À l’heure actuelle, 2 adultes sur 3 seraient prêts à recevoir un vaccin homologué contre la COVID-19 s’il était disponible, alors que 16 % le refuseraient et 19 % hésiteraient à le recevoir.
À l’heure actuelle, 2 adultes sur 3 seraient prêts à recevoir un vaccin homologué contre la COVID-19 s’il était disponible, alors que 16 % le refuseraient et 19 % hésiteraient à le recevoir.

16 % des gens refuseraient un vaccin

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
À l’heure actuelle, 2 adultes sur 3 seraient prêts à recevoir un vaccin homologué contre la COVID-19 s’il était disponible, alors que 16 % le refuseraient et 19 % hésiteraient à le recevoir. « Le taux de refus envers les vaccins, habituellement, c’est plus bas », commente la Dre Mélissa Généreux, en se montrant préoccupée par ces données.

Pour la vaccination de la petite enfance, par exemple, il est moins de 5 %. La proportion de refus est en hausse depuis le début de l’été, observe également l’enquête de l’UdeS. 

« Cette propension à être contre le vaccin, elle est à suivre. On a pu regarder ce qui est associé au fait de refuser le vaccin. Sans surprise, ce sont les mêmes facteurs (liés à l’anxiété et la dépression) : le fait d’être méfiant envers les autorités, d’avoir des fausses croyances, de s’informer davantage sur les réseaux sociaux et internet... » note la professeure et chercheuse de la faculté de médecine de l’UdeS.

Parmi les facteurs permettant de réduire les chances de développer un trouble de santé mentale, les chercheurs font ressortir le sentiment de cohérence, soit la capacité de comprendre, de maîtriser et de donner du sens aux événements stressants.

« Ce premier facteur est de loin le plus fortement lié à la santé psychologique en temps de pandémie. Les personnes qui disposent d’un sentiment de cohérence élevé sont 4 fois moins à risque de souffrir d’une dépression majeure. 

Le sentiment de cohérence joue un rôle dans la manière dont les individus s’approprient l’information véhiculée à travers les différents canaux au sujet du coronavirus. Ainsi, les personnes ayant un faible sentiment de cohérence adhèrent davantage à de fausses croyances, ce qui alimente leur anxiété et leur dépression », précise la professeure Généreux.

L’étude permet également de faire ressortir la stigmatisation comme un des enjeux importants. Elle touche actuellement près d’un adulte sur 10. 

Les principales victimes sont celles qui ont eu la COVID-19 ou ayant été contact avec un cas, les jeunes adultes, le personnel du milieu de la santé, les personnes anglophones, les personnes immigrantes (en particulier celles d’origine asiatique) et les Montréalais.

« Il faut toujours se rappeler que la bienveillance, elle est toujours capitale. Dans un monde où les gens vont de moins en moins bien, on a absolument besoin de se rappeler que notre ennemi, c’est le virus, ce n’est pas l’autre », plaide Mélissa Généreux. 

Une telle stigmatisation double le risque d’anxiété ou de dépression.

Des recommandations

L’équipe responsable de cette enquête émet des recommandations visant à lutter contre les impacts psychosociaux de la pandémie. « Il est primordial de reconnaitre l’ampleur des impacts psychosociaux de la pandémie au Québec, ce que plusieurs appellent la deuxième catastrophe, soutient la professeure Généreux. Des solutions efficaces existent pour les minimiser. Il suffit d’y consacrer suffisamment d’effort et de ressources. »

L’équipe recommande de déployer des équipes spécialisées en psychiatrie au sein de la population, de mieux outiller la première ligne, et de renforcer le soutien communautaire en offrant, entre autres, un meilleur soutien aux travailleurs essentiels, en particulier dans le milieu de la santé. Finalement, elle recommande d’adapter les services de base, par exemple, en implantant des mécanismes pour répondre aux besoins psychosociaux des groupes en situation de vulnérabilité.

Rappelons qu’en juin dernier, l’enquête internationale menée par une équipe de l’Université de Sherbrooke démontrait que l’anxiété et la dépression occasionnées par la pandémie étaient manifestes, mais moins répandues au Canada et au Québec qu’aux États-Unis.