Après un détour à Montréal, Sébastien Jacques marchait dans la région de la Mauricie dimanche en direction de Québec, qu'il compte atteindre en fin de semaine.

5000 km à pied: Sébastien Jacques apprend à marcher

Au grand plaisir de Sébastien Jacques, les défis n'ont pas tardé à se pointer le bout du nez pendant sa marche de 5000 km au Québec et aux États-Unis.
« L'équipement, les chaussures, les pas, la vitesse... Toutes les erreurs qui pouvaient arriver sont arrivées en même temps! » a-t-il mentionné à La Tribune en riant dimanche, alors qu'il se trouvait à la hauteur de Louiseville, en Mauricie, en marche vers Québec.
Non sans une certaine fierté, c'est avec de nombreuses ampoules aux pieds et les jambes particulièrement amochées que l'ancien espoir de tennis s'est présenté à l'École des Bâtisseurs, à Granby, pour y donner une première conférence trois jours après son départ.
« Depuis ce moment, ça s'est pas mal replacé, rassure Sébastien Jacques, mais j'étais content que les élèves me voient comme ça. C'était la première conférence que je donnais, j'étais un peu hypothéqué, mais ça concordait mieux avec mon message. Je leur disais que c'était simplement une épreuve à surmonter et j'ai eu une super belle réception. »
Rappelons que l'ancien espoir de tennis a amorcé son parcours sous la neige il y a un peu plus d'une semaine avant d'affronter plusieurs averses. Parti de Magog le 1er avril, il a pris la direction de Montréal avant de bifurquer vers Québec, où il compte arriver dimanche prochain. Il prendra ensuite la route de la Virginie, aux États-Unis, où son kyste au cerveau a été diagnostiqué, avant de marcher jusqu'en Californie, où des médecins spécialistes l'ont guéri. Il parcourra une distance variant entre 35 et 40 kilomètres chaque jour jusqu'en novembre. Son périple doit être ponctué d'entrevues et de conférences dans des écoles pour livrer un message d'espoir aux jeunes et leur dire de ne jamais abandonner, peu importent les défis à surmonter.
« Petits ajustements »
De l'aveu du marcheur, l'enthousiasme de ses proches la semaine dernière à Magog l'a incité à prendre un rythme un peu trop soutenu qu'il a dû rapidement apprendre à tempérer s'il souhaitait réaliser son objectif.
« Il y a eu de petits ajustements à faire que je n'avais pas anticipé aussi tôt. La première journée, il y a eu beaucoup de monde et sept personnes ont fait un 32 km au complet avec moi et on roulait pas mal trop vite. Quand je m'entraînais, je le faisais à la vitesse que je comptais marcher pendant le parcours, mais on a marché un km/h plus vite. Ça m'a donné un coup et je me suis étiré derrière le genou en partant. Depuis trois jours, je suis rendu à mon rythme et ça va vraiment bien. Au lieu de continuer à faire 32 km par jour, j'en fais entre 25 et 28. Ça me permet de profiter plus du Québec et de m'acclimater à la marche. Est-ce que je dois faire de plus grands pas, de plus petits, etc. Ce sont des questions que je ne veux plus me poser aux États-Unis. »
Le Magogois se disait toujours surpris de l'engouement démontré par les gens envers sa cause. En plus d'être souvent accompagné dans sa marche par des supporteurs qui veulent faire un bout de chemin avec lui, Sébastien Jacques entend fréquemment les klaxons des automobilistes.
« Ce sont de bonnes tapes dans le dos. Voir tout le monde faire son petit défi, avoir un énorme sourire à la fin, c'est malade. On se tape dans la main à la fin et c'est leur journée. C'est ce qui fait les highlights de ma semaine jusqu'à maintenant; finir la journée avec le gros sourire et le sentiment d'avoir accompli quelque chose. »
Rencontrer Ellen DeGeneres?
Même si un kyste au cerveau maintenait Sébastien Jacques dans la déchéance physique entre 2010 et 2015, ce dernier pouvait néanmoins compter sur un visage devenu familier pour le faire sourire au quotidien, celui d'Ellen DeGeneres, qu'il espère bien rencontrer au terme de son périple.
« Quand j'étais malade, chaque jour, à 15 h, je regardais son émission avec ma mère et même si je me sentais totalement à chier, pendant une heure j'avais le sourire », se souvient Sébastien Jacques à propos de l'animatrice du Ellen DeGeneres Show, lauréate de nombreux Emmy Awards.
« C'est une femme drôle qui aide les gens et qui ne se prend pas au sérieux. C'est le genre de personne que j'aime. Comme elle travaille à Los Angeles et que je termine ma marche à Santa Monica accompagné de ma mère, ce ne serait pas trop loin et ça nous rappellerait des souvenirs. D'aller à son show, je trouverais ça débile. »
Le Magogois de 28 ans compte faire parvenir à la populaire Américaine une vidéo de sa marche et des conférences qu'il aura données dans des écoles.
« On va essayer d'attirer son attention, même si elle doit constamment avoir des demandes de fou. »
Sébastien Jacques assure qu'il ne s'en porterait pas plus mal si la rencontre n'avait pas lieu.
« Ce serait la cerise sur le sundae, mais si je fais la marche, c'est d'abord pour moi et pour lancer un message. Je n'ai jamais vraiment aimé être devant les gens et faire des présentations, mais de pouvoir toucher plus de personnes, si je suis en mesure d'en inspirer que deux ou trois sur le lot, ce serait une belle réussite. »