L’édifice de l’ancienne Buanderie de l’Estrie, sur la rue Frontenac, sera transformé en stationnement étagé pour les locataires du Frontenac, un immeuble de 37 logements qui verra le jour en bordure de rue.

37 appartements à côté de la Centrale Frontenac

EXCLUSIF / Un immeuble de 37 appartements sera construit sur le site de l’ancienne Buanderie de l’Estrie, au 353 rue Frontenac. Le Groupe Immobilier Bradley récupérera le bâtiment incendié pour en faire un stationnement coiffé d’une terrasse, alors qu’un immeuble de sept étages, dont cinq visibles de la rue, sera situé à l’avant du terrain.

L’ancienne Buanderie de l’Estrie a été la proie des flammes en 2010. Des projets de condos et d’espaces à bureaux ont d’abord été envisagés, mais en l’absence d’une aide financière de la Ville pour la rénovation, les propriétaires jugeaient que l’entreprise ne serait pas rentable.

 C’est l’instauration de programmes incitatifs qui a convaincu le Groupe Bradley, composé du Groupe Custeau et de l’architecte et promoteur Michel Jubinville, d’amorcer des travaux en septembre pour un projet de 6 M$. Les premiers locataires pourront emménager au Frontenac en juin 2019.


« Il y a beaucoup de demandes de jeunes professionnels qui aiment être au centre-ville pour être près de tous les services et se déplacer à pied. C’est eux que nous visons.  »
Michel Jubinville, promoteur

Les appartements de trois ou quatre pièces et demie s’adresseront à une clientèle de jeunes professionnels. Le prix de location devrait varier entre 800 et 950 $ par mois.

« Nous avons dû garder la bâtisse actuelle pour les droits acquis près de la rivière. La première version du projet aurait été trop dispendieuse. Nous récupérons donc la structure pour en faire un stationnement étagé avec une terrasse sur le toit. On sortira par la cage d’escalier de l’immeuble et on traversera sur la terrasse par une passerelle », explique Michel Jubinville, coprésident du Groupe Bradley.

Les deux étages inférieurs du nouvel immeuble compteront aussi du stationnement, un stationnement pour vélos et une salle d’entraînement. Au total, on prévoit 58 cases de stationnement pour 37 appartements.

« Il y a beaucoup de demandes de jeunes professionnels qui aiment être au centre-ville pour être près de tous les services et se déplacer à pied. C’est eux que nous visons. Si la demande est importante pour des appartements plus grands, nous pourrons ajuster nos plans pour prendre trois logements et en faire deux à la place. » Des retraités pourraient aussi être intéressés par le concept.

Les plus grands appartements auront une dimension de 88,5 m2; les plus petits, de 71 m2. « C’est plus grand que la moyenne et on ne peut pas faire plus parce que nous exploitons tout le terrain disponible. »

Critères particuliers

Aucun changement de zonage n’est nécessaire pour la réalisation de ce projet qui se trouve néanmoins en zone de PIIA, soit de plan d’implantation et d’intégration architecturale.

Autrement dit, l’architecture doit respecter des critères particuliers.

« Nous travaillons depuis janvier pour faire accepter le PIIA. Nous avons regardé pour avoir un style industriel avec de grandes fenêtres et de grands balcons pour respecter le style du secteur. À cause du barrage, nous avons fait une étude de bruit et nous devons mettre des fenêtres avec une insonorisation supérieure. Nous ajoutons une unité de climatisation dans tous les appartements. Il sera donc possible de rafraîchir l’espace sans ouvrir les fenêtres. »

L’ancienne Buanderie de l’Estrie a été la proie des flammes en 2010.

Une étude de contamination des sols a aussi été menée et les résultats sont attendus dans les prochains jours.

« La Ville a accepté de nous vendre une parcelle de terrain et Hydro-Sherbrooke déplacera des haubans pour que nous puissions nous coller sur la ligne de terrain. Le site est dispendieux à construire parce que ce n’est pas un terrain standard. La topographie est inhabituelle et le roc, sur lequel nous devons nous appuyer, est très profond. Sans les programmes de la Ville, nous ne pourrions pas faire le projet. »

M. Jubinville garde la porte ouverte à l’aménagement d’un bureau au rez-de-chaussée. « Il ne faudrait pas qu’il y en ait plus qu’un en raison du stationnement », explique-t-il.

Le Frontenac pourrait être un avant-goût des immeubles résidentiels qui se trouveront dans le futur quartier des Grandes-Fourches. Plusieurs terrains à développer dans ce secteur appartiennent justement à M. Jubinville et au Groupe Custeau. « Là aussi on veut que les bâtiments rappellent le patrimoine de Sherbrooke. Mais comme on part de rien, on pourra probablement faire aussi des bureaux et regrouper des stationnements étagés à l’arrière. »