47 coups de cloche pour les 47 victimes de Lac-Mégantic

La minute de silence, pour se recueillir et se souvenir, en commémoration de la tragédie d'il y a trois ans, annoncée pour le coup de midi, mercredi, 6 juillet, à Lac-Mégantic, sur le parvis de l'église Sainte-Agnès, s'est transformée en plusieurs longues minutes de silence pendant que s'égrenaient les 47 coups de cloches honorant les 47 victimes de ce terrible événement.
Des coups de cloches qui ressemblaient au tocsin, à l'ancienne, les glas qui annonçaient une mortalité dans le village...
Le curé de l'Unité pastorale Sainte-Marie-du-Lac, Gilles Baril, s'est d'abord adressé à la foule, dans des mots admirables, après l'angélus de midi.
« C'est vital pour nous de nous souvenir. Car il y a trois ans, 47 des nôtres perdaient la vie par le feu du martyre, alors que leur vie était encore remplie de promesses. Nous ne voulons pas qu'elles soient mortes pour rien, mais elles nous ont laissé la question : Que faisons-nous maintenant de notre vie? Comment exprimons-nous notre solidarité communautaire? », a-t-il lancé en substance.
« Nous devons rendre grâce pour les gens partout dans la ville qui se dévouent pour la reconstruction. Grâce au langage des cloches, ils se joignent à nous, comme les cloches nous relient à nos chers disparus, par la communion de pensée et de présence. »
Le moment a vite été empreint de solennité alors que l'émotion était palpable. Les sons aigüs des petites cloches et les sons graves des grosses ont alterné... Sur le parvis de l'église, se tenaient, à l'attention, plusieurs personnalités, dont le député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, représentant du gouvernement québécois, accompagné du député de Mégantic, Ghislain Bolduc, la consule de France Catherine Feuillet, en visite pour l'occasion, cinq des six conseillers de Lac-Mégantic présents avec M. le maire Jean-Guy Cloutier, etc.
« Nous avons planté 47 papillons dans les plates-bandes de fleurs de l'église. Et le soir, le système d'éclairage spécial de l'église projette 47 étoiles sur le parvis... Les 47 personnes étaient remplies d'idéaux de vie. Nous continuons à les porter dans notre coeur. Je souhaite qu'ils seront pour nous source de réconfort, surtout pour ceux qui ont de la difficulté avec leur bonheur!... », a terminé M. le curé Baril.
<p>Jean et Kim Clusiault, père et soeur de Kathy Clusiault, l'une des victimes de la tragédie de Lac-Mégantic.</p>
Jean et Kim Clusiault
Jean Clusiault a perdu sa fille Kathy, dans la tragédie. Il était accompagné par sa seule autre fille, Kim, et tous les deux ont accepté de parler au journaliste.
« Le plus difficile, c'est la solitude. Comme je vis seul, c'est parfois difficile à supporter. Une journée comme aujourd'hui, on y pense plus, cela épuise à la longue. Ma priorité, c'est devenu Kim, mais l'absence de l'autre est difficile à vivre encore aujourd'hui, car les deux étaient indissociables », a-t-il témoigné, l'émotion près de la gorge.
« Ma bouée, c'est Kim maintenant. Pour Kathy, je ne peux vraiment plus rien faire, elle peut peut-être nous aider... Mais Kim a besoin de moi. Si j'avais perdu les deux, le 6 juillet 2013, il y aurait eu trois personnes d'enterrées, je n'aurais pas pu traverser ça! »
Kim enchaîne. « Kathy manque trop d'événements marquants de la vie où elle était toujours là. C'est très familial, chez nous. Ma collation des grades, le 11 juin dernier, c'était un événement important où elle aurait sans doute été présente... Sans les membres de ma grande famille, je ne serais jamais passée au travers! On se tient, on est tissé serré... Si on vit encore, trois ans après... », de confier Kim, sans terminer sa phrase.