Le ministre de la Sécurité publique du Québec (MSP) confirme que sept cellules à occupation double doivent être fermées au Centre de détention de Sherbrooke.

14 places en moins à Talbot

Le Centre de détention de Sherbrooke doit réduire sa capacité d’accueil de 14 places en raison de bris successifs et du manque d’entretien.

« Sept cellules doubles sont condamnées en attente de travaux pour les rendre à nouveau utilisables. Ce qui représente 14 places fermées sur un total les 314 places que compte réellement l’Établissement de détention de Sherbrooke », explique le porte-parole du ministère de la Sécurité publique (MSP), Patrick Harvey. Celui-ci souligne qu’en août 2019, le taux d’occupation des 300 places disponibles à la prison Talbot était de 79,8 pour cent.

Le Syndicat des agents en services correctionnels du Québec estime que le nombre de places inutilisables se situe davantage à une vingtaine. Selon le président québécois, Mathieu Lavoie, dans un secteur particulier ce sont six places qui ne peuvent pas être utilisées.

« Ces cellules inutilisées à certains secteurs entrainent des mélanges de clientèle de la protection avec celle présentant des problèmes de santé mentale, signale le président du Syndicat des agents en services correctionnels du Québec, Mathieu Lavoie. Il y a des besoins d’investissement, mais dans le domaine carcéral, ça ne semble jamais pressant. Ce n’est pas intéressant politiquement d’investir dans les prisons. Plusieurs cellules sont désaffectées ou inutilisées. Les délais pour effectuer certaines réparations dépassent six mois et même un an. En attendant que la situation se règle, il faut gérer le classement. À certains moments, ça peut entrainer des situations explosives. »

Le MSP affirme que des démarches sont en cours afin de procéder aux travaux nécessaires à la réouverture de ces cellules.

Heures supplémentaires obligatoires

À cette gestion de la tension causée par cette surpopulation s’ajoutent aussi les heures supplémentaires qui sont imposées aux agents des services correctionnels à Sherbrooke comme ailleurs dans le système carcéral québécois.

« Le problème touche l’ensemble du réseau. Les heures supplémentaires obligatoires affectent la qualité de vie des agents en services correctionnels. On épuise nos agents et on tombe dans un cercle vicieux où il y a des arrêts de travail qui entrainent d’autres heures supplémentaires obligatoires », indique Mathieu Lavoie.

Le MSP confirme qu’entre le 1er avril et le 30 septembre 2019, environ 780 heures de travail ont été effectuées par un agent des services correctionnels ou un chef d’unité, ce qui représente 0,6 % des heures travaillées durant cette période.

« La réquisition obligatoire est utilisée en dernier recours pour assurer l’équilibre entre les impératifs de santé et sécurité des membres du personnel et les conditions de détention des personnes incarcérées. Les heures supplémentaires effectuées sur une base volontaire sont évidemment toujours privilégiées et, au besoin, certaines activités peuvent être annulées, reportées ou modifiées pour éviter de recourir à la réquisition obligatoire. Cela survient lors d’un manque ponctuel de personnel dans un établissement de détention dû par exemple à la simultanéité de congés estivaux, d’absences pour cause de maladie, de congés parentaux, du transport ou de la surveillance de personnes incarcérées en milieu hospitalier », explique par courriel le porte-parole du MSP.

La rareté de main-d’œuvre touche l’ensemble de la province et la situation de la région de Sherbrooke n’est pas différente.

« Afin de pallier la rareté de main-d’œuvre qui touche notamment les emplois d’agents des services correctionnels (ASC) en région, le MSP a mené une réflexion sur une stratégie d’attraction sur les emplois spécifiques au ministère de la Sécurité publique. Des actions sont mises de l’avant et d’autres seront déployées afin de promouvoir le ministère, sa mission et ses différentes professions », mentionne le porte-parole du MSP.