Plusieurs citoyens sherbrookois se sont arrêtés pour rencontrer les membres de la patrouille verte, vendredi, qui ont tenu un kiosque de sensibilisation aux monarques, une espèce menacée. Ci-dessus, Camille Lamonde de la patrouille verte a donné des conseils aux citoyens pour attirer ce papillon emblématique.

À la rescousse des monarques

Plusieurs citoyens sherbrookois se sont arrêtés pour rencontrer la patrouille verte, vendredi, venue les sensibiliser au déclin des monarques. Les asclépiades, nourriture de ces magnifiques insectes, devraient se répandre en sol sherbrookois.

Rappelons que Sherbrooke est officiellement devenue « Ville amie des monarques », un titre qui vise à mettre en place des mesures de protection de l’habitat du monarque, une espèce menacée. 

Selon la Fondation David Suzuki qui est à l’origine de cette initiative, la population de ces papillons a chuté de 90 % au cours des deux dernières décennies. 

« Les municipalités peuvent toutefois jouer un rôle clé pour protéger l’habitat de ce papillon emblématique et contribuer à la sauvegarde de cette espèce », soutient la Fondation. Sherbrooke a donc joint les rangs de plusieurs autres municipalités de la province, dont Compton et la MRC de Memphrémagog. 

« Sherbrooke a satisfait les critères de ce titre-là, souligne Anne-Catherine Pilon, coordonnatrice de la patrouille verte. Elle s’est dotée de quelques endroits où les monarques sont attirés par les asclépiades avec des maisons à papillons. On est venu en parler aux citoyens et distribuer des asclépiades. »

L’asclépiade est la seule plante dont le monarque se nourrit. D’autres plantes peuvent aussi l’attirer. 

« On conseille vraiment d’en planter dans le jardin, en plus c’est une super belle plante. L’asclépiade, avec tout le développement dans les villes, est en forte disparition (...) Le monarque, c’est vraiment une espèce parapluie, qui va aider à protéger d’autres espèces pollinisatrices. La pollinisation, c’est hyper important pour notre alimentation. On dit qu’une bouchée sur trois de ce que l’on mange est là grâce à la pollinisation. » 

« Ça fait longtemps, avec la Ville, que l’on fait de la sensibilisation sur les pelouses. On veut essayer de changer l’image de la pelouse parfaite. Un aménagement parfait, c’est celui qui attire la biodiversité, qui attire les insectes et les oiseaux. On veut amener les citoyens à voir leur aménagement différemment, à aller chercher des espèces qui vont attirer les insectes parce qu’il y a un déclin des insectes en général. » 

Enseignante à la retraite, Céline Clavet est déjà sensibilisée au déclin des monarques; elle fait d’ailleurs partie du groupe Sauvons les monarques. L’ex-professeure de l’école primaire de la Maisonnée gardait des chenilles en classe avec ses élèves, pour que celles-ci se transforment en monarques et ainsi faire un effort pour éviter leur déclin. « J’ai fait beaucoup d’activités avec mes élèves. Je continue à ma façon », lance-t-elle en soulignant qu’elle a une petite-fille. 

Ginette Côté et Lise Boivin étaient aussi venues chercher des semences d’asclépiades. « J’ai une petite-fille maniaque des papillons », lance Mme Côté, en soulignant que l’information lui a permis de découvrir l’utilité des chenilles. « On va les voir autrement! »

La Sherbrookoise Josée Bouchard était accompagnée de deux de ses trois enfants. « Je trouve intéressant de montrer aux enfants quelles fleurs attirent les papillons. J’ai des fleurs à la maison, je vais en mettre un peu plus dans mon jardin. »

En devenant une « Ville amie des monarques », Sherbrooke s’est engagée à réaliser dix actions pour protéger ces papillons. La règlementation municipale interdit déjà les pesticides qui nuisent aux pollinisateurs. L’asclépiade a été retirée de la liste des mauvaises herbes et la Ville a procédé à la revitalisation d’un terrain inoccupé dans l’ancien lieu d’enfouissement sanitaire.

La Ville encourage aussi les citoyens à planter de l’asclépiade sur leur terrain ou dans leur quartier.