Plus d'une centaine de personnes étaient présentes à l'hôtel de ville vendredi pour la 200e vigile, revendiquant la libération de Raif Badawi.
Plus d'une centaine de personnes étaient présentes à l'hôtel de ville vendredi pour la 200e vigile, revendiquant la libération de Raif Badawi.

200 fois debout pour Raif Badawi

Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
SHERBROOKE — Depuis 2012, le blogueur saoudien Raif Badawi est enfermé dans son pays d’origine pour avoir défendu la cause des femmes et celle du droit à l’opinion. Vendredi, la 200e vigile pour revendiquer sa libération était organisée devant l’hôtel de ville de Sherbrooke.

Plus d’une centaine de sympathisants se sont retrouvés sur la rue Wellington, pour marcher de l’hôtel de ville vers la salle du Tremplin où tous se réunissaient afin de souligner cette 200e vigile. Plusieurs défenseurs de la liberté d’expressions y ont pris parole.

« Cet être passionné, cet être fougueux, cet être courageux a défendu la liberté d’expression dans un pays qui en manque cruellement. Chers amis, Raif Badawi est devenu internationalement connu. Ceci a été possible grâce à son ancrage local, grâce à son enracinement ici dans cette ville, la ville de Sherbrooke, grâce à votre solidarité », a déclaré Djemila Benhabib, de la Fondation Raif Badawi.

La femme de M. Badawi, Ensaf Haidar, tenait principalement à remercier tous les gens impliqués pour la cause. C’est cette reconnaissance envers les troupes mobilisées qui la pousse à continuer sa bataille. Avec beaucoup d’émotions, elle a assuré qu’elle n’arrêtera pas le combat et qu’elle continuera à parcourir le monde pour forcer la libération de son mari, toujours avec un groupe de gens ayant la cause à cœur derrière elle.

« Les moyens de pressions, on en a plusieurs. À l’échelle internationale, il y a plein de choses qui se font, il y a une dizaine de jours on était en Allemagne, la semaine prochaine Ensaf va partir aux États-Unis, elle va partir aussi en France. Maintenant que les projecteurs sont braqués sur l’Arabie saoudite, évidemment c’est pour nous une occasion extraordinaire de demander la libération de Raif Badawi. Les dictatures ne sont pas éternelles, l’espoir est permis, mais l’espoir n’est rien sans la solidarité des gens », a tenu à ajouter Mme Benhabib.

Tous les vendredis à 12 h 30, certains Sherbrookois continueront de se réunir devant l’hôtel de ville pour se faire entendre. Ils ne s’arrêteront pas à 200.

La famille Badawi peut compter sur l’appui constant de la Ville de Sherbrooke, le maire Steve Lussier et la conseillère Évelyne Beaudin étaient d’ailleurs parmi les sympathisants vendredi.

La députée de Sherbrooke Christine Labrie y était aussi. Même si les actions concrètes relèvent davantage du gouvernement fédéral, Mme Labrie assure que la Fondation Raif Badawi aura son support pour les prochaines étapes de cette bataille pour la libération du blogueur.

50 coups de cœur pour 50 coups de fouet

Après les allocutions de Mme Benhabib, Mme Haidar et M. Lussier, cinquante coups de tambour ont été sonnés, suivis de plusieurs cris hauts et forts qui ordonnaient la libération de Raif. La cérémonie s’est faite avec la participation des percussionnistes de Sankofa, organisme culturel multidisciplinaire.

Traité comme un criminel depuis son emprisonnement en 2012 alors qu’il est loin d’en être un, le blogueur saoudien a même reçu cinquante coups de fouet en janvier 2015. L’intention derrière le rituel des tambours était de transformer ces coups de fouet en cinquante coups de cœur, envoyés à Raif en guise de support.

Plus d'une centaine de personnes étaient présentes à l'hôtel de ville vendredi pour la 200e vigile, revendiquant la libération de Raif Badawi.