Les producteurs pourront obtenir un remboursement allant jusqu’à 2 % des salaires déclarés ou 50 % des demandes admissibles, à l’exception des femmes, des jeunes ou des groupes sous-représentés qui sont propriétaires majoritaires : ceux-ci pourront toucher 2,4 % des salaires ou 60 % de leurs dépenses.
Les producteurs pourront obtenir un remboursement allant jusqu’à 2 % des salaires déclarés ou 50 % des demandes admissibles, à l’exception des femmes, des jeunes ou des groupes sous-représentés qui sont propriétaires majoritaires : ceux-ci pourront toucher 2,4 % des salaires ou 60 % de leurs dépenses.

7,5 millions $ pour rendre les fermes du Québec plus sécuritaires

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Les producteurs agricoles québécois bénéficieront finalement de 7,5 millions $ pour mieux protéger leurs travailleurs en contexte pandémique, soit un cinquième du budget de 35 millions $ accordé par le gouvernement fédéral au Fonds d’urgence pour les mesures de soutien à la ferme. Et ce sont les femmes, les jeunes et les groupes sous-représentés qui pourront en tirer le plus.

La ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Marie-Claude Bibeau a dévoilé les termes québécois de ce programme, mardi, en compagnie du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne. Elle a notamment annoncé que les demandes d’aide pourront être soumises à partir du 14 décembre prochain auprès de la Financière agricole du Québec, l’entité désignée pour administrer ce programme.  

La ministre Bibeau estime qu’environ 1000 producteurs pourront bénéficier de cette aide, soit pour l’amélioration des logements et postes de travail pour les travailleurs, l’achat d’équipements de protection individuelle, d’installations d’hygiène ou d’autres mesures de santé et de sécurité. Les coûts extraordinaires associés à une éclosion de COVID-19 sont aussi admissibles. 

Il s’agit d’une aide rétroactive, qui peut s’appliquer sur des dépenses qui ont été faites entre le 15 mars 2020 et le 26 février 2021. 

Les producteurs pourront obtenir un remboursement allant jusqu’à 2 % des salaires déclarés ou 50 % des demandes admissibles, à l’exception des femmes, des jeunes ou des groupes sous-représentés qui sont propriétaires majoritaires : ceux-ci pourront toucher 2,4 % des salaires ou 60 % de leurs dépenses.

«Il va de soi que tous les travailleurs agricoles doivent se sentir en sécurité. Et comme ça a été dit dans le discours du trône, les producteurs canadiens et migrants qui produisent, cultivent, transforment nos aliments méritent la protection et le soutien plein et entier du gouvernement», a exprimé Mme Bibeau.  

Lundi, la ministre Bibeau annonçait également la prolongation jusqu’au 30 novembre du Programme d’aide pour l’isolement obligatoire des travailleurs étrangers temporaires, qui permet aux employeurs des secteurs de l’agriculture, de la pêche, de la production et de la transformation des aliments d’obtenir une aide maximale de 1500 $ par travailleur en quarantaine. 

La ministre Bibeau a dévoilé les termes québécois du  Fonds d’urgence pour les mesures de soutien à la ferme, qui représente 7,5 millions $ pour le Québec.

Alors que les producteurs vivaient déjà avec une problématique de main-d’œuvre, le Canada n’a pu recevoir que 85 % des travailleurs étrangers qu’il avait accueilli à pareille date l’an dernier. De nombreux enjeux de santé et de sécurité ont teinté cette saison des récoltes, notamment avec la mort de trois travailleurs migrants en Ontario après qu’il eurent été contaminés par la COVID-19. 

En juin dernier, la Migrant Workers Alliance for Change publiait un rapport dénonçant les conditions de travail non sécuritaires dans laquelle se retrouvaient de nombreux travailleurs étrangers. L’organisme dénonçait l’inaction des gouvernements face à des plaintes formulées au nom de plus de 1000 travailleurs qui craignaient pour leur santé. Le document dénonçait notamment des conditions difficiles durant la quarantaine de plusieurs nouveaux arrivés, durant laquelle il n’était pas possible de pratiquer la distanciation sociale, d’avoir accès à de la nourriture adéquate, à de l’information sur la situation ou au salaire promis de 30 heures par semaine. 

De nombreuses plaintes concernaient également les conditions dans lesquelles vivaient les travailleurs même une fois leur quarantaine terminée. On parlait de logements surpeuplés et malpropres et d’interdiction de sorties. Une hausse des cas de racisme de la part des employeurs ou des communautés avoisinantes, souvent liés à la peur de contracter le virus, avait aussi été soulevée.

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire du Canada a affirmé pendant la conférence de presse que le gouvernement travaillait sur une révision des conditions encadrant les travailleurs agricoles étrangers. Les changements ne concernent cependant pas particulièrement la pandémie et ne sont pas prévus pour 2021.