Le sort du boisé Saint-Charles-Garnier n’est pas encore connu mais il soulève des tensions au conseil municipal.
Le sort du boisé Saint-Charles-Garnier n’est pas encore connu mais il soulève des tensions au conseil municipal.

300 signatures pour le boisé Saint-Charles-Garnier

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La conseillère Évelyne Beaudin estime avoir recueilli au moins 300 signatures sur sa pétition électronique visant à protéger le boisé Saint-Charles-Garnier. Si elle a invité ses collègues qui partageaient son opinion à apposer leur griffe sur le document, elle a aussi subi les remontrances du président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin, et de la présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout.

Mme Beaudin a publié une vidéo sur sa page Facebook pour dénoncer l’intention de la Ville de vendre une parcelle de terrain adjacente au parc Saint-Charles-Garnier, obtenue dans un échange avec la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, pour y construire des maisons. Elle suggère plutôt d’agrandir le parc Saint-Charles-Garnier ou d’y construire des logements sociaux tout en gardant une partie du terrain à l’état naturel.

« Il est encore possible de signer la pétition. Nous avons recueilli plus de 300 signatures. C’est très bien parti. Plusieurs de mes collègues sont d’accord pour sauver le boisé. Ils pourraient peut-être même signer la pétition. L’idée était d’inviter la population à le faire pour convaincre les quelques derniers élus récalcitrants », rapporte Mme Beaudin.

Vincent Boutin a indiqué que sa collègue avait divulgué de l’information qui devait rester privée pour l’instant. « C’est une discussion que nous avions eue entre élus sur le destin de ce parc. Nous nous étions laissés en nous disant qu’un comité de travail serait mis en place, soit moi, Mme Beaudin, Karine Godbout, Rémi Demers et Pierre Avard, pour réfléchir à la vision future de ce parc. Je trouve curieux de lancer une vidéo appelant les gens à sauver le boisé alors qu’il y a une volonté de réfléchir à la situation du boisé et à l’idée d’en faire un milieu de vie avec l’OMH. »

M. Boutin estime que l’enjeu n’avait pas besoin d’être politisé pour le moment. « J’aurais aimé que Mme Beaudin fasse confiance au comité qui est en place. Qu’une pétition soit lancée avant même notre première réunion alors que c’est un dossier qui est confidentiel, ça vient briser notre élan. Quand on veut travailler ensemble, il faut se donner une chance. »

Karine Godbout partageait la même opinion. « Je suis très ouverte au logement social et à sauvegarder une partie du terrain. Il suffit de discuter et de voir ce qu’on peut faire. Les élus n’ont pas décidé de vendre ce terrain. »

Si aucune décision n’est prise dans ce dossier, il soulève des préoccupations depuis au moins un an et demi. En octobre 2018, Mme Beaudin avait tenu une consultation citoyenne sur le sujet et avait fait part de ses constats à ses collègues en novembre de la même année. Pierre Avard avait déjà suggéré la construction de logements sociaux sur ces terrains.

Les citoyens sont revenus à la charge en mars 2019, en séance du conseil d’arrondissement, alors qu’ils cherchaient à savoir si les terrains avaient été vendus.