Le printemps dernier, l’UdeS a fait le choix de miser le plus possible sur le présentiel pour ses étudiants. Elle a notamment installé 11 classes extérieures.
Le printemps dernier, l’UdeS a fait le choix de miser le plus possible sur le présentiel pour ses étudiants. Elle a notamment installé 11 classes extérieures.

5,6 M $ pour offrir des cours en présentiel à l'UdeS

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Le choix d’offrir des cours en présentiel cet automne a nécessité des investissements de 5,6 M$ à l’Université de Sherbrooke. C’est l’estimation avancée pour quantifier les coûts liés à l’ajout de classes (en plein air et à l’extérieur du campus) et à l’embauche d’escouades étudiantes, entre autres. Pour le moment, l’institution n’a aucune garantie qu’elle sera dédommagée par Québec.

Le printemps dernier, l’UdeS a fait le choix de miser le plus possible sur le présentiel pour ses étudiants. Elle a installé 11 classes extérieures et elle accueille des étudiants à l’extérieur du campus, notamment dans les anciens locaux de La Tribune, dans d’anciennes églises et à la cathédrale Saint-Michel. La facture comprend autant des baux, l’acquisition d’équipement informatique que l’utilisation de désinfectant, par exemple. 

« Le scénario qu’on a choisi, de maximiser la présence des étudiants sur notre campus, et qui a demandé des modalités hybrides, on estime que ça nous coûte directement 5,6 M$, associés à cette décision-là », note Denyse Rémillard, vice-rectrice à l’administration et au développement durable à l’UdeS.

Elle souligne qu’il s’agit « des nouveaux coûts » associés à la COVID, soit une partie de la facture seulement.

« C’est une anticipation, un estimé. Ça peut évoluer. En ce moment, on navigue au mieux dans le brouillard. » 

En outre, il n’est pas encore possible de quantifier tous les coûts causés par la COVID. L’UdeS connaîtra assurément une baisse de ses étudiants internationaux. Les étudiants ont jusqu’au 22 septembre pour se retirer, de sorte qu’il est encore trop tôt pour connaître les impacts financiers.

« Les défis sont grands. Par contre, la somme de 5,6 M$, c’est un investissement plus qu’une dépense », lance-t-elle en rappelant la réussite et la persévérance des étudiants dans un tel contexte.

Pour le moment, il n’a pas été question de compensation offerte par Québec. 

« En ce moment, la seule information que l’on a de Québec, c’est que seuls les établissements universitaires qui seront en déficit en excluant l’impact COVID vont devoir produire un plan de redressement. Ce qu’on entend du ministère, c’est que les impacts COVID qui sont de nature extraordinaire, les universités qui seraient en déficit pour ces raisons-là seulement, n’auraient pas à faire de plan de redressement. C’est ça l’engagement du gouvernement. Il n’est pas question de compensation. »

L’UdeS présentera un nouveau budget en novembre, qu’elle doit déposer au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES). 

Par ailleurs, les états financiers de l’institution affichent un surplus de 326 000 $ pour l’année 2019-2020. « On a quand même eu un mois et demi d’effet COVID dans notre budget », précise Mme Rémillard. 

L’institution a alors connu une hausse de l’effectif étudiant de 0,4 %. 

Un des faits saillants est une croissance importante des octrois en recherche, qui sont passés de 121 M$ à 162 M$ pour cette année financière. 

L’UdeS se retrouvait alors au 15e rang du palmarès canadien des universités de recherche en 2019.  

Au Cégep

Au Cégep de Sherbrooke, on indique que l’établissement avait prévu une somme de 150 000 $ pour 2020-2021 afin de couvrir les coûts additionnels associés aux mesures sanitaires en lien avec la COVID-19. 

« À la lumière des dépenses engagées pour amorcer la session d’automne et des nouvelles mesures sanitaires de la Direction de la santé publique, un budget supplémentaire de 200 000 $ doit être prévu, pour un total de 350 000 $ », précise-t-on.

L’établissement rappelle également que Québec avait annoncé, en août dernier, une enveloppe de 35,6 M$ pour le réseau des cégeps, soit l’équivalent de 1 013 752 $ pour le Cégep de Sherbrooke. 

Cette bonification vise à soutenir la communauté étudiante dans cette crise sanitaire. L’aide est destinée à trois volets, soit l’encadrement pédagogique des étudiants (535 261 $), la bonification du soutien matériel et technologique destiné aux étudiants (373 061 $) et la bonification des services de soutien psychosocial destinés surtout aux étudiants en transition (105 430 $).