La maire de Sherbrooke, Steve Lussier, en point de presse vendredi matin. 
La maire de Sherbrooke, Steve Lussier, en point de presse vendredi matin. 

275 employés mis à pied à la Ville de Sherbrooke

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
La Ville de Sherbrooke a annoncé vendredi que la COVID-19 avait entraîné la mise à pied de 275 de ses employés alors qu’on souhaitait, en fin de journée, que 488 membres du personnel travaillent de la maison.

Le maire Steve Lussier a précisé que les employés mis à pied sont des cols bleus, des cols blancs, des brigadiers et des employés des services aquatiques. Ces individus ne sont pas payés. Ils étaient tous des employés saisonniers ou occasionnels. C’est ce qui explique que la décision n’a pas eu à être entérinée au conseil municipal. 

On estime par ailleurs que ce sont 45 % des 1919 employés (860) qui œuvrent au sein des services essentiels. En matinée, déjà 400 employés faisaient du télétravail et on espérait atteindre 488 en fin de journée. 

La Ville compte un taux d’absentéisme non lié à la COVID-19, parmi les employés restants, de 8 %, soit 150 personnes.

Le maire ajoute que 130 employés demeurent disponibles pour répondre aux besoins s’ils devaient être rappelés au travail et conservent pour la plupart leur salaire. On parle notamment de pompier et de policiers ayant un statut temporaire qui, eux, ne sont pas rémunérés quand ils ne sont pas au travail. « Nous croyons qu’il est essentiel de garder notre bassin d’employés en devoir au cas où le nombre de cas de COVID-19 augmenterait rapidement. Nous devons absolument assurer les services essentiels tout au long de cette crise. La Ville prend tous les moyens essentiels pour assurer les services et pour garder ses citoyens en sécurité. Je demande à la population de suivre les consignes de la sécurité publique. » 

La conseillère Évelyne Beaudin, chef désignée de l’opposition, a déploré avoir appris ces informations dans les médias. « Nous en avions pourtant parlé mardi dernier. Il aurait été bien de ne pas l’apprendre comme ça. En période de crise, il est encore plus important d’avoir de bons canaux de communication. »

Mme Beaudin relève que les enjeux sont importants pour la Ville de Sherbrooke, qui doit d’une part en arriver à une saine gestion budgétaire et d’autre part, jouer un rôle dans le soutien de l’économie locale. 

« L’Union des municipalités du Québec devrait réclamer à Québec une aide financière basée sur les pertes réelles des Villes. Nous n’avons pas le droit de faire des déficits, mais pour prendre des bonnes décisions pour l’économie locale, il nous manque de l’information. Nous ne sommes pas en mesure de promettre un compte de taxes qui sera moins lourd que celui de cette année. Il faudra documenter l’impact des pertes sur nos finances et faire attention avant de se lancer dans des mises à pied supplémentaires. C’est surtout un appel à la prudence. »