de Vélo urbain Sherbrooke (VUS), plaide pour que les déplacements à vélo prennent une plus grande place auprès des élèves qui se rendent à l'école.
« Avec VUS, on essaie de promouvoir les déplacements à vélo, de favoriser et de promouvoir les aménagements sécuritaires pour toute la population », rappelle ce membre de VUS.
Ce père de famille a décidé de s'impliquer au conseil d'établissement de l'école Brébeuf initialement pour que les enfants puissent aller à l'école à vélo de façon sécuritaire.
« Force est de constater qu'encore aujourd'hui ce n'est pas le cas, même s'il y a des efforts qui sont faits du côté de la Ville. »
« Pour qu'il y ait un plan d'aménagement des transports actifs qui soit fait avec l'école ou avec la commission scolaire, il faut que la demande vienne des parents. D'emblée avec l'école ou la commission scolaire, ce n'est pas fait. »
Beaucoup d'enfants ne marchent pas pour venir à l'école; plusieurs d'entre eux sont reconduits par leurs parents en voiture ou encore prennent l'autobus.
« Le matin ou en fin de journée, on voit un attroupement autour de l'école, avec un trafic monstre, qui est principalement dû au fait que les enfants viennent accompagnés de leurs parents... On sait que beaucoup d'enfants pratiquent peu ou pas d'activité physique, mais si le déplacement peut être aménagé et rendu sécuritaire, ça va inciter les élèves à se déplacer en vélo. »
« Mais pour ça, ça demanderait des aménagements sécuritaires ou des tracés, surtout sur les grandes artères, ça demande des voies désignées ou des collectrices, qui vont ramasser les cyclistes des petites rues et qui vont les emmener de façon sécuritaire à l'école. C'est un des enjeux. »
Marc Desrosiers plaide pour que des corridors d'accès soient aménagés et que la direction de l'établissement encourage le transport actif auprès des élèves.
Alors que ses enfants réclament d'aller à l'école en vélo, lui-même hésite à les laisser partir en pédalant. « Mon garçon aimerait ça. Probablement qu'il va y aller en vélo, mais on va faire le trajet avec lui quelques fois. »
« Il faut que les interventions viennent des parents. S'ils poussent ce dossier, qu'ils s'adressent à leur conseil d'établissement, le dossier va être porté », fait-il valoir en rappelant les aspects bénéfiques de l'activité physique.
Le Conseil régional de l'environnement de l'Estrie (CREE) soutient qu'un plan a été réalisé pour Brébeuf sans être adopté officiellement.
Alexandre Demers, chargé de projet au CREE, indique que des interventions ont été mises de l'avant en lien avec ce plan, dont la campagne « Pas besoin d'être un super-héros » réalisée avec le Service de police de Sherbrooke.
Alors qu'à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke on indique que « l'école Brébeuf n'a jamais vu de projet de ce genre de déposé », le CREE souligne qu'il s'agit d'un document « interne », car il n'a pas été adopté par un comité officiel de la Ville.
Selon des données de Vélo Québec, dans les années 1970, environ huit élèves sur dix marchaient ou pédalaient pour se rendre à l'école. Aujourd'hui, ils ne sont plus que trois sur 10 à le faire.
Résultat : bon nombre d'écoles se retrouvent avec des préoccupations en matière de sécurité en raison de la circulation automobile aux abords de l'école.
Alexandre Demers estime qu'on a tout de même fait des gains depuis. « On a davantage de gens qui se rendent à pied ou à vélo. » « Dans les 15 dernières années, on a vu une tendance positive dans le transport actif. » La panoplie de mesures mises en place, qu'on pense aux trottibus ou à divers campagnes de sensibilisation, aideraient à changer la donne.
«Je vote vélo»
Vélo Québec lance « Je vote vélo », une plate-forme de discussion et d'échanges pour les citoyens et les candidats à travers le Québec, en vue des élections municipales le 5 novembre.
« Je vote vélo » a pour but de susciter une discussion sur les enjeux du vélo à l'échelle municipale et de donner l'occasion aux citoyens et aux candidats aux élections municipales de donner leur opinion et de proposer leurs meilleures idées en faveur du vélo dans leur municipalité.
« Lors des élections municipales de novembre 2013, moins d'un Québécois sur deux s'est prévalu de son droit de vote. Pourtant, le gouvernement municipal est celui qui touche le plus près à nos préoccupations quotidiennes, avec des impacts bien réels sur notre milieu de vie. En matière de vélo, il est indéniable que tout, ou presque, se joue au niveau municipal. Par le biais de cette plate-forme de discussion, Vélo Québec souhaite que les Québécois(e)s fassent part de leurs préoccupations et souhaits en matière de vélo aux candidats qui se présenteront dans leur municipalité cet automne », souligne Jean-François Pronovost, vice-président, développement et affaires publiques à Vélo Québec.
Les gens sont invités à aller voir l'adresse www.jevotevelo.com. Isabelle Pion