Bernard Sévigny

2016 : projets controversés sur la scène municipale

Si les projections du maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, s'étaient avérées, 2016 aurait été une année faste. On en serait à organiser les Jeux de la Francophonie de 2021, on célébrerait les premiers vols à l'aéroport de Sherbrooke et Well inc. ne serait qu'un autre maillon dans une chaîne de bonnes nouvelles. L'année 2016 aura plutôt été une année ardue où les cartes ne sont pas tombées là où on les attendait.
La grande déception demeure celle des Jeux de la Francophonie, qui ont finalement été octroyés à Moncton-Dieppe, au Nouveau-Brunswick. Sherbrooke avait annoncé ses intentions dès juin 2015 et tous les espoirs étaient permis, en janvier, quand La Guadeloupe a retiré sa candidature. En mars, le maire s'est rendu à Abijan, en Côte d'Ivoire, pour tenter de convaincre le conseil d'orientation du Comité international des Jeux de la francophonie. Il y était en compagnie du député Luc Fortin et de l'ex-premier ministre Jean Charest.
Le bruit a rapidement couru que le conseil d'orientation avait choisi Moncton-Dieppe. Selon M. Sévigny, en entrevue à La Tribune en novembre, le dossier préparé par Sherbrooke était digne des Jeux olympiques.
Pour l'enthousiasme, il faut donc se tourner vers Well inc., un projet de revitalisation de la rue Wellington Sud qui entraînera la démolition de l'ancien Hôtel Wellington, du Studio Sex, de l'ancien Paps et du Pub irlandais. Le stationnement à étages de la rue du Dépôt sera aussi reconstruit. Les organismes de développement économique seront réunis dans un même bâtiment. Une maison de l'alimentation, un incubateur d'innovation sociale et un Foyer de l'innovation impliquant les universités de Sherbrooke s'y installeraient. S'il reste encore beaucoup de mystère sur la suite des choses, la Ville a embauché un responsable des partenariats publics de Well inc. et a mis sur pied un comité pour déployer le projet. L'annonce de Well inc. a créé des remous au conseil municipal, où certains élus ont déploré ne rien savoir du projet et ne pas avoir été impliqués.
Patinage de descente
Plusieurs autres projets ont réveillé doutes, colère ou mécontentement, à commencer par la piste permanente de patinage de descente extrême qui était envisagée au mont Bellevue, un projet de 300 000 $. Malgré la division, la piste semblait en voie d'être acceptée quand l'édition 2017 de la Coupe Riders a été annulée. En conséquence, à l'adoption du budget 2017, 230 000 $ ont été réservés pour la piste permanente de vélo de montagne, sans les aménagements pour le patinage de descente.
L'agrandissement de la Résidence Murray a soulevé les passions, mais a finalement obtenu l'aval du conseil après des consultations publiques, la signature de pétitions et l'avortement d'un projet de conciliation entre les citoyens et le propriétaire de la Résidence Murray. Le projet initial, qui prévoyait une annexe de sept étages, a été remodelé pour compter quatre étages en façade et six étages à l'arrière.
À Brompton, c'est un projet commercial en bordure de la rue Laval, couplé à un projet de développement résidentiel, à la hauteur de la rue des PME, qui a provoqué une levée de boucliers. Si le projet de station-service et de restauration rapide du Groupe Laroche recevait une approbation assez large, plusieurs citoyens craignaient qu'un oui au projet commercial ouvre toute grande la porte au quartier résidentiel projeté. Le promoteur a mis le développement résidentiel sur la glace et a obtenu suffisamment de signatures des voisins concernés pour éviter un référendum pour la phase commerciale.
L'insatisfaction a aussi tonné fort lors de la tenue d'un projet pilote sur le pont Jacques-Cartier, projet qui visait à mesurer la possibilité de retrancher une voie pour y aménager une piste cyclable. Le feuilleton aura duré une dizaine de jours, alors que le projet devait s'étendre sur tout un mois au point de départ. Les données recueillies seront analysées pour mesurer la pertinence de mener un nouveau projet pilote.
Dans le domaine des pistes cyclables, la passerelle projetée pour enjamber l'autoroute 410, sur le boulevard de Portland, ne verra jamais le jour. Les coûts étant jugés trop élevés, à 2,1 M$, la Ville a opté pour l'élargissement d'un trottoir afin de construire une piste multifonctionnelle. Le coût de cette option est évalué à 1,4 M$.
Du point de vue du tourisme, la murale #Sherbylove, qui aura coûté 319 000 $ en raison de dépenses supplémentaires imprévues, a été inaugurée dans la controverse. Le budget des murales avoisine généralement les 200 000 $. Outre le dépassement de coût, le choix d'un mot-clic à consonance anglophone a fait sourciller.
Quant à l'aéroport, aucune entente n'est survenue pour la tenue de vols commerciaux.
Enfin, l'idée de créer une Société de développement commercial au centre-ville a été reléguée aux oubliettes, du moins pour un temps, à la suite d'un référendum remporté par deux voix par le camp du non en janvier. Le conseiller Robert Pouliot, qui possède un commerce sur la rue Wellington Sud, avait fait compagne dans le camp du non.