« Le marché privé n’est plus capable de répondre à une grande partie de la population. En demeurant sur le marché privé, ils dépensent 50 % de leur revenu pour se loger », exprime Normand Couture, porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke.
« Le marché privé n’est plus capable de répondre à une grande partie de la population. En demeurant sur le marché privé, ils dépensent 50 % de leur revenu pour se loger », exprime Normand Couture, porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke.

42 ménages sans loyer à Sherbrooke

Encore 42 ménages n’ont pas trouvé d’appartement à Sherbrooke.

À pareille date l’an passé, une quinzaine de ménages n’avaient pas trouvé de loyer.

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« Dans les dernières années, ça nous prenait une quinzaine de jours pour placer les ménages locataires. Est-ce qu’on va réussir le même coup? J’ai des doutes. [...] Il faut trouver ces logements, ce qui n’est pas évident », dit le porte-parole de l’Association des locataires de Sherbrooke, Normand Couture. Il se réjouit cependant que deux employés du Projet APPART — un organisme aidant des itinérants à se trouver un appartement — donnent un coup de main à l’Association. 

Causes

La COVID-19, qui a ralenti le domaine de la construction et qui n’a pas permis aux locataires de visiter d’appartements avant le mois de juin, a joué un grand rôle chez ces personnes qui sont toujours à la recherche d’un loyer. En plus, le faible taux d’inoccupation a rendu la tâche compliquée aux locataires, selon M. Couture.

« La COVID-19 a fait en sorte que les gens n’ont pas pu faire de recherche de logement en mars, avril et mai, analyse-t-il. Ils ont commencé en juin. Le taux d’inoccupation, à 2,3 %, est sous le taux d’équilibre, qui est à 3 %. Lorsqu’on est sous ce taux, les propriétaires sont plus sélectifs. »

« Il y a aussi toute la question des gens qui ont perdu leur emploi, poursuit le porte-parole. Il y a une baisse de revenus considérable, ils avaient loué selon leur revenu, qui n’est plus le même. Ils sont donc obligés de quitter leur appartement. »

L’an dernier, les personnes seules peinaient à se trouver un logement. « Cette année, on a des familles. Et pour la première fois, on a des personnes âgées de plus de 75 ans : un couple et deux personnes seules », s’attriste M. Couture.

Le coût du logement fait en sorte que les gens à faibles et modestes revenus ne sont pas capables de se payer ces logements, pense Normand Couture. « Le marché privé n’est plus capable de répondre à une grande partie de la population. En demeurant sur le marché privé, ils dépensent 50 % de leur revenu pour se loger », exprime-t-il, estimant que de 35 à 40 pour cent de ces ménages sont à faibles et modestes revenus. 

De la quarantaine de ménages sans logement, 26 sont hébergés dans un hôtel par la Ville de Sherbrooke. Les autres habitent chez de la famille ou des amis, le temps de se trouver un logement.