Jusqu’au 26 avril, le Musée d’histoire de Sherbrooke présente sa première exposition temporaire de 2020 : 150 ans d’histoire urbaine : Sherbrooke, d’hier à aujourd’hui. Cette exposition photographique, qui met en relief les similitudes et les différences du paysage urbain de Sherbrooke à travers les années, rassemble le travail réalisé pour la chronique Hier à aujourd’hui, publiée dans <em>La Tribune</em> de 2015 à 2019.
Jusqu’au 26 avril, le Musée d’histoire de Sherbrooke présente sa première exposition temporaire de 2020 : 150 ans d’histoire urbaine : Sherbrooke, d’hier à aujourd’hui. Cette exposition photographique, qui met en relief les similitudes et les différences du paysage urbain de Sherbrooke à travers les années, rassemble le travail réalisé pour la chronique Hier à aujourd’hui, publiée dans <em>La Tribune</em> de 2015 à 2019.

150 ans d'histoire urbaine : « Pareil, pas pareil ? »

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
Qu’y a-t-il de différent entre la côte King de 1898 et celle de 2018 ? À peu près tout. Ceux qui ont apprécié les comparaisons photographiques de la chronique Hier à aujourd’hui, publiée dans La Tribune entre l’automne 2015 et l’hiver 2019, seront ravis d’apprendre que le Musée d’histoire de Sherbrooke (MHIST) a décidé de rassembler ses 31 plus belles dyades en une exposition temporaire.

Présentée depuis le 27 février et jusqu’au 26 avril, l’exposition 150 ans d’histoire urbaine : Sherbrooke, d’hier à aujourd’hui, retrace l’évolution urbaine de lieux bien connus de Sherbrooke. Accompagnées de textes explicatifs, les paires d’images d’archives et de photographies actuelles (Normand Métivier, Julien Sèves, Gabrielle Thériault) invitent au jeu et à la discussion, explique Marie-Eve Gingras, coordonnatrice au Musée d’histoire de Sherbrooke. Alors que les visiteurs s’amusent à « pareil, pas pareil ? », ils sont portés à interagir entre eux, et même à laisser émerger les souvenirs, dit-elle.

Bonus nostalgique : le MHIST ne pouvait certainement pas passer à côté de la récente démolition de l’Hôtel Wellington, un bâtiment qui aura marqué l’histoire urbaine de Sherbrooke et qui laisse pour le moment un grand trou au centre-ville de Sherbrooke. On a donc décidé de mettre en valeur des clichés d’une autre vie, en plus d’un vestige architectural des plus évocateurs.

Présent au vernissage de l’exposition, jeudi, Paul Desfossés était presque ému. « Je suis à Sherbrooke depuis que je suis tout petit. J’ai presque vu les tramways ! En tout cas, j’ai vu les rails qui restaient. La plupart de ce qui est affiché ici, je l’ai vu dans un état semblable. Par exemple, l’Hôtel Wellington : mon frère a travaillé là. Le cinéma de Paris : on allait là. À travers le temps, on a perdu des choses, c’est certain. Ça a été brûlé ou détruit. On a perdu de belles maisons dans le nord, par exemple. Mais, il en reste suffisamment pour nous souvenir », note celui qui est également président de la Société de généalogie des Cantons-de-l’Est.

« C’est extraordinaire, ce qui a été fait ici, commentait sa conjointe, Lise Roy. Ce sont vraiment deux siècles. Il y a des choses qui sont encore pareilles. Par exemple, le Séminaire de Sherbrooke, ça n’a pas changé ! »

LE CHEMIN INVERSE

À l’aide des textes bien documentés de l’exposition, on apprend notamment que le début de l’année 1902 a été marqué par des incendies ravageurs au centre-ville, et que l’actuel carré Strathcona possède un passé fort achalandé.

« L’idée, c’était de faire le chemin inverse, avance Mme Gingras. D’habitude, on cherche la photo qui va illustrer ce qu’on explique, mais là, on part de la photo et on explore ce dont on pourrait parler. Par exemple, le sanatorium Saint-François, qui fait aujourd’hui partie de l’Hôtel-Dieu, avait été construit pour la tuberculose, dans le temps. On l’appelait la peste blanche dans les années 1940 parce qu’on n’avait pas de médicament. Alors on parle de l’histoire urbaine, mais aussi de l’histoire sociale. Qui habitait tel quartier ? Des ouvriers ? Des francophones ? Des anglophones ?... »

La plupart des clichés sont des environs du centre-ville et du Vieux-Nord de Sherbrooke, puisque la collection du musée (qui rassemble 130 sites d’hier à aujourd’hui dans sa totalité) représente majoritairement ces quartiers, mais Bromptonville et Lennoxville ont également leur place, assure Mme Gingras. « Si les gens veulent nous donner des photos des arrondissements, on serait très très contents », lance-t-elle d’ailleurs. Une dizaine d’autres dyades, parfaitement alignées les unes avec les autres, sont également disponibles en visionnement numérique sur place. 

Afin de poursuivre la discussion, le MHIST tiendra le 16 avril prochain une conférence sur l’histoire urbaine, animée par le professeur de l’Université de Sherbrooke Harold Bérubé et complémentée par des extraits du documentaire de la cinéaste Marie-Claude Paradis-Vigneault. L’événement est entièrement gratuit.