Les controversées pancartes préélectorales d'un regroupement de syndicats contre la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) ont fait leur apparition dans les dernières heures à Sherbrooke.

72 heures pour retirer les pancartes litigieuses

Les controversées pancartes préélectorales d'un regroupement de syndicats contre la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) ne pourront meubler le paysage sherbrookois bien longtemps.

Leur présence contrevient à un règlement municipal concernant l’affichage public. Mardi, la Ville de Sherbrooke a fait parvenir un avis au SCFP-Québec réclamant qu’elles soient retirées. La coalition syndicale a 72 heures pour les retirer, a mentionné Nicole Bergeron présidente du comité exécutif de la Ville de Sherbrooke.

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«Nous nous appuyons sur  notre règlementation municipale pour demander qu’on les retire», a-t-elle déclaré lors d’un point de presse tenu mardi après-midi devant l’hôtel de ville.

«Cet affichage massif contrevient au règlement 13.1.4 sur les enseignes d’opinion qui sont interdites. Ça ne peut pas être plus clair.»

Les fameuses affiches ont fait leur apparition dans les dernières heures de lundi à Sherbrooke. Les automobilistes ont pu les remarquer dans les principales rues de la ville mardi matin.

La campagne d’affichage s’attaque à la CAQ et le PLQ a fait des remous dans la région de Montréal et à Québec.  Des affiches ont dû être retirées, car elles contrevenaient aussi à la règlementation municipale.

On y voit la moitié du visage du chef libéral Philippe Couillard et la moitié du visage du chef caquiste François Legault, avec les mentions «Libécaquiste» et «Caquibéral». L’image est accompagnée du slogan «c’est du pareil au même… on mérite mieux».

En temps de campagne électorale, les pancartes des partis politiques sont acceptées, ajoute-t-on.

Nicole Bergeron

Selon Mme Bergeron, la Ville est prête à en découdre devant la justice si les pancartes ne sont pas retirées à temps. Des pénalités peuvent être réclamées si le délai de 72 heures n’est pas respecté, dit-elle.

Joint à ce sujet, le porte-parole de la coalition syndicale Denis Bolduc n’a pas manqué d’exprimer sa colère. Selon lui, la Ville de Sherbrooke «tripote» ses règlements pour justifier qu’on retire les pancartes.  

«Nous sommes choqués!, lance-t-il lors d’un entretien téléphonique accordé à La Tribune. «On classe nos pancartes dans la catégorie des discours sexistes et haineux. Ce n’est pas acceptable.»

«Nous sommes dans notre droit et nous n’avons pas l’intention de retirer nos pancartes. Elles portent un slogan comme celles qui seront installées par les partis politiques.»

Le candidat péquiste dans Sherbrooke incite la Ville de  Sherbrooke à revenir sur sa décision. Guillaume Rousseau en appelle au respect du principe de liberté d’expression.

«La liberté  d’expression est protégée  par la chartre des droits, lance-t-il. Et la liberté d’expression politique est au cœur de ce principe.»

«Il est difficile pour la Ville de Sherbrooke de justifier de limiter cette liberté d’expression.»

M. Rousseau ajoute qu’on pourrait appliquer le règlement pour contrer la pollution visuelle advenant que plusieurs groupes tapissent la ville de leurs pancartes. Mais il est question ici d’une seule organisation ayant décidé de se faire visible sur les poteaux du territoire.

Il assure que le Parti québécois n’a pas de lien avec cette organisation incitant les électeurs à voter contre le PLQ et la CAQ.

Cette controverse n’est pas sans rappeler un autre épisode de pancartes installées dans les rues de la ville en 2014. Les affiches « Parti dans l'Sud », installées par l’entreprise Escapades Memphrémagog, avaient dû être aussi retirées. À l’époque, le Directeur général des élections du Québec avait noté que la loi électorale encadre l'affichage des partis ou candidats dont la candidature est approuvée.