Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

À la veille de passer en zone jaune, une éclosion assombrit le bilan

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Article réservé aux abonnés
BILAN DE LA SEMAINE / La zone jaune est à l’horizon : l’Estrie changera de palier d’alerte lundi. Le réseau local de services du Granit ne fera pas exception, alors que la situation épidémiologique s’est grandement améliorée.

Entre autres changements effectifs à compter de lundi, il sera possible de faire des rassemblements intérieurs limités aux occupants de deux résidences privées. Pour ce qui est des rassemblements les terrains privés ou sur les balcons, ils sont limités à un maximum de huit personnes provenant de résidences différentes ou tous les occupants de deux résidences.

Les sports d’équipe (compétitifs ou de loisirs) pratiqués à l’extérieur et supervisés seront permis, mais limités à 25 participants. Les activités des ligues organisées seront permises, mais la présence de spectateurs est non recommandée. Les compétitions et les tournois demeurent interdits. Ils seront toutefois acceptés à compter du 25 juin.

Et si ces assouplissements sont possibles, c’est parce qu’ils sont appuyés par des chiffres.

En effet, le nombre de nouveaux cas est à la baisse. Il y a eu 63 nouveaux cas durant la dernière semaine. Au sommet de la troisième vague de la pandémie en Estrie, il y en a eu 418 (dans la semaine se terminant le 14 mai).

Le nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19 diminue graduellement dans les deux hôpitaux de Sherbrooke. Vendredi, il y avait 21 personnes hospitalisées, dont trois se trouvaient aux soins intensifs. Au sommet de la troisième vague à la mi-mai, il y avait 40 patients hospitalisés, dont neuf se trouvaient aux soins intensifs.

Autre point positif, la vaccination progresse également : 337 182 des 505 520 Estriens ont reçu une première dose d’un des vaccins contre la COVID-19, soit 66,7 % de la population.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a commencé aussi à administrer davantage de secondes doses du vaccin, alors que, au total, 9,3 % de la population est maintenant pleinement vaccinée contre la COVID-19.

Le nombre de cas actifs continue aussi de diminuer de façon importante en Estrie : il reste maintenant 104 personnes toujours aux prises avec la maladie. Ce nombre avait été atteint à la fin mars, avant le début de la troisième vague en Estrie, puis le cap des 550 cas actifs a été franchi vers le 10 mai, date à laquelle l’Estrie est passée en zone rouge et le réseau local de services (RLS) du Granit en zone rouge avec les mesures spéciales d’urgence en vigueur. 

Depuis le début de la pandémie, 14 830 Estriens ont été infectés par le coronavirus, et 350 sont décédées des complications liées au virus.

Quatre morts dans une éclosion à l’hôpital

Le nombre d’éclosions est aussi à la baisse, notamment dans les milieux scolaires. Malheureusement, une éclosion à l’Hôpital Fleurimont a fait mal cette semaine en coûtant la vie à quatre patients atteints d’un cancer et qui sont décédés des complications liées à la COVID-19 après un séjour à l’hôpital.

Seize patients de l’unité d’oncologie de l’hôpital sherbrookois ont contracté la COVID-19 à la suite d’une éclosion. Quatre d’entre eux sont décédés des suites de l’infection. Deux personnes sont toujours aux soins intensifs. Une dernière tournée de dépistage massif du personnel et des employés devait se dérouler vendredi. S’il n’y a pas de nouveau cas positif répertorié, l’éclosion sera considérée comme terminée dans ce département.

Sept membres du personnel ont été infectés lors de cette éclosion. « La majorité de ceux-ci n’avaient pas été vaccinés jusqu’à maintenant », ont déploré 15 médecins du CIUSSS dans une missive adressée au ministère de la Santé, Christian Dubé. Dans leur lettre, les médecins exigent notamment « un resserrement des mesures de contrôle auprès du personnel soignant » dans ce type de département à travers la province.

Le directeur de la Santé publique en Estrie, Dr Alain Poirier s’est dit stupéfait de la situation. « Je suis toujours surpris que des travailleurs dans le réseau de la santé ne soient pas vaccinés. C’est à se demander où ils ont été formés », a-t-il réagi.

Il y aura un resserrement des mesures mises en place pour protéger les patients atteints d’un cancer, a affirmé jeudi le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé.

« Dès vendredi matin, une directive va obliger les travailleurs de la santé en oncologie à être vaccinés ou dépistés trois fois par semaine. Si ça ne fonctionne pas, on vous replace ailleurs. Et s’il n’y a pas de place ailleurs, vous n’êtes plus à l’emploi », a-t-il déclaré.