Le Dr Mohamed Walid Hassen, chercheur associé au 3IT, Pr Jan J. Dubowski, professeur titulaire à la Chaire de recherche du Canada en semi-conducteurs quantiques, Mohammad Reza Aziziyan, chercheur associé 3IT et leur équipe ont trouvé comment détecter la présence de la bactérie Legionella pneumophila en quelques heures, plutôt qu’en quelques jours.
Le Dr Mohamed Walid Hassen, chercheur associé au 3IT, Pr Jan J. Dubowski, professeur titulaire à la Chaire de recherche du Canada en semi-conducteurs quantiques, Mohammad Reza Aziziyan, chercheur associé 3IT et leur équipe ont trouvé comment détecter la présence de la bactérie Legionella pneumophila en quelques heures, plutôt qu’en quelques jours.

100 fois moins cher pour détecter la Legionella pneumophila

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Des scientifiques sherbrookois, le Pr Jan Dubowski et l’adjoint de recherche Reza Aziziyan, ont réussi une percée majeure dans le milieu de la santé : ils ont développé un procédé qui permet de détecter la présence de la bactérie Legionella pneumophila en trois heures plutôt qu’en plusieurs jours.

En plus d’être plus fiable, le procédé est peu coûteux. Alors que le test dit « classique » coûte de 200 à 300 $, celui qu’ont développé les chercheurs et professeurs de l’Université de Sherbrooke coûtera... 100 fois moins cher. 

« Ça va coûter moins de 2 $ par échantillon pour faire le test », explique M. Aziziyan en entrevue avec La Tribune près des laboratoires à l’Institut interdisciplinaire d’innovation technologique

« On a trouvé une solution pour améliorer la limite de détection de ce système pour détecter les bactéries à concentration plus bas que ce qu’on avait démontré », vulgarise celui qui termine son doctorat. 

« Ce n’est pas cher, car c’est la chimie qui est le coût de détection. Ce coût est négligeable en comparaison avec la biologie et la biochimie », explique le professeur Jan Dubowski, œuvrant en génie électrique et qui coordonne les travaux. Le professeur a entamé les premières procédures il y a plus de 15 ans.

Concrètement, en quoi cette découverte est-elle une révolution? « Être en mesure de détecter très vite la présence de bactérie va donner la possibilité de la tuer ou d’utiliser une méthode pour enlever sa présence. Ça va protéger la santé des Canadiens », répond le Pr Dubowski.

Industries

« Dans les prochains mois ou dans la prochaine année, on va tenter d’introduire cette solution, idique le professeur. On est en contact avec plusieurs industries. »

Cette découverte rayonnera partout dans le monde. « Il faut parler avec les industries qui sont impliquées dans la production de systèmes qui servent à réutiliser l’eau. Si on réutilise de l’eau, ça augmente la probabilité d’infection avec des bactéries. Les problèmes d’eau augmentent depuis plusieurs années. Alors pour se battre contre la présence de bactéries, il faut avoir une méthode de détection rapide. »

D’ailleurs, l’Université Harvard et l’Université Northeastern ont été mises à contribution pour développer le procédé. Reza Aziziyan s’est même installé à Boston, pour travailler comme chercheur invité. 

L’eau des tours de refroidissement est l’un des environnements les plus propices à la croissance de ce microorganisme. « À l’aide de biocapteurs et de biorécepteurs contrôlables à distance, il est possible d’en repérer la présence globalement, ou dans une section donnée », précise l’Université de Sherbrooke dans un communiqué de presse.

« J’ai appris beaucoup avec Pr Dubowski, autant du côté personnel que du côté scientifique, résume Reza Aziziyan, qui travaille sur ce projet depuis environ six ans. C’était un projet multidisciplinaire avec de la biophysique, biochimie et microbiologie », se réjouit-il.