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Simon Roberge
La Tribune
Simon Roberge
Règle générale, faire son impôt soi-même est avantageux pour les gens avec une situation plutôt simple, mais beaucoup plus risqué pour les gens avec des situations plus complexes.
Règle générale, faire son impôt soi-même est avantageux pour les gens avec une situation plutôt simple, mais beaucoup plus risqué pour les gens avec des situations plus complexes.

5 choses à savoir sur l’impôt

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CHRONIQUE — Bien gérer son argent peut être aussi sinon plus difficile que de la gagner. Pourtant les avantages sont innombrables pour ceux qui prennent le temps de s’y intéresser. Tous les lundis du mois de mars, La Tribune aborde un aspect des finances personnelles avec un expert pour tenter d’y voir plus clair. Cette semaine, l’impôt.

La saison de l’impôt s’annonce assez mouvementée merci avec la dernière année que nous avons vécu. Les gens qui ont travaillé de la maison pourront aller chercher des sommes supplémentaires, mais plusieurs autres trucs pourraient vous permettre d’avoir un plus gros remboursement d’impôt ou d’en payer un peu moins. Voici donc cinq choses à savoir sur l’impôt en compagnie de Jean-Sébastien Jutras, directeur de la planification financière et fiscale avancée chez iA groupe financier.

1. Ne pas oublier les frais médicaux

Vous êtes-vous acheté une paire de lunettes dans la dernière année ? Avez-vous reçu des soins pour vos dents ? Avez-vous acheté des médicaments ? Si la réponse est oui (et c’est très probablement le cas), vous avez droit à un crédit d’impôt. Des dizaines et des dizaines de frais médicaux sont admissibles pour un remboursement et les chances d’être admissible à un ou deux sont bonnes. 

« Souvent, les gens vont oublier certains frais médicaux qu’ils ont reçus durant l’année, souligne Jean-Sébastien Jutras. Un truc qu’on peut faire, c’est d’aller voir son pharmacien et demander un reçu qui englobe tous les achats de l’année. C’est aussi beaucoup plus facile pour le comptable et ça réduit le risque d’erreur. »

Voici la liste de tous les frais médicaux admissibles à un remboursement au provincial et au fédéral.

2. Retarder ses dons de bienfaisance

Petit truc pratico-pratique, il est possible de retarder le remboursement d’impôt sur les dons de bienfaisance. Le principe étant le suivant : le crédit d’impôt global pour un don de moins de 200 $ est de 35 %. Donc si je fais un don de 100 $, je reçois 35 $ en crédit. Mais pour tout montant dépassant 200 $, le retour est de 53 %. Si je donne 200 $ par année, je vais recevoir mon crédit de 35 % (70 $) tous les ans, mais si je le prends aux deux ans je vais sauver 35 % sur mon premier 200 $ et 53 % sur mon deuxième. Un petit calcul permet de voir que je reçois 36 $ de plus en retardant d’une année. Il est possible de le faire pour une période maximale de cinq ans. Les économies peuvent être substantielles. 

« Si on donne 20 $ par année on peut le prendre chaque année, mais si on donne plus, il vaut mieux les retarder », conseille M. Jutras.

3. Faire son impôt soi-même ?

Est-ce que c’est payant de faire son impôt soi-même ? La réponse peut changer, mais règle générale c’est avantageux pour les gens avec une situation plutôt simple, mais beaucoup plus risqué pour les gens avec des situations plus complexes.

« Les logiciels sont vraiment bien faits, admet M. Jutras. Ils vont te poser une panoplie de question. Ça peut valoir la peine pour sauver les frais de comptable, mais attendez-vous, surtout si c’est la première fois, à mettre plusieurs heures. Ce n’est pas juste un clic et c’est fait. Quand une personne a des blocs ou est travailleur autonome, je conseille de laisser ça à un professionnel. »

4. Magasinez son comptable

Si vous décidez de faire appel à un professionnel, il faut s’assurer que cette personne ira chercher le maximum de déduction. De façon générale, un bon comptable est un comptable qui pose beaucoup de questions.

« Si le comptable ne pose pas beaucoup de questions, posez-vous des questions, lance M. Jutras. Si je fais juste donner mon T4 et mon relevé REER, j’ai peut-être laissé une couple de dollars sur la table. Si jamais je me suis acheté une maison et que je ne le dis pas, c’est à peu près 1500 $ de crédit que je ne demanderai pas. »

Il y a tellement de crédits d’impôt disponibles qu’il vaut mieux en dire plus que pas assez à la personne qui fait son rapport. Les logiciels ne tournent aucun coin rond, il devrait en être de même pour un professionnel.

5.  Prendre son temps

Dernier conseil, mais peut-être le plus important : prendre le temps de bien faire les choses. Le gouvernement ne vous dira jamais que vous avez oublié de demander tel ou tel crédit. C’est à vous de les demander. Les Québécois laissent d’ailleurs beaucoup d’argent sur la table selon M. Jutras.

« Je n’ai pas de stats, mais je suis convaincu que oui. Le gouvernement ne donnera jamais ces chiffres. Il faut être à son affaire parce qu’eux le sont. »

Une année, c’est long et il s’en passe des choses en 12 mois. C’est donc très facile d’oublier une consultation en physiothérapie d’il y a 9 mois ou que vous aviez encore des dettes d’études au mois de février. De passer un petit deux heures à éplucher tous les crédits disponibles pourrait être le deux heures le plus payant de votre année.