100 M$ nécessaires pour corriger le réseau routier

C’est environ 33 % du réseau routier sherbrookois qui demande une attention immédiate en raison de son état de dégradation avancée. Il faudrait investir plus de 100 M$ strictement pour corriger cette situation.

Patrice Grondin, chef de la division d’ingénierie par intérim, indique que ce sont donc 281 km de route qui nécessitent une attention immédiate. L’investissement annuel dans le réseau routier sherbrookois était en moyenne de 10 M$ chaque année depuis cinq ans, alors qu’il faudrait injecter 23 M$ pour maintenir le réseau dans son état actuel. Cette année, la Ville investira 7,8 M$.

La Ville de Sherbrooke a utilisé en 2016 et en 2017 un camion multifonction pour caractériser automatiquement l’ensemble de son réseau routier pavé, soit un total de 869 km. L’ensemble du réseau sherbrookois compte 1121 km.

Chacune des rues reçoit un indice de condition global de la chaussée entre 0 et 100, le chiffre le plus élevée faisant état d’une condition parfaite. La moyenne du réseau artériel s’est améliorée depuis 2012, passant de 50 à 56. Elle a toutefois chuté de 53 à 48 dans le réseau local.

En 2012, l’état des chaussées était évalué visuellement alors que pour la première fois, un camion multifonction était utilisé en 2016 et en 2017.

« Ce constat nous a permis de statuer qu’il faut investir des sommes importantes à court terme. Nous recommandons donc d’établir un plan d’intervention pour savoir où investir et à quel moment. Il faudra aussi un plan d’investissement et nous reprendrons l’auscultation mécanique aux trois ans. La prochaine fois sera en 2020», précise M. Grondin.

Patrice Grondin rapporte que l’état du réseau routier à Sherbrooke est semblable à celui de Montréal et de plusieurs autres villes du Québec et qu’il faut être opportuniste devant les programmes d’aide financière disponibles.

«En 2012, nos résultats reflétaient aussi un état dégradé. Ce n’est pas une surprise pour nous et ce n’est pas nouveau pour les politiciens. C’est clair que les investissements actuels ne sont pas suffisants», dit-il.

Caroline Gravel, directrice du Service des infrastructures urbaines, mentionne que ces données permettent aux citoyens de comprendre l’ampleur de la tâche qui attend la Ville. « Souvent, les gens veulent qu’on répare leur rue en priorité, mais il n’y a pas que leur rue qui est dans cet état. Une grille de priorités nous permettra d’établir quelle rue, entre celles qui sont dans le même état, doit être réparée en premier. On tiendra compte de la sécurité et de l’achalandage sur ces rues, mais le réseau continuera de se dégrader. Dans trois ans, nous arriverons probablement avec des résultats encore pires. »

Parmi les solutions envisagées, celle de prévoir des interventions avant que les rues deviennent irrécupérables. « La courbe de dégradation casse après 15 ans. Nous devons donc intervenir avant 15 ans pour éviter que les fissures atteignent le niveau de cassure. Nous avons maintenant la capacité d’identifier les endroits qui approchent le point de cassure », résume Mme Gravel.

Caroline Gravel et Patrice Grondin

La pulvérisation de rues en périphérie de la ville, pour les laisser sur du gravier, pourrait être une solution. « Ce n’est pas envisageable dans le périmètre urbain en raison du bruit et de la saleté que ça générerait. Mais il existe des rues qui sont pavées et on se demande pourquoi. » Cette option a entre autres été envisagée sur la rue Brunelle à Saint-Élie et dans certains rangs de Brompton.

La densification de la population peut elle aussi contribuer à réduire l’effet de la dégradation du réseau routier. «C’est un enjeu important tant pour le réseau routier que pour les ouvrages d’aqueduc et d’égout.»

Pour entretenir 14 km de rues en gravier, la Ville doit investir 400 000 $. Pour la même distance pavée, en incluant les travaux d’infrastructure souterraine, il faut compter 26 M$.