Le programme de sport-études en hockey impose aux parents de débourser environ 3500 $ par année.
Le programme de sport-études en hockey impose aux parents de débourser environ 3500 $ par année.

Les vocations pour soutenir les passions des élèves

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Des vocations et des projets spécialisés ont vu le jour dans les écoles secondaires de la région dès les années 1970. D’abord sont nés quelques programmes de sport-études, d’autres en arts et communications, puis le programme d’école internationale a été lancé à l’école du Phare… C’est cependant au courant des années 1990 que le virage a pris de l’ampleur : le nombre de projets particuliers, de vocations et de profils spécialisés a explosé dans les écoles secondaires sherbrookoises.

Il faut savoir qu’à Sherbrooke, le réseau scolaire public fait face à une compétition importante de la part de plusieurs écoles secondaires privées.

En effet, 6638 élèves fréquentent les écoles secondaires publiques du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSSRS). En parallèle, 3647 élèves fréquentent les écoles privées — soit près de 35 % des élèves fréquentant le secondaire.

Le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke a donc choisi de spécialiser ses écoles secondaires de diverses façons. Pourquoi? Pour deux raisons en fait.

D’abord, maintenir l’intérêt des jeunes envers l’école. « C’était une réponse au taux de décrochage scolaire de l’époque. Il fallait faire quelque chose. Aussi, les passions des jeunes changent avec les années et nous voulions offrir aux jeunes la possibilité de se découvrir des passions », mentionne Lisa Rodrigue, directrice générale adjointe aux affaires éducatives au CSSRS.

Ensuite, on voulait que les jeunes choisissent l’école publique plutôt que de fuir vers les écoles privées qui font aussi une grande place aux projets particuliers. « Il y avait aussi une question de rétention de notre clientèle; c’est certain qu’on voulait que nos jeunes restent dans nos écoles », ajoute Mme Rodrigue.

Au fil des ans, les projets particuliers et les vocations se sont multipliés. « À un moment donné, les jeunes qui n’étaient pas dans une vocation disaient : je ne suis dans rien. C’est alors qu’on a créé des profils particuliers pour offrir aux jeunes la chance d’avoir des cours dans un domaine qui les passionne », ajoute Mme Rodrigue.

Par exemple : jeux vidéo et modélisation 3D, multisports, voies scientifiques…

À l’école du Phare, 20 % des élèves sont inscrits dans le profil particulier de l’école : les jeux vidéo et modélisation 3D. À cela s’ajoutent les 30 % des élèves inscrits au programme d’études internationales et les 6 % au programme de cheerleading.

« Dans le programme du profil particulier, les élèves auront deux cours d’arts de moins, par exemple, pour avoir la chance d’avoir des cours dans un domaine qui les passionne », indique la directrice générale adjointe du CSSRS.

La multiplication des projets particuliers et des vocations amène des questions quant à l’accessibilité à tous les élèves. En effet, pour inscrire son enfant dans un programme de sport-études en hockey, par exemple, le parent doit débourser environ 3500 $ par année. « Les programmes de sport-études sont parmi les plus dispendieux », note Mme Rodrigue.

Pour étudier dans la vocation en musique de l’école Mitchell-Montcalm, les parents doivent débourser environ 700 $ par enfant par année scolaire. Même coût pour le programme de Santé globale dans les écoles La Montée et du Triolet.

« Mais il y a des vocations à 200 $ ou à 400 $ par année… C’est certain que ces programmes amènent une augmentation des coûts pour les parents. Ce sont les conseils d’établissement des écoles qui déterminent les prix, qui sont documentés parce qu’ils servent à offrir des services. Dans la vocation en musique, par exemple, il faut acheter plus d’instruments de bonne qualité », ajoute-t-elle.

« Les écoles ont des façons de venir soutenir les familles, soit celles avec plusieurs enfants, avec l’aide des fondations par exemple », mentionne-t-elle.