Tous les enfants de 0 à 17 ans qui commencent à moucher doivent rester en observation à la maison durant 24 heures.
Tous les enfants de 0 à 17 ans qui commencent à moucher doivent rester en observation à la maison durant 24 heures.

24 heures à la maison pour tous les nez qui coulent... pour le moment

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Sherbrooke — Les autorités de santé publique viennent d’uniformiser la marche à suivre si un enfant a le nez qui coule : tous les enfants de 0 à 17 ans qui commencent à moucher doivent rester en observation à la maison durant 24 heures afin de voir s’ils développeront ou non de nouveaux symptômes liés à la COVID-19.

Auparavant, seuls les enfants de 0 à 5 ans étaient soumis à une quarantaine de 24 heures à la maison quand seul le nez coulait, sans autre symptôme.

Résultat, les enfants sont très nombreux à se présenter dans les centres de dépistage de la COVID-19 depuis le retour en classe et avec l’arrivée du temps frais. Et le phénomène risque de s’amplifier avec cette nouvelle directive.

Bonne nouvelle pour les parents et les enfants : la situation pourrait bientôt changer. En effet, les critères pour que les enfants aillent passer le test de dépistage de la COVID-19 pourraient être prochainement revus à la baisse, explique le directeur de la Santé publique en Estrie, le Dr Alain Poirier.

« Chez les plus jeunes, il y a une grande affluence dans nos centres de dépistage. Nos taux de positivité dans ces secteurs, que ce soit en milieu scolaire ou en garderie, sont très très faibles. D’abord, les enfants font moins la COVID. Ensuite, il y a d’autres virus qui circulent et il y a beaucoup de milieux qui exigent des jeunes enfants d’aller faire le dépistage avant de pouvoir réintégrer le milieu », soutient le Dr Poirier.

Il faut dire que les parents se font référer l’Outil d’autoévaluation de la COVID-19, qui lui renvoie largement à l’exclusion et au test de dépistage.

« Nos critères de dépistage sont peut-être trop sensibles. À n’importe quel nez qui coule, on exige le dépistage. On devient moins spécifiques dans notre dépistage et on se retrouve avec un grand nombre de personnes qui n’en ont pas besoin.

« Il faut trouver la fine ligne du bon dépistage. On ne veut pas manquer de cas dans une maladie comme le cancer, mais dans le cas d’une maladie bénigne, car la COVID n’est pas si sévère pour les enfants, là il faut trouver une autre fine ligne. Je rentre un peu dans le jargon d’épidémiologie, mais c’est une autre façon de dire que ça va bien avec les jeunes enfants, que très très peu sont positifs, et quand ils le sont, les enfants sont très peu malades. Alors cette urgence de faire des tests pour tous les enfants sera probablement revue à la baisse », explique-t-il.

Le Dr Poirier rappelle que l’Outil d’autoévaluation de la COVID-19 doit toujours servir de guide. « Certains parents nous ont reproché, et avec raison je dirais, que le guide était compliqué à comprendre, et nous continuons de travailler à l’améliorer », assure-t-il.

Quels symptômes devrons-nous continuer de surveiller avec les futures lignes directrices?

« Les discussions sont en cours avec le ministère de la Santé et des Services sociaux et avec des experts aussi, parce qu’il y a différentes façons d’imaginer ça. Ça pourrait être selon l’épidémiologie de la région, ou est-ce que l’enfant a eu des contacts avec des personnes positives », nomme-t-il en guise d’exemples.


L’enfant au nez qui coule reste à la maison

D’ici là, les consignes de la santé publique nationale continuent de s’appliquer pour les enfants malades. Ainsi, depuis vendredi, tous les enfants dont le nez se met à couler pourront retourner à la garderie ou à l’école seulement s’ils n’ont pas d’autres symptômes après les 24 heures d’observation à la maison.

Jusqu’à vendredi, le « symptôme du nez qui coule » amenait seulement l’exclusion des enfants d’âge préscolaire, comme l’indiquait La Tribune le 11 septembre dernier.

À lire aussi :

Pour les enfants de 0 à 5 ans : 24 heures à la maison pour le symptôme de nez qui coule

« Pour un enfant qui a entre 0 et 5 ans et qui a le nez qui coule, il est demandé qu’il reste à la maison pour une période de 24 heures afin d’observer ses symptômes. Si d’autres symptômes sont observés, il est demandé de se référer à l’outil d’autoévaluation des symptômes de la COVID-19 ou de communiquer avec le 1 877 644-4545 pour obtenir une recommandation sur la marche à suivre, particulièrement s’il s’agit de fièvre. Si l’enfant ne développe pas de fièvre au bout de 24 heures, la recommandation sera de réintégrer son milieu éducatif même si l’écoulement nasal persiste », indique un porte-parole du MSSS.

« Pour les enfants qui ont entre 6 et 17 ans et qui ont le nez qui coule, il est demandé qu’il reste à la maison pour une période de 24 heures également. Si aucun autre symptôme n’est apparu au terme de la période de 24 heures d’observation, l’enfant peut réintégrer son milieu éducatif. Si le nez qui coule s’accompagne d’un deuxième symptôme parmi les suivants : vomissement, diarrhée, mal de ventre, mal de gorge, grande fatigue, perte d’appétit ou douleurs musculaires, il est demandé de se référer à l’outil d’autoévaluation des symptômes de la COVID-19 ou de communiquer avec le 1 877 644-4545 pour obtenir une recommandation sur la marche à suivre. Cette consigne doit également être suivie si l’enfant présente de la fièvre, une nouvelle toux (de la difficulté à respirer) ou une perte de goût ou de l’odorat, même en l’absence de tout autre symptôme incluant le nez qui coule », ajoute-t-on au MSSS.

« Les frères et sœurs qui ne présentent pas de symptôme peuvent continuer de fréquenter leur service de garde ou leur école, à moins qu’ils ne développent par la suite un ou des symptômes », ajoute-t-on également.