Rita Baillargeon, présidente de Secours Amitié, Mylène Vincent, coordonnatrice des bénévoles par intérim, Nicole Poulin, ancienne bénévole, conférencière et formatrice, ainsi que Patricia Hamel, directrice générale, souhaitent que l'organisme Secours Amitié soit encore mieux reconnu dans la région de l'Estrie afin de porter secours à encore plus de gens en détresse.

45 ans d'écoute active pour Secours Amitié Estrie

Ça va mal? Besoin de parler à quelqu'un, de discuter de ses problèmes ou même de ses bons coups, de briser son sentiment de solitude? C'est pour toutes ces raisons - et bien d'autres encore - que près de 10 000 Estriens téléphonent chaque année à Secours Amitié Estrie, cet organisme d'entraide et d'écoute téléphonique qui a permis à des milliers de personnes de voir un peu de lumière au cours de ses 45 années d'histoire.
Mais qu'est-ce que Secours Amitié Estrie? « Nous sommes un service d'écoute téléphonique, et nous travaillons sur le principe fondamental de l'écoute active. Nous croyons que l'être humain est équipé pour trouver ses propres solutions si on peut l'accompagner dans son cheminement », mentionne sa directrice générale Patricia Hamel.
Ambassadeurs recherchés
L'organisme fêtera ses 45 années d'histoire le 22 octobre - c'est à midi en ce jour de 1972 que le premier appel a résonné dans les locaux de l'organisme. Pour l'occasion, Secours Amitié veut se faire connaître davantage, devenir un synonyme encore plus clair de ressource essentielle en cas de crise ou de détresse émotionnelle.
« Pour nous faire mieux connaître des clientèles ciblées, nous voulons recueillir le montant symbolique de 45 000 $ pour consolider et développer notre offre de service. Pour ce faire, nous sommes à la recherche de 45 ambassadeurs qui parleront de leur engagement pour la cause et qui apporteront chacun 1000 $ », explique la présidente de l'organisme, Rita Baillargeon.
Les potentiels ambassadeurs sont d'ailleurs invités à faire signe à Secours Amitié s'ils ont envie de se prêter au jeu, car on en recherche encore quelques-uns pour compléter l'équipe.
Invitation aux bénévoles
Il n'y a pas que des ambassadeurs qui sont recherchés. Des bénévoles aussi!
« Présentement, nous offrons un service d'écoute de 8 h à 3 h de la nuit, soit 19 heures par jour. À certains moments, nous avons deux bénévoles à la fois pour offrir un meilleur service. Dans un monde de rêve, nous pourrions réussir à offrir un service 24 heures par jour, sept jours par semaine, et toujours en double (deux bénévoles à la fois) », ajoute Mme Baillargeon.
Pour le moment, 50 écoutants, tels qu'on appelle les bénévoles, sont actifs au sein de l'organisme et assurent au moins un quart de travail de quatre heures par semaine.
« Pour offrir un service 24/7 en double, nous devrions monter à au moins 65 écoutants, peut-être un peu plus », souligne Mme Baillargeon.
Les bénévoles chez Secours Amitié ne sont certainement pas déposés devant un téléphone dès leur première visite. Que non!
Chez Secours Amitié, la formation initiale des bénévoles et leur formation continue sont des clés qui assurent leur succès et leur présence appréciée dans la région depuis très bientôt 45 ans.
« Le processus pour devenir bénévole est assez rigoureux. Il y a une formation et il y a un coaching de plusieurs heures », souligne Mylène Vincent, coordonnatrice des bénévoles par intérim.
Cette formation sur l'écoute active est si efface que l'organisme l'offre maintenant au public en différents blocs de deux à six heures. Ses formateurs peuvent l'offrir dans les entreprises ou dans d'autres milieux de soins.
« On pense que cette formation peut faire la différence dans la vie d'autrui, alors on veut l'offrir au plus de gens possible », souligne Rita Baillargeon.
On peut consulter le site de l'organisme au www.secoursamitieestrie.org, téléphoner pour demander de l'aide au 819 564-2323 ou encore composer le 819 823-5400 pour offrir ses services de bénévole ou d'ambassadeur.
Une cinquantaine d'écoutants bénévoles répondent chaque année à environ 10 000 appels chez Secours Amitié Estrie.
Tendre la main pour faire une différence
Louis, appelons-le comme ça puisqu'il doit conserver son anonymat à titre d'écoutant, a eu une vie très difficile. Dans son enfance, son désir de mourir était omniprésent. « Je ne voulais pas vivre », se souvient-il, bien des années plus tard. Aujourd'hui, Louis est heureux. Bien dans sa peau. Serein, même. C'est pour essayer de donner un petit coup de pouce à d'autres personnes qui vivent un mal-être qu'il a décidé de devenir écoutant chez Secours Amitié Estrie il y a deux ans.
« La semaine passée, j'ai eu un appel de quelqu'un qui pensait au suicide. En me parlant, elle a ventilé, ça lui a fait du bien, elle s'est sentie accueillie dans ce qu'elle vivait. À la fin de l'appel, elle riait, elle avait des projets », se réjouit Louis.
Faire une différence dans la vie de quelqu'un, aussi petite soit-elle ou aussi anonyme soit-elle? Oui, ça fait du bien, autant à celui qui écoute qu'à celui qui parle, disent les trois écoutants qui se sont déplacés à La Tribune pour témoigner de leur expérience.
Pas de chronomètre
Josée a travaillé dans la fonction publique pendant plusieurs années. Quand elle répondait au téléphone dans le but de résoudre le problème du citoyen qui téléphonait, elle avait des grilles de réponses devant elle et surtout, un chronomètre à garder en tête...
« Quand on vient te dire que tes appels sont toujours trop longs, moi ça me dérangeait! Quand une personne appelle, il y a son problème à régler, oui, mais il y a aussi souvent tout un autre volet qui lui aurait tellement fait du bien de partager », illustre-t-elle.
Devenir écoutante chez Secours Amitié lui a donc permis de combler sa frustration, de pouvoir enfin offrir une oreille attentive sans qu'un minuteur ne soit posé devant ses yeux.
« On voit de tout »
Chantale est l'une des plus jeunes bénévoles chez Secours Amitié. Après plusieurs expériences de bénévolat, elle voulait se renouveler, offrir de l'aide d'une nouvelle façon. Et elle adore ce qu'elle fait chez Secours Amitié.
« Une fois, j'ai eu un appel qui a duré 2 h 15 et je n'ai pas vu le temps passer! Parfois aussi, il y a des appels de 5-10 minutes. On voit de tout. Pas seulement des cas extrêmes », illustre-t-elle.
« À l'ère des médias sociaux, il n'y a jamais eu autant de solitude dans notre société. Nous sommes là pour aider les gens à sortir de leur solitude », résume la directrice générale Patricia Hamel.