Caroline Gadoury, coordonnatrice des services en milieu d’hébergement pour l’est du territoire du CIUSSS de l’Estrie, et Sylvie Quenneville, directrice adjointe du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées, ont fait visiter une des chambre aménagée dans ce qui était un petit salon du pavillon Argyll.

32 lits de plus en CHSLD pour désengorger le CHUS

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS procède à l’ouverture de 32 lits de surcapacité dans 9 centres d’hébergement et de soins de longue durée dans la zone est de son territoire, pour désengorger les lits de soins aigus à ses deux hôpitaux de Sherbrooke.

L’établissement en a fait l’annonce mardi et a fait visiter aux médias une de ces chambres aménagée dans un petit salon du pavillon Argyll.

« Nous vous assurons que cela sera fait dans le respect de chacun et que cette mesure se veut transitoire, mais pour une période indéterminée en fonction de l’évaluation de la situation », a dit Caroline Gadoury, coordonnatrice des services en milieu d’hébergement pour l’est du territoire au CIUSSS de l’Estrie.

Occupation excédentaire

Le CHUS doit en effet jongler avec une occupation excédentaire de ses lits de soins aigus, en partie due à la présence de personnes âgées en attente d’une place en CHSLD.

« Quand on a des gens en attente d’hébergement, ils viennent bloquer l’accès à des lits de soins aigus, et la contrepartie de ça, c’est qu’il y a peut-être des gens en attente de chirurgie qui vont se voir retarder leur chirurgie du fait qu’on n’a pas de place pour les coucher après l’intervention. D’où l’importance de libérer des places », fait valoir Sylvie Quenneville, directrice adjointe du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l’Estrie.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation, par exemple une augmentation des demandes de chirurgie ou des cas d’hospitalisation pour des pneumonies, énumère-t-elle, en rappelant que l’hiver entraîne aussi une hausse d’achalandage dans les urgences et les soins de courtes durées.

« À ça s’est ajoutée une augmentation des demandes d’hébergement alors qu’on avait aussi atteint un niveau de saturation dans nos centres d’hébergement, donc ces gens-là attendaient dans des lits de courte durée. Ces deux éléments mis ensemble ont fait qu’on a atteint une capacité maximale dans les lits du CHUS. »

276 personnes en attente

En date de mardi, 74 personnes étaient en attente d’une place en CHSLD à Sherbrooke et 276 pour l’ensemble du territoire du CIUSSS de l’Estrie. Si la plupart de ces personnes sont à la maison ou dans des résidences privées, leur condition nécessite parfois d’être hospitalisées dans des lits de soins aigus en attendant.

Les admissions des bénéficiaires vers les 32 lits de surcapacité ont donc commencé vendredi dernier pour atteindre huit lits mercredi.

On y va graduellement pour s’assurer d’accueillir adéquatement les nouveaux bénéficiaires et de respecter la capacité des équipes soignantes de répondre à leurs besoins.

« Demande fluctuante »

Pour la même raison, on a réparti les 32 lits dans 9 établissements à Sherbrooke et autour, soit le Val-Saint-François, le Haut-Saint-François et Asbestos. Pour l’instant, il n’y a pas d’annonce de prévue pour la partie ouest du territoire du CIUSSS.

« On ne comblera pas l’ensemble des 32 lits de surcapacité parce que la demande est fluctuante, estime Mme Quenneville. On a aussi des départs dans nos centres d’hébergement. On a vu un petit peu plus grand et on a prévu pour que, justement, si la demande augmente encore, on ne soit pas en état d’urgence. »

Elle assure que l’opération se déroule avec la collaboration des équipes du CIUSSS et en restant vigilant quant au bien-être des infirmières, infirmières auxiliaires et préposés aux bénéficiaires qui seront directement touchés par cette surcharge de travail.

« Le fait de mettre cette mesure transitoire, c’est justement de dire que si on sent que la pression baisse, on va probablement refermer les lits graduellement (...) parce qu’on a aussi le souci du bien-être de nos employés, donc on ne peut pas maintenir une pression constamment sur nos équipes. »

Caroline Gadoury précise dans la même veine que quelques-uns des lits de surcapacité consistent en un changement de vocation de lits, inutilisés pour le moment, et pour lesquels les effectifs soignants sont déjà assignés.

Les deux gestionnaires ne pouvaient dire, mardi, combien de temps ces 32 lits seraient ouverts.

« Ce sera certainement quelques semaines, au moins pour passer la période des Fêtes, tout dépendant aussi de la fluctuation de l’achalandage dans les centres d’hébergement », laisse entrevoir Mme Gadoury.