Ensaf Haidar

31 000 lettres d'appui à Badawi: Amnistie se bute à des portes closes

La femme de Raif Badawi et l'organisme Amnistie internationale se sont butés à des portes closes à l'ambassade de l'Arabie saoudite, lundi, quand ils ont voulu déposer quelque 31 000 lettres demandant la libération du blogueur saoudien.
<p>Raif Badawi</p>
M. Badawi, dont l'épouse Ensaf Haidar et les trois enfants sont réfugiés au Canada (NDLR: à Sherbrooke), a été condamné à 1000 coups de fouet et 10 ans d'emprisonnement pour avoir prôné la libéralisation du régime.
Quelques dizaines de manifestants s'étaient réunis à Ottawa pour déposer des lettres et des pétitions provenant d'une vingtaine de pays, mais surtout du Canada.
Contrairement à la première fois où ils s'étaient livrés à cet exercice en janvier, l'ambassade n'a pas voulu leur ouvrir ses portes. Mme Haidar a confié ne pas voir «de lumière» dans cette situation, alors qu'elle avait ressenti de l'espoir au début de l'année.
Pour la directrice générale d'Amnistie internationale Canada francophone, Béatrice Vaugrante, il est «extrêmement décevant, préoccupant même», que l'ambassadeur refuse d'accueillir de «simples cartes écrites par des enfants ou des adultes qui n'ont fait qu'exprimer des voeux». Elle se demande si ce refus signifie qu'il n'y a plus de canal de communication possible avec le régime.
M. Badawi a récemment reçu le Prix Sakharov 2015 pour la liberté de l'esprit de la part du Parlement européen.