Le conseil d’administration de Valoris a adopté son plan de redressement 2019-2021 jeudi.

2020 sera une année charnière pour Valoris

Valoris a officiellement adopté son plan de redressement 2019-2021 sans rendre le document immédiatement disponible pour consultation. Selon le directeur général Denis Gélinas, on misera sur une augmentation des contrats provenant de la construction, rénovation et démolition, en plus de maintenir la pression pour obtenir des redevances du gouvernement du Québec pour les matières détournées de l’enfouissement. Plusieurs contrats pourraient par ailleurs se concrétiser en 2020.

Dans le budget 2020 du centre de valorisation des matières résiduelles, 1,476 M$ ont été retenus pour déployer le plan de redressement. « Ce sont 1,2 M$ associés à une réserve pour équilibrer le remboursement de la dette annuelle. Si le remboursement de la dette dépasse le montant prévu, on puise dans ce montant sans augmenter les tarifs. Les 230 000 $ restants sont associés à des ressources qui nous aideront à mettre en place le plan de redressement », dit M. Gélinas.

Selon lui, 2020 sera une année charnière pour conclure des partenariats et convaincre le gouvernement du Québec d’accepter de verser des redevances pour les matières détournées de l’enfouissement. « On est en bonne position pour avoir des revenus très intéressants à long terme. 2021 sera une année de consolidation. » On cherchera dans le même sens une reconnaissance qui permettrait de toucher des subventions. La monétisation des biogaz est explorée.

Les recommandations de la vérificatrice générale pour améliorer la gouvernance devraient aussi être appliquées. 

Valoris a par ailleurs conclu un partenariat avec une firme externe pour un projet-pilote qui pourrait mener à un contrat de quatre ou cinq ans qui lui procurerait plus de matières à trier et à valoriser. « En recevant de grandes quantités de matières, nous aurions un approvisionnement suffisant et nous pourrions mieux discuter avec les valorisateurs parce que les volumes seraient plus grands et les prix de vente plus intéressants. Ces revenus remplaceraient les tarifs qui sont à la charge des membres. »

Enfin, un partenariat est conclu avec des universités pour rendre les lignes de tri plus performantes. 

Robert Roy, vice-président de Valoris, est fier du travail accompli. « Notre budget est très, très, très conservateur. On peut voir la lumière au bout du tunnel. Nous n’avons pas eu peur des critiques. Il y a des municipalités qui enfouissent à 50 $ la tonne, mais elles ne font pas le bon geste des 3RV. On a une mission pour nos enfants. Nous deviendrons des leaders en matière d’environnement. »

Comme un avion qui s’écrase

Rappelons que l’augmentation monumentale des tarifs à 237 $ la tonne en 2019 et 241 $ la tonne en 2020 a permis de déposer un budget de fonctionnement 6,7 % plus élevé que l’an dernier, avec des prévisions de dépenses de 16 457 649 $.

Robert Roy compare les problèmes de Valoris à un avion qui s’écrase. « Il y a une multitude de petits facteurs qui font qu’on arrive vers une problématique. Le gouvernement nous faisait des espoirs qu’il nous aiderait et nous vivions en fonction de ces espoirs. Avec notre budget, si demain matin les deux lignes de tri sont fermées, nous serons capables de payer nos frais et de fonctionner. »

Le président de Valoris, Steve Lussier, estime que le plan de redressement a permis d’identifier des faiblesses. Il compte rencontrer le ministre de l’Environnement Benoit Charette et le député François Bonnardel pour leur présenter ce plan.

Le conseiller Julien Lachance, membre du C.A. de Valoris, souhaiterait un tableau de bord pour visualiser les actions à poser et pour en faire un suivi dans le temps.

Évelyne Beaudin avait fait la route jusqu’à Bury pour assister au C.A. jeudi. « Le 6 novembre dernier, on nous avait présenté le plan de redressement, mais j’étais restée sur mon appétit. J’avais l’impression qu’on faisait la même chose qu’avant mais qu’on se croisait les doigts pour que ça se passe mieux. Ça commence à se placer un peu, mais je suis encore sceptique. Je ne suis pas du tout rassurée par rapport à l’avenir, le modèle, la bonne gouvernance. Il n’y a pas de changement de paradigme. On fonctionnait dans l’opacité dans le passé. On a beau demander des documents, on les obtient encore difficilement ou jamais. »

Sylvie Lapointe, mairesse de Cookshire-Eaton, donne la chance au coureur. « Au moins, on nous a promis qu’il y aurait une reddition de comptes tous les mois. Le plan de redressement, ce n’est pas quelque chose à tout casser et il y a beaucoup de si. On aurait aimé plus d’information, mais on espère juste que ce sera profitable. »

Le plan de redressement devrait être déposé sur le site internet de Valoris pour l’ensemble des citoyens.