Plusieurs personnes dont la vie a été touchée par le travail de la Coalition au fil des années tenaient à être sur place samedi. ÈA l'avant Étienne Bélanger-Caron et Mathieu Smith.

30 ans de travail de rue à Sherbrooke

Des centaines de personnes ont convergé vers le parc éphémère sur la rue Wellington samedi pour souligner la 30e année d’existence de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue. Chansons, collations et activités étaient au menu durant l’après-midi pour célébrer l’organisme qui a vu le jour le 25 octobre 1988.Des centaines de personnes ont convergé vers le parc éphémère sur la rue Wellington samedi pour souligner la 30e année d’existence de la Coalition sherbrookoise pour le travail de rue. Chansons, collations et activités étaient au menu durant l’après-midi pour célébrer l’organisme qui a vu le jour le 25 octobre 1988.

« On a décidé de faire un après-midi festif et inclusif autant pour l’équipe d’intervention que les gens avec lesquels on intervient, explique Étienne Bélanger-Caron, directeur général de la Coalition. La réponse est vraiment super. »

Plusieurs personnes dont la vie a été touchée par le travail de la Coalition au fil des années tenaient à être sur place. C’est le cas de Michel-Alexandre Carpentier qui a connu les travailleurs de rue de la Coalition à la fin des années 1990. Il était en sévère dépression avec des tendances suicidaires.

« On m’a présenté un travailleur de rue qui m’a donné un bon coup de main, souligne l’homme qui se déplace en fauteuil roulant. Il m’a aidé à avoir un logement à prix modique parce que je couchais dans la rue. L’hiver c’était un peu froid, je couchais dans les stationnements à deux étages. »

Au fil du temps, M. Carpentier est même devenu bénévole avec la Coalition.

« Je les remercie, sans eux je serais probablement mort aujourd’hui. »

Mathieu Smith est le doyen de la Coalition. Il est travailleur de rue depuis 18 ans et il a aidé un nombre incalculable de personnes à travers les années.

« Parfois on est de passage dans la vie de quelqu’un juste pour un petit coup de pouce, parfois c’est pour des gens qui ont de grosses blessures, qui n’ont pas eu la même chance, signale-t-il. Parfois c’est plus long la relation qu’on entretient avec eux parce que les services ne sont pas adaptés pour ces gens-là et ils n’ont pas l’aide nécessaire. »

Vers un autre 30 ans

En ce moment la Coalition compte sur équipe de 11 travailleurs de rue. C’est une des plus grandes équipes de l’histoire de l’organisme qui a beaucoup évolué depuis ses débuts.

« On a rapidement suivi le mouvement des organisations communautaire qui s’est mis en place dans les années 1980, explique M. Bélanger-Caron. La pratique du travail de rue répondait au départ à l’arrivée des drogues psychédéliques et du SIDA entre autres. On s’est développé beaucoup à Sherbrooke auprès de la jeunesse. »

Les ressources ont beaucoup augmenté, mais elles ne comblent pas encore tous les besoins selon Mathieu Smith.

« On est à beaucoup de tables avec plein d’organismes de Sherbrooke, mentionne-t-il. Il y a beaucoup de ressources qui sont nées de ça. Si on retourne 15 ou 20 ans en arrière on se rend compte qu’il y a beaucoup de chemin de fait. Il nous reste toutefois beaucoup à faire notamment d’avoir un centre de jour surtout dans une grande ville comme Sherbrooke où il y a une problématique de santé mentale. Ça n’a pas de sens qu’on n’en ait pas encore. »

Étienne Bélanger-Caron assure qu’une grande réflexion est entamée au sein de la Coalition.

« Ce qu’on s’offre comme cadeau pour les trente ans, c’est un exercice de planification stratégique, résume-t-il. On ouvre la réflexion à savoir comment on peut articuler nos interventions. On sait qu’on est encore pertinent, mais on aimerait couvrir plus de milieux. On a plusieurs défis et on ouvre l’ensemble de la réflexion à l’automne. »