Selon le Service de police de Sherbrooke, environ 1500 personnes ont pris part à la marche pour la planète. Une mobilisation mondiale pour le climat avait lieu vendredi.

1500 personnes dans la rue pour le climat à Sherbrooke

Environ 1500 personnes ont pris la rue à Sherbrooke pour manifester leur volonté de voir les gouvernements prendre des actions concrètes en matière de lutte aux changements climatiques. En plus de chanter et crier différents slogans, les étudiants, élèves et citoyens engagés ont même laissé un message téléphonique au premier ministre François Legault.

« On est présentement à Sherbrooke devant la bibliothèque Roger-Maltais et il y a bien du monde! a lancé la porte-parole du mouvement La planète s’invite à l’UdeS, Amélie Drainville, sous les cris de la foule. Est-ce que vous l’entendez notre colère, M. Legault? On vous lance un appel pour vous dire que nous sommes tannés d’attendre après l’action des gouvernements. Pendant la campagne électorale, vous n’aviez pas de plan en environnement, mais tous les partis ont présenté des mesures qui peuvent être très intéressantes pour notre avenir, donc on vous invite vraiment à investir dans toutes les sphères environnementales possibles et avec des budgets importants pour qu’on réussisse à sortir de cette crise climatique et que votre budget de la semaine prochaine rende compte de nos demandes. »

« Il y a vraiment urgence d’urgence, a ajouté Mme Drainville en entrevue avec La Tribune. On est complètement démunis. Aujourd’hui, c’est un appel à l’aide. On ne peut pas faire seulement un petit geste individuel. On a besoin de gestes collectifs, de gestes importants. »

Quelles sont les demandes concrètes adressées aux gouvernements? « On a trois principales préoccupations : la première, c’est d’inclure l’environnement dans le cursus scolaire. Si on veut faire de bons citoyens du monde, il faut parler d’environnement au primaire et au secondaire. Ensuite, on veut une loi-cadre sur le climat qui obligera tous les gouvernements à passer toutes les lois sous le crible d’une évaluation environnementale afin de respecter les cibles fixées. Finalement, on demande plus de transparence des universités et des gouvernements pour ce qui est des investissements et des subventions faites aux énergies fossiles et l’on veut un désinvestissement le plus rapidement possible », explique Ariane Drainville, une autre porte-parole du mouvement. 

Philippe Johner, un étudiant à l’Université de Sherbrooke, juge important de participer à une telle marche. « On a besoin de mobiliser l’État et les grandes entreprises pour nous aider à avancer dans le mouvement et à aider l’environnement. Même avec des actions individuelles, sans leur assistance, on ne pourra pas se rendre nulle part. Si on devient tous végane et qu’on fait tous du zéro déchet, ce ne sera pas suffisant. Il va falloir que les États et que les entreprises fassent quelque chose », a-t-il demandé.

William Isabelle, lui, veut voir des politiciens plus actifs dans ce dossier. « Moi je suis ici pour réveiller les partis politiques qui sont vraiment inactifs dans le moment, surtout le gouvernement caquiste qui est au pouvoir actuellement », a-t-il décrit. 

Christine Labrie marche

La députée de Sherbrooke, Christine Labrie, considère que la population est prête à faire des changements. « C’est vraiment juste une question de volonté politique actuellement. C’est eux qui sont en retard », a-t-elle dit.

« Pour influencer le gouvernement, il y a plusieurs façons, continue Mme Labrie. Moi je le fais de l’intérieur à l’Assemblée nationale, mais ça prend aussi une grande mobilisation citoyenne pour inciter le gouvernement à être plus à l’écoute de ce qu’on propose et à se rendre compte que la mobilisation est là. Normalement, le gouvernement est censé être au service de la population, donc si la population sort dans la rue pour revendiquer des gestes concrets en matière de changements climatiques. Il faut que le gouvernement aille de l’avant. »

Pour elle, tous les Sherbrookois partagent la préoccupation par rapport aux changements climatiques. « Je suis venue en autobus et elles étaient remplies, il fallait laisser des gens sur le trottoir. Les gens sont cohérents, ils veulent venir ici en transport en commun. Ça dépasse visiblement ce qui a été planifié. Je ne suis pas surprise, je m’attendais à cette mobilisation et ce n’est qu’un début », a-t-elle résumé. 

De son côté, le Service de police de Sherbrooke assure qu’aucun constat d’infraction n’a été remis lors de la marche. Quelques bouchons de circulation ont été créés, puisque la rue King a été fermée dans les deux sens.

Autobus

Jonathan Savard, un manifestant, a été déçu du système d’autobus. « Il y a beaucoup de jeunes qui prenaient l’autobus du cégep pour aller vers l’Université de Sherbrooke. Celui-ci s’est rempli dès le Cégep et n’a pas pu embarquer les autres personnes sur le chemin. Des dizaines de personnes attendaient sur le circuit d’autobus pour aller à la manifestation, mais n’ont pas pu le faire. Les gens semblaient stupéfaits. Je trouve ça incroyable que la STS n’ait pas prévu plus d’autobus malgré la grande mobilisation. Surtout que lorsqu’on parle d’environnement, le transport actif est particulièrement important. La STS aurait dû aller plus loin, comme en proposant le transport gratuitement. C’est fait lors de fêtes, donc pour une manifestation environnementale, ça aurait été particulièrement symbolique », analyse-t-il.

La STS n’a pas retourné l’appel de La Tribune.

Mitchell-Montcalm s’invite à la fête

Quelques dizaines d’élèves de l’école Mitchell-Montcalm se sont mobilisés, vendredi, pour lutter contre les changements climatiques. Pendant plusieurs minutes, les jeunes ont traversé le boulevard de Portland, pancartes à la main.

« C’est vraiment important de faire un changement, car le seul petit déchet que je vois par terre me frustre. Je suis vraiment tannée, on a besoin d’un changement. On est ici pour ça, pour se faire entendre », mentionne Nichole Salazar, une élève de quatrième secondaire. 

« On veut que les gens se rendent compte qu’il y a un problème, mentionne sa collègue de cinquième secondaire Chloé Salaün-Dahl. Ce n’est pas seulement des petits jeunes qui manifestent, c’est énorme. On veut que ça change maintenant. »

Louis Burnotte, un autre élève, a initié ce mouvement à Mitchell-Montcalm. « C’est ma sœur étudiante au cégep qui m’en a parlé. Elle m’a dit de m’informer auprès de la direction si je voulais faire quelque chose. J’ai fait les manœuvres nécessaires pour faire cette activité. Ceux qui sont intéressés participent, et ils participent de la bonne manière », dit-il, visiblement satisfait. 

« On est rendus à un point où l’on ne peut plus faire d’erreur dans nos décisions environnementales. Il faut se prendre en main maintenant pour ne pas regretter plus tard », considère-t-il.