La représentante des médecins résidents Audrey Dubé, le doyen de la FMSS Dominique Dorion ainsi que le représentant des médecins résidents Laurent Fradet, lors de la cérémonie d’assermentation des nouveaux médecins finissants de l’Université de Sherbrooke.

174 médecins assermentés: du soulagement à l’anticipation

Dans un mélange de soulagement et d’anticipation, les 174 médecins ayant terminé leur résidence cette année ont officiellement rejoint la profession médicale, une transition soulignée par la cérémonie d’assermentation tenue jeudi à l’Université de Sherbrooke.

« Vous avez le droit d’être fier! Vous avez parcouru tout un trajet depuis 5-8-10 ans... Trinquez à cette fierté, n’hésitez pas à vous en vanter au moins quelques jours! [...] Mais j’ai aussi envie de vous parler d’un autre sentiment que vous avez absolument le droit d’avoir : vous sentir soulagés. Profitez du sentiment du devoir accompli. Ne vous fatiguez pas, ça ne durera pas longtemps. Mais pendant que vous êtes là, profitez-en! » a lancé dans son discours le doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS) de l’Université de Sherbrooke, Dominique Dorion, à l’intention de tous ceux qui ont « survécu » à leur résidence.

Peu de temps après, les 122 finissants présents pour la cérémonie ont prononcé en chœur le serment professionnel du médecin, une tradition suivie de vigoureux applaudissement de leurs professeurs, familles et amis.

L’assermentation marque aussi le moment où les finissants se séparent pour entamer leur carrière respective, en médecine familiale pour 57 % d’entre eux et en médecine spécialisée pour les autres. M. Dorion note par ailleurs que cette cohorte est constituée au deux tiers de femmes, et qu’environ le cinquième des médecins résidents ont été recruté pour pratiquer en Estrie. Autre statistique intéressante : si la plupart des finissants commenceront sous peu à pratiquer la médecine, 22 % poursuivront plutôt leurs études pour acquérir une formation complémentaire.

C’est notamment le cas du co-représentant des médecins résidents, Laurent Fradet, qui annonce à la blague que son objectif est de devenir un « Dr Dorion junior ». Le Sherbrookois, qui a notamment fait de l’athlétisme et du cross-country au sein du Vert et Or, vient de terminer sa résidence de cinq ans en ORL (pour oto-rhino-laryngologie) et chirurgie cervico-faciale, mais il poursuivra sa formation dans le domaine pour encore deux ans. « Demain, je prends mon avion vers Edmonton, pour aller chercher une surspécialisation sur les cancers de la tête et du cou, pour par la suite revenir à l’Université de Sherbrooke comme professeur. J’ai la chance d’avoir mon poste ici déjà! », explique le nouveau médecin avec excitation.

L’autre représentante des médecins résidents, Audrey Dubé, souligne que tous les finissants partagent cette fébrilité : « C’est une grande journée, une nouvelle étape, et on a tous très hâte! »

Celle-ci avait d’abord fait des études en recherche biomédicale, mais elle s’est par la suite redirigée vers la médecine familiale, car elle souhaitait plutôt constater l’impact de la recherche dans la vie des patients. « Médecin de famille, c’est une discipline qui permet de faire une panoplie de choses et d’utiliser plusieurs connaissances, mais c’est aussi la relation privilégiée qu’on a avec le patient, qu’on suit sur plusieurs années et avec qui on développe quelque chose d’unique », évoque-t-elle.

Seule ombre au tableau : comme les besoins dans les régions — et donc les postes offerts — sont déterminés par le ministère de la Santé, les futurs médecins doivent parfois faire des choix déchirants entre choisir la ville où ils désirent vivre ou la branche qu’ils veulent pratiquer. Cette réalité touche aussi les médecins de famille, car le nombre de candidatures pour certaines villes, comme Sherbrooke, dépasse largement le nombre de postes disponibles, obligeant souvent les médecins à s’éloigner de la région désirée.