À la mémoire de ceux décédés dans la solitude

En 2017, six corps de personnes décédées en Estrie n’ont pas été réclamés par un proche.

Difficile d’imaginer que de nos jours des défunts n'ont pas droit à des funérailles célébrées dans la dignité, mais c’est pourtant une réalité dans la région. La solitude frappe toutes les couches de la société, peu importe le revenu ou le statut social du défunt. Mis à l’écart par la société, par eux-mêmes ou par la vie, le corps de ces personnes n’a pas été réclamé au moment de leur décès.

C’est pour cela qu’une cérémonie pour honorer la mémoire de ceux qui sont décédés dans la solitude sera célébrée jeudi soir à la Basilique-Cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke.

La cérémonie qui débutera à 18h30 comprendra des lectures, des témoignages, de la musique et des gestes symboliques. Les gens présents pourront ensuite se rassembler et discuter autour d’une collation. 

L’événement a pour objectif d’aider les personnes endeuillées dans leur processus et de favoriser un élan de solidarité, indique l’Archidiocèse de Sherbrooke.   

Au cours des  quatre dernières années, 1415 corps n’ont pas été réclamés au Québec. L’an dernier, ce sont 288 personnes qui sont décédées dans l’oubli, ajoute-t-on.  

En  2016, six Estriens avaient rendu l’âme sans provoquer le chagrin d’un proche. L’année précédente, on en répertoriait quatre. En 2014, huit personnes apparaissaient à cette triste statistique. À ce jour en 2018, trois décès de ce type sont signalés.

Caroline Dostie

Pour certains, les seules connaissances se résument à leurs intervenants sociaux. À leur décès, personne ne se manifeste et ce sont les services publics qui leur assurent une modeste sépulture, explique Caroline Dostie, responsable de la mission sociale au diocèse de Sherbrooke.

«Cette cérémonie provient des besoins exprimés dans le milieu des services sociaux, dit-elle. Ces personnes décèdent dans la solitude et les intervenants sociaux sont souvent les seuls proches qui leur restent.» 

«Il s’agit souvent de personnes itinérantes, mais il y a aussi des personnes âgées sans famille ou des personnes immigrantes arrivées seules ici.»

Pour eux, la cérémonie de jeudi se veut un rite d’adieu, un geste fraternel, une rencontre, un rituel funéraire, ajoute-t-elle. 

Cette commémoration, qui en est à sa seconde édition, est mise en place en collaboration avec la Coopérative funéraire de l’Estrie et la Coalition pour le travail de rue, précise-t-on.