Le centre de dépistage sans rendez-vous de la COVID-19 au 500 de la rue Murray demeure pour les prochaines semaines.
Le centre de dépistage sans rendez-vous de la COVID-19 au 500 de la rue Murray demeure pour les prochaines semaines.

200 employés affectés au dépistage en Estrie

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Sherbrooke — La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS est en train de revoir toute sa stratégie pour offrir le test de dépistage de la COVID-19 à tous les Estriens de son vaste territoire. Un point de service ouvrira donc à Granby à la fin octobre et un autre à Magog au début novembre. Ceux-ci s’ajouteront aux services déjà offerts à Sherbrooke, Bromont, Asbestos et Lac-Mégantic.

Ces points de service « vont nous permettre de nous rapprocher des clientèles pour qui la mobilité ou la voiture est moins accessible et de pouvoir être présents dans certains milieux », a expliqué le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Stéphane Tremblay.

Un nouveau point de service ouvre à Sherbrooke mardi, « mais seulement pour des clientèles ciblées », qui se feront dire par téléphone de se rendre dans ce nouveau point de service. Le service sans rendez-vous demeure donc au 500, rue Murray, pour les prochaines semaines. L’ouverture d’un nouveau centre de dépistage dans l’ancien édifice de BRP est prévue à la mi-octobre.

Des équipes mobiles peuvent aussi être déployées, au besoin, dans différents milieux, notamment ceux touchés par des éclosions.

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200 personnes affectées au dépistage

La tâche d’augmenter la capacité de dépistage n’est pas mince dans une organisation comme celle du CIUSSS de l’Estrie-CHUS qui a toujours 900 postes non comblés au sein de son organisation.

« Les choix demeurent relativement difficiles. (...) On a à décider si on ferme des blocs opératoires pour ouvrir un point de service de dépistage. Il y a des gens qui attendent pour une chirurgie pour les bonnes raisons. On est toujours dans cet équilibre-là », a ajouté Stéphane Tremblay.

Cet été, le CIUSSS effectuait environ 4000 tests de dépistage par semaine. Le nombre a ensuite grimpé à près de 10 000 tests depuis un peu plus de deux semaines.

Chaque test subi représente de multiples étapes : d’abord le prélèvement du test, ensuite son analyse en laboratoire, puis la réception du résultat par l’équipe de la santé publique, qui doit communiquer avec la personne pour l’aviser de son résultat, sans oublier toute l’enquête qui sera effectuée lorsqu’une personne est déclarée positive à la COVID-19.

« Jusqu’à présent, juste pour nos deux centres de dépistage de Sherbrooke et Bromont, incluant Mégantic et Asbestos, nous avons dû libérer 140 ressources (70 personnes équivalents temps plein) pour offrir le test 12 heures par jour, sept jours par semaine, ajouter huit personnes (équivalents temps plein) dans le laboratoire pour traiter tous ces tests et c’est une équipe de 25 personnes qu’on a ajoutées dans les équipes pour faire le retour des tests vers les personnes dépistées. Au total, on parle de 200 personnes affectées seulement aux tests de dépistage. Et ça, ce sont seulement nos besoins en main-d’œuvre pour le dépistage. Je ne vous parle pas ici de nos autres activités liées à la COVID-19, comme les centres d’évaluation, le Centre de confinement de Sherbrooke, etc. », a lancé le président-directeur général du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. 

« Le défi est grand. On a besoin de la patience et de la compréhension de la population parce que ça ne se fait pas toujours très rapidement. Même si le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a ajouté 1400 ressources de septembre 2019 à septembre 2020 sur sa liste d’employés, il nous en manque au-delà de 900 encore. Lorsqu’on ajoute des services, ça amène des défis quotidiens assez importants pour les équipes », a insisté le Dr Tremblay. 

Plus de respect des consignes… moins de dépistage

Quels sont donc les critères pour aller se faire dépister?

« Si vous avez eu une consigne de la Santé publique, vous devez passer un test de dépistage. Si vous avez appelé vous-même à la ligne COVID ou fait l’outil d’autoévaluation des symptômes, vous devez aussi aller passer le test de dépistage. Et bien sûr, toutes les personnes qui ont des symptômes de la COVID »,

« Autrement dit : si vous n’avez pas de symptômes et si vous n’avez pas eu d’appel de la Santé publique, il n’est pas recommandé de se faire dépister »,

« La solution, ce n’est pas le dépistage. La solution, c’est de s’isoler si on a des symptômes ou si on a été en contact étroit avec une personne, c’est le deux mètres, porter un masque, se laver les mains... Il ne faut pas penser qu’il faut avoir un test dans sa vie pour savoir quoi faire », a martelé le directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier.

On le voit au Québec : les gens grognent parce qu’ils attendent pour passer le test, mais nous on grogne parce que les gens ne s’enferment pas et ne protègent pas les autres. C’est comme ça que le virus rentre dans des lieux où on a des gens plus affectés », a-t-il ajouté.

« Si les gens respectaient toutes les consignes, il y aurait moins de besoins de dépistages », a soutenu le directeur de la Santé publique.