La directrice du ROC de l’Estrie, Claudelle Cyr, espère que les régions auront leur juste part de l’aide financière annoncée par le gouvernement du Québec.
La directrice du ROC de l’Estrie, Claudelle Cyr, espère que les régions auront leur juste part de l’aide financière annoncée par le gouvernement du Québec.

70 M$ pour les organismes communautaires : une aide attendue

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Le Regroupement des organismes communautaires (ROC) de l’Estrie se réjouit de l’aide d’urgence de 70 M$ annoncée par le gouvernement provincial pour les organismes communautaires, mais s’inquiète d’une répartition inéquitable entre les régions.

« Selon ce qui circule, la moitié des sommes devrait être versée aux organismes situés dans la région de Montréal. Or, bien que nous soyons solidaires et conscients des particularités de la région métropolitaine, il y a lieu de s’inquiéter sur les iniquités que cela peut engendrer dans les régions qui sont aussi touchées par la crise sanitaire », note la directrice du ROC de l’Estrie, Claudelle Cyr. 

« Les régions ont à faire face à toutes sortes de défis lorsqu’il est question de levées de fonds et de collectes de dons notamment en raison de la concurrence entre les causes auprès d’une population beaucoup moins nombreuse », ajoute Mme Cyr. 

En Estrie, les organismes rivalisent avec les grandes fondations telles que celles du CHUS, de l’Université de Sherbrooke et Centraide par exemple, pour une population de 500 000 habitants, souligne-t-on.

 « La poche des citoyens et citoyennes a un fond et les gens se retrouvent parfois sursollicités, tant par les grandes fondations que par les organismes communautaires. De plus, la crise sanitaire a engendré de nombreuses pertes d’emplois et de l’insécurité économique pour plusieurs personnes. Pour les organismes, il est évident que la recherche de revenus complémentaires au financement à la mission octroyé par l’État devient un vrai casse-tête. C’est encore plus vrai dans les milieux ruraux ou les petites municipalités comme Weedon, Asbestos ou Farnham », précise Mme Cyr, mentionnant que le ROC espère que la répartition de l’aide gouvernementale tiendra compte de ces particularités. 

Selon un sondage mené auprès de l’ensemble des organismes de la province, les pertes de revenus en Estrie totalisent plus de 3 M $. 

« Et encore, ces 3 M$ sont conservateurs puisque ce sont 60 % des organismes de la région qui ont répondu », précise la directrice. 

« Plusieurs organismes s’inquiétaient de savoir s’ils arriveront à maintenir leurs activités et services tout au long de l’année. Certains accusent des pertes de plus de 100 000 $ faute de pouvoir tenir leurs activités de financement. L’aide annoncée aujourd’hui devrait permettre de maintenir leur offre de services. Cependant, cela témoigne aussi du sous-financement chronique auquel font face la majorité des organismes. Un financement de l’État adéquat permettrait aux organismes de garder la tête hors de l’eau lors de situations particulières comme on le vit aujourd’hui », estime Mme Cyr. 

Le ROC est toutefois heureux de voir qu’il revient aux CISSS et aux CIUSSS d’établir les mécanismes de répartition auprès des organismes dans leur région. Des mécanismes sont déjà en place avec le CIUSSS de l’Estrie-CHUS permettant au ROC de jouer un rôle aviseur dans les scénarios qui seront établis.