Le pavillon Divinity sur le campus de l’Université Bishop’s sera complètement remis à neuf. Sur la photo, Michael Goldbloom, recteur de l’Université Bishop’s, Richard O’Bomsawin, Chef du Conseil des Abénakis d’Odanak, Geneviève Hébert, députée de Saint-François, et Jean-François Roberge, ministre de l’Éducation.

5,9 M$ pour rénover le pavillon Divinity de l'Université Bishop's

Vacant depuis 2014 pour des raisons de sécurité, le pavillon Divinity de l’Université Bishop’s fera finalement peau neuve. Le gouvernement du Québec a consenti une aide financière de 5,9 millions pour transformer l’édifice en espace de rencontre et de ressources pour les étudiants autochtones.

L’aide gouvernemental annoncé par le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge vendredi représente 85 % du coût total du projet qui s’élève à 6,9 millions de dollars. L’Université Bishop’s s’engage à amasser le million manquant en dons privés. Environ 100 000 $ ont été amassés jusqu’à maintenant.

L’Espace de rencontre pour les étudiants autochtones visera à être une « maison loin de la maison ». Elle comprendra des espaces d’ateliers, des centres de ressources, ainsi que des salles de classe et des bureaux pour les enseignants et le personnel. Il comprendra également des appartements pour des aînés ou des professeurs de passage, ainsi que des aires de repos et de détente.

« C’est un geste qui s’inscrit dans la grande réconciliation et c’est un endroit clé avec l’importance qu’on accorde aux infrastructures en enseignement supérieur, indique le ministre Roberge. On croit aux universités en région. On veut que les gens des Premières Nations sentent qu’ils ont le droit et qu’on croit en eux et qu’ils peuvent aller au bout de leur potentiel. »

L’Université Bishop’s compte 44 étudiants des Premières Nations. L’établissement n’exige toutefois pas d’auto-identification de la part des étudiants dans les documents d’inscription. Shawna Chatterton-Jerome, de la nation Gesgapegiag en Gaspésie et co-dirigeante de l’association étudiante Indigenous Cultural Alliance de Bishop’s estime que ce nouveau pavillon sera d’une grande utilité.

« Il y a beaucoup d’étudiants qui ne viennent pas à nos locaux actuels parce qu’ils sont vraiment difficiles à trouver, c’est juste une petite chambre dans un sous-sol, souligne-t-elle. Un bâtiment comme celui-là sera plus invitant. »

« Je connais beaucoup de gens autour de moi qui ont essayé, mais qui sont retournés à leur réserve parce qu’ils ne se sentaient pas bien, poursuit-elle. On a beaucoup d’amis autochtones qui ont de la misère. On essaie de les aider, mais on ne peut pas tout faire. Ils n’ont personne ici et se sentent un peu différents. Et ce n’est pas au début qu’on se fait des amis aussi, ça prend du temps et on passe des journées tout seul. »

Le recteur de l’Université Bishop’s, Michael Goldbloom, était bien sûr plein sourire lors de l’annonce.

« Il y a deux grands aspects dans ce projet pour moi, le premier c’est de protéger un bâtiment avec 127 ans d’histoire, explique-t-il. Ça fait partie de l’héritage patrimonial de Bishop’s et de Sherbrooke. Et le second est de créer un lieu de rencontre pour les étudiants autochtones. Je crois que les institutions publiques ont un rôle important à jouer dans ce processus de reconciliation. »

Changer l’éducation

Michael Goldbloom a lancé une flèche au système d’éducation au Québec en soulignant le fait qu’il n’a appris que très tard dans sa vie l’existence des pensionnats autochtones.

« J’ai appris l’existence des pensionnats il y a 10 ou 15 ans maximum, admet-il. Les premiers 50 ans de ma vie je n’étais même pas au courant. C’est essentiel d’enseigner à nous-mêmes et à nos étudiants cette histoire. »

Questionné à savoir si l’éducation au Québec pourrait accorder une plus grande place à l’histoire des communautés autochtones, le ministre Roberge s’est montré ouvert.

« La marge de manœuvre est là pour enseigner correctement ceux qui étaient là avant nous et ce qu’ils nous ont apporté, résume-t-il. C’est d’une prise de conscience collective dont on a besoin et on est en train de la faire en ce moment. Chacun des ministères va poser des gestes dans les prochains mois et prochaines années pour donner à nos communautés autochtones les services auxquels ils ont droit. »

Les rénovations prévoient l’ajout de plusieurs fenêtres donnant vers la rivière.

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Le ministre Roberge rassure les régions

De passage à Sherbrooke, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a réagi à la sortie publique des commissions scolaires de la région concernant l’abolition des élections scolaires et la transformation des 72 commissions scolaires en centres de services.

Rappelons que le projet de loi est « une menace à l’autonomie des régions » et « à la capacité du milieu de s’impliquer démocratiquement dans la vie scolaire », selon le président de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC), Yves Gilbert.

Le ministre Roberge estime que les régions ne sont pas perdantes, au contraire.

« Il y a peut-être des gens qui ont des craintes, mais je les invite à prendre connaissance du projet de loi, lance-t-il. D’aucune façon il n’y a des fusions forcées. On garde les mêmes territoires et le même nombre d’institutions. Les régions ne perdent rien, au contraire c’est une décentralisation de la prise de décision. Je pense qu’il n’y aura aucune crainte qui sera fondée en ce sens. »

Jean-François Roberge