La présidente de l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, plaide pour que le gouvernement du Québec finance des outils d’intervention en santé mentale dans les services de police de la province.
La présidente de l’Union des municipalités du Québec, Suzanne Roy, plaide pour que le gouvernement du Québec finance des outils d’intervention en santé mentale dans les services de police de la province.

70 % des interventions policières concernent la santé mentale selon l’UMQ

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
SHERBROOKE — Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, n’est pas le seul à plaider pour un plus grand investissement pour la santé mentale. La présidente de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy, martèle l’importance d’outiller les services de police dans leurs interventions. Selon elle, le taux de criminalité a diminué de 36 % au Québec depuis dix ans, mais les interventions policières ont tout de même augmenté en raison des problèmes liés à la santé mentale. Selon Mme Roy, 70 % des interventions policières concernent la santé mentale. 

« Nous en parlions bien avant les événements de Québec. Si le taux de criminalité diminue, mais qu’il y a une hausse des interventions, c’est dire que les problèmes de santé mentale, de détresse psychologique et de schizophrénie sont en augmentation. Il n’y a pas de doute que ça fait suite au désengagement de l’État. Ce sont nos policiers qui doivent gérer ces problèmes et je ne suis pas convaincue que ces gens se trouvent au meilleur endroit quand on les intègre au système de justice », commente Mme Roy. 

« Nous devons donc demander à nos services de police d’être créatifs, mais le gouvernement doit réinvestir en santé mentale. Il doit aussi s’assurer de donner à nos policiers toutes les ressources nécessaires. Souvent, les Villes mettent en place des projets-pilotes, mais elles ne disposent pas des fonds pour les rendre pérennes. »

L’UMQ mène des représentations dans le cadre des travaux du comité consultatif sur le livre vert sur la réalité policière au Québec, lequel est présidé par l’ancien maire de Sherbrooke Bernard Sévigny, pour plaider pour un meilleur financement des services de police à travers le Québec. « Nous avons expliqué nos appréhensions aux membres du comité. Il doit y avoir un réinvestissement dans la formation des policiers, mais aussi dans la formation d’équipes particulières. Trop souvent, les policiers interviennent et les gens finissent par retourner dans la rue, où les policiers doivent intervenir de nouveau. »

Mme Roy avoue que les besoins des municipalités n’ont pas été chiffrés. « Il faut surtout s’assurer que les projets-pilotes soient pérennes et que nous pouvons augmenter la formation de base en santé mentale. »

Dans ses interventions auprès du comité consultatif, Suzanne Roy n’a pas eu à expliquer les statistiques sur les interventions en santé mentale. « M. Sévigny avait déjà constaté les besoins alors qu’il était maire. Je ne peux pas présumer du contenu du rapport final du comité, mais il est clair que ses membres ont bien compris la problématique de nos corps policiers. »

La présidente de l’UMQ précise que les discussions sur le sujet étaient entamées avant les événements survenus dans le Vieux-Québec. Malheureusement, ce qui s’est produit à Québec fait peut-être comprendre l’importance des impacts de la santé mentale dans les interventions. »