Des chercheurs de l’Université de Sherbrooke ont obtenu près de 10 M$ des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). L’annonce a été faite en présence de la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, qui en a profité pour visiter des laboratoires du Pavillon de recherche appliquée sur le cancer. Elle est ici avec la professeure Caroline Saucier (à l’avant-plan), qui a obtenu des fonds dans le cadre de deux projets.

10 M$ pour la recherche en santé à l’UdeS

Des chercheurs de l’Université de Sherbrooke ont obtenu près de 10 M$ des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). L’annonce a été faite en présence de la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor.

Parmi les 13 initiatives soutenues financièrement, le projet de recherche de la professeure Caroline Saucier vise à explorer de nouvelles façons de traiter le cancer colorectal, tandis que sa collègue Lee-Hwa Tai se penche sur l’utilisation d’un vaccin pour traiter une forme agressive du cancer du sein.

« C’est de la recherche fondamentale où on tente de comprendre la signalisation à l’intérieur des cellules, comment les cellules communiquent avec leur environnement dans le contexte de la dérégulation de certains signaux qui sont impliqués au niveau du cancer colorectal », explique la professeure Saucier. L’objectif est d’identifier des biomarqueurs pour prédire la progression du cancer ou la récidive, mais aussi afin d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, résume Mme Saucier, qui a reçu des subventions dans le cadre de deux projets. 

Professeure agrégée, Lee-Hwa Tai est immunologiste et elle travaille sur le cancer colorectoral et le cancer du sein. « Ma recherche tente de comprendre comment le système immunitaire interagit avec le cancer », dit-elle en soulignant qu’elle veut entre autres comprendre comment le système immunitaire est dysfonctionnel avec le cancer.

« Je suis une toute nouvelle chercheuse. C’est ma première demande de fonds des IRSC. Je suis très heureuse : ça me garantit la survie. Sans ça, je ne peux pas avoir d’étudiants. »

Les chercheurs travaillent dans un contexte très compétitif, où les fonds sont difficiles à dénicher.

« Le taux de succès aux IRSC reste très bas; on parle de 15 % de chances d’obtention. On a un taux de succès de 25 %. Quand l’ordre de grandeur est de 20 %, ça prend trois ou quatre essais avant de réussir », souligne le doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’UdeS, Dominique Dorion. 

« Sur un nuage »

Caroline Saucier peut témoigner de la persévérance nécessaire. « C’est depuis 2015 que j’essayais de récupérer des fonds des IRSC... Cette année, on en a eu deux. C’est très difficile : on réécrit les mêmes demandes de subvention. C’est très frustrant, on perd du personnel de recherche, de l’expertise dans notre laboratoire. C’est un cercle vicieux très difficile à vivre quand on n’a pas nos fonds. On est choyé à l’UdeS, il y a un souci de supporter les chercheurs qui perdent leurs subventions, il y a des fonds de dépannage (...) Ça m’a permis de survivre à cette période difficile. On est encore sur un nuage... » 

Les quelque 10 M$ accordés aux chercheurs de l’UdeS s’inscrivent dans un investissement national de 275 M$ visant à soutenir des chercheurs canadiens étudiant l’éventail de problèmes de santé qui touchent la population canadienne. 

« Dans le budget fédéral de l’an dernier, nous avons proposé la plus importante augmentation jamais accordée dans l’histoire canadienne pour le financement de la recherche fondamentale avec un investissement de plus de 925 M$ sur cinq ans », a soutenu la ministre Petitpas Taylor.