Le conseiller Paul Gingues s’est dit surpris de voir que la Ville n’avait pas prévu de budget pour la surveillance du chantier du Quartier Well Sud.
Le conseiller Paul Gingues s’est dit surpris de voir que la Ville n’avait pas prévu de budget pour la surveillance du chantier du Quartier Well Sud.

357 740 $ de plus pour Well Sud

Le projet du Quartier Well Sud coûtera 357 740 $ de plus que prévu puisque la Ville a embauché une ressource pour surveiller les travaux, une ressource qui ne faisait pas partie du budget initial d’Espace Centro.

Au conseil municipal lundi dernier, les élus ont accepté de transférer cette somme d’un budget prévu pour la construction d’un centre de curling intégré sur le site du complexe Julien-Ducharme. Le centre de curling ne verra pas le jour à court terme. Le conseiller Paul Gingues s’est toutefois inquiété que la Ville n’ait pas prévu l’embauche d’une ressource de surveillance de chantier dès le début.    

« Comment se fait-il que nous n’ayons pas prévu un budget d’une ressource qui surveille les intérêts de la Ville dans le chantier Well Sud? Il me paraît que c’est élémentaire dans un projet d’une telle envergure, dans lequel on investit 27 M$, en plus de 13 M$ pour les infrastructures. Est-ce qu’on n’est pas en train d’ajouter 357 740 $ à un budget de 40 M$ déjà prévu?

Lundi, le directeur général Daniel Picard a tenté une réponse, confirmant que cette ressource n’était pas dans le plan initial. « On a demandé de l’argent supplémentaire sachant qu’il y aurait de l’argent dans les autres enveloppes qu’on pourrait transférer. »

Dans les documents de la Ville, on précise que ce montant est requis pour couvrir les dépenses salariales d’une gérante de chantier pour les trois prochaines années. Son travail est de suivre l’évolution des travaux municipaux réalisés par le promoteur et de faciliter la coordination entre les activités du chantier et celles des autres services de la Ville. 

Dans un courriel envoyé en cours de semaine, la directrice générale adjointe Marie-France Delage explique que des honoraires de surveillance ont été calculés et prévus dans l’entente avec le promoteur pour environ 7 % (1,5 M$) du coût des travaux. Cette surveillance est assurée par la firme EXP. Par contre, la Ville n’avait pas prévu une ressource municipale pour surveiller le chantier. 

« L’embauche de cette personne s’est avérée requise non pas pour effectuer un travail de surveillance, mais pour mettre en place des mesures accompagnatrices pour bien suivre les travaux et être un facilitateur pour l’ensemble des intervenants au chantier et s’assurer que les intérêts de la Ville de Sherbrooke sont toujours mis de l’avant et considérés dans les prises de décisions régulières pour un chantier de cette envergure », écrit-elle.

« Ce n’est pas un oubli, mais plus un ajustement en fonction d’un projet de très grande envergure et sur un modèle inédit à la Ville de Sherbrooke », fait valoir Mme Delage.

Paul Gingues déplore le manque de transparence de la Ville. Il aurait aimé avoir ces informations lundi au moment de prendre une décision. « Ça m’inquiète que nous n’ayons pas prévu quelqu’un pour surveiller les intérêts de la Ville dans un projet aussi important. On vient de doper le projet Well Sud. J’aurais aimé le savoir sur-le-champ pour que nous puissions en discuter. J’aurais aimé de la transparence dans ce dossier. On vient encore d’ajouter de l’argent dans Well Sud et on vient à peine de commencer la construction. »

M. Gingues juge que l’enveloppe de Well Sud continue de gonfler, alors que le conseil avait déjà approuvé des « extras » en février en exerçant une option de 1 M$ pour utiliser de l’acier d’armature galvanisé et pour procéder au chauffage au glycol pour les deux rampes d’accès au stationnement.

« Je trouve qu’il y a un manque de rigueur. Moi, ce n’est pas comme ça que je gère mon budget. J’ai déjà demandé qu’on nous fasse rapport des dépenses liées aux grands projets au fur et à mesure pour que nous puissions suivre leur évolution. »