200 000 personnes sont touchées par l'itinérance au Canada

Au moins 200 000 personnes sont confrontées chaque année à un problème d'itinérance au Canada, révèle la toute première étude nationale réalisée à ce sujet.
En moyenne, à chaque nuit, quelque 30 000 personnes se retrouvent dans des refuges, dorment à l'extérieur, cherchent à obtenir une protection contre la violence conjugale ou se retrouvent emprisonnées ou hospitalisées, selon le rapport déposé conjointement par les organisations L'Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance et The State of Homelessness in Canada.
Jusqu'à 50 000 personnes feraient partie de la catégorie des «itinérants invisibles», ces gens qui sont temporairement hébergés chez des parents ou des amis puisqu'ils n'ont nulle part d'autre où aller.
Ces résultats brossent un portrait sombre de la situation qui prévaut à l'échelle du Canada, d'après Tim Richter, l'un des auteurs du rapport.
L'étude conclut en outre que cette situation engendre des coûts annuels d'environ 7 milliards $ pour les contribuables canadiens.
Plusieurs municipalités tiennent des statistiques sur l'itinérance, mais il s'agit de la première fois que les chercheurs se penchent sur ce dossier à l'échelle nationale.
L'auteur du rapport, Stephen Gaetz, soutient que ces résultats permettront aux autorités de suivre l'évolution de la situation en s'appuyant sur des données. Celles-ci sont d'une grande importance car les provinces et le fédéral cherchent de plus en plus à trouver des façons de s'attaquer au fléau de l'itinérance, plaide-t-il.
«Les décisions portant sur la façon de réagir au problème de l'itinérance doivent être fondées sur des preuves et sur ce qui fonctionne, pas seulement sur la théorie», fait valoir M. Gaetz.
Cinq recommandations figurent par ailleurs dans l'étude. Les auteurs y conseillent notamment d'augmenter l'accès aux logements abordables et de faire de la lutte à l'itinérance une priorité nationale.