Yves Desjardins est président-directeur général du Regroupement québécois des résidences pour aînés.

1000 emplois par an dans les résidences pour aînés

À l'obligation de se conformer à des normes toujours plus sévères depuis la tragédie de L'Isle-Verte, s'ajoute le défi de recruter une main-d'oeuvre qualifiée pour les propriétaires de résidences pour personnes âgées au Québec.
En fait, le Regroupement québécois des résidences pour aînés évalue à 1000 par année le nombre de postes permanents qui seront créés dans le réseau durant la prochaine décennie, autant pour l'aide à la personne âgée et les soins infirmiers, qu'en gestion, entretien, cuisine et loisirs.
Cette prévision découle d'une étude du Groupe Altus selon laquelle il faudra construire pas moins de 6000 unités locatives en résidence pour aînés par an, pendant les 20 prochaines années, pour prendre soin de la vague vieillissante des baby-boomers.
« Notre secteur d'activité compte déjà de nombreux postes à combler et cette situation n'est pas près de s'essouffler, fait valoir le président-directeur général du RQRA Yves Desjardins. Dans certaines régions, les besoins sont criants. »
M. Desjardins s'est arrêté à Sherbrooke mercredi dans le cadre de sa tournée annuelle pour prendre le pouls des membres et faire une mise à jour des dossiers en cours.
Devant une vingtaine de propriétaires et gestionnaires de RPA de l'Estrie, il a été question d'attraction et de formation du personnel, mais aussi de normes plus sévères, de certifications difficiles à maintenir, et d'une industrie en pleine mutation.
« Le deuxième enjeu concerne les bâtiments, rapporte M. Desjardins. Le parc de résidences est vieillissant et l'Estrie n'y échappe pas. On veut bien se conformer, mais les modifications qu'on doit apporter aux différentes résidences pour aînés représentent des coûts extrêmement élevés qui poussent les résidences à fermer leurs portes. »
20 fermetures
Ainsi, le PDG explique qu'il y a eu 300 fermetures au Québec depuis 2014. En Estrie seulement, on parle de 20 fermetures, soit 313 unités. On parle ici de petites résidences qui ont abdiqué majoritairement pour des raisons de certification, de rentabilité ou d'épuisement.
Même si la construction de nouvelles résidences a compensé le nombre d'unités perdues, Yves Desjardins se fait également le défenseur des plus petits joueurs de l'industrie, car pour lui il y a de la place pour tous les modèles pour bien prendre soin de nos aînés.
« Ça prend une diversité, défend-il. Ce n'est pas tout le monde qui veut aller vivre dans une grande tour avec un stationnement intérieur. Certains préfèrent un environnement plus familial. D'autres sont en perte d'autonomie et plus près d'aller vivre en CHSLD. Il faut qu'il y ait de tout et nous (le RQRA) on veut assurer cette diversité. Mais c'est difficile.
« Ce qu'on demande, c'est un peu de temps. On est prêts à se conformer aux différents codes et lois, mais il faut du temps pour trouver le financement pour y arriver. »
Au lendemain du budget Leitao, le RQRA s'est d'ailleurs dit déçu que le gouvernement provincial n'ait pas annoncé une augmentation du crédit d'impôt pour le maintien à domicile.
« La capacité de payer des aînés est un autre enjeu important. Car en resserrant la réglementation, ça augmente les coûts d'opération et ça entraîne une hausse de loyer que l'aîné ne sera peut-être plus capable d'assumer, fait valoir M. Desjardins. Inévitablement il va se retrouver dans le système de santé. Nous on pense que ce serait mieux si on pouvait bonifier un peu le crédit d'impôt, notamment pour les moins bien nantis, pour leur permettre de rester chez soi dans leur communauté, là où ils ont toujours vécu. »
Nombre de résidences pour aînés en Estrie
Avril 2014 
107 résidences et 5972 unités
Février 2017 
129 résidences et 9251 unités *
* Depuis 2016, l'Estrie englobe une portion de la Montérégie.
Source : RQRA