Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Les relations humaines ont été perturbées en 2020 par de nombreuses restrictions sanitaires et sociales.
Les relations humaines ont été perturbées en 2020 par de nombreuses restrictions sanitaires et sociales.

2020 à deux mètres de distance

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Les relations humaines ont été perturbées en 2020 par de nombreuses restrictions sanitaires et sociales. Mais quelles en seront les répercussions dans la vie des gens?

Selon Catherine Laurier, professeure au département de psychoéducation de l’Université de Sherbrooke, « il y aura inévitablement du rattrapage à faire ».

Après avoir mené une recherche sur l’adaptation des jeunes et des familles face à la COVID-19 avec sa collègue Katherine Pascuzzo, elle affirme que ce sont les jeunes et les adolescents les plus touchés par ce « traumatisme social ».

« Ils ont eu tellement de deuils et de renoncement à faire », explique-t-elle en donnant comme exemple principal l’annulation des bals de finissants. « Il y a eu des ruptures dans la continuité de leur développement. On peut donc penser qu’il y aura des effets plus qu’à court terme », se désole-t-elle.

Plus de temps en famille

Évidemment, le temps passé en famille a été prédominant cette année. Mme Laurier affirme que les parents sont devenus des partenaires de premier plan pour les jeunes. Des confidents au jour le jour.

« Par contre, à l’adolescence, le temps passé en dehors de la cellule familiale est très important. C’est de cette façon que les jeunes se construisent sur le plan social. C’est en entrant en relation avec les autres qu’ils développent leur propre identité. La pandémie a créé beaucoup de frustration et d’insatisfaction chez eux. Et c’est normal », précise la psychoéducatrice.

Elle constate au terme de ses recherches que les parents sont épuisés et que les adolescents ne vont pas bien. C’est davantage le cas pour les jeunes qui sont investis pleinement dans un sport ou une activité culturelle à laquelle ils ne peuvent plus avoir accès.

« On ne connaît pas encore les répercussions que cela aura, mais il est important de reconnaître l’importance de ce qu’ils vivent. Il faut les écouter », mentionne-t-elle précisant que le virtuel ne remplace pas les contacts directs, les interactions et la chaleur humaine.