Des représentants de l’Université de Sherbrooke, de l’Université Bishop’s, du Collégial du Séminaire de Sherbrooke, du Collège Champlain et du Cégep de Sherbrooke ont pris part à une journée de discussions concernant la santé psychologique des étudiants.

« Pas de recette magique » pour une meilleure santé mentale

Quand il est question de santé mentale, pas question pour les différents intervenants des établissements postsecondaires de la région de travailler seul. C’est pour trouver des solutions à ces problèmes de plus en plus fréquents qu’élèves, professeurs, psychologues, gestionnaires et chercheurs se sont rencontrés jeudi au Cégep de Sherbrooke.

Des représentants de l’Université de Sherbrooke, de l’Université Bishop’s, du Collégial du Séminaire de Sherbrooke, du Collège Champlain et du Cégep de Sherbrooke ont pris part à un après-midi de discussions concernant la santé psychologique des étudiants. Le Centre RBC d’expertise universitaire en santé mentale chapeaute l’initiative.

Le coordonnateur du projet de promotion de la santé psychologique, Félix Guay-Dufour, et son équipe ont mis sur pied des comités de santé psychologique dans chacun des établissements postsecondaires de l’Estrie.

« Ce qui ressort, c’est qu’il n’y a pas de recette magique, analyse le consultant interne en psychologie organisationnelle. Il y a toutes sortes d’approches qui sont réputées comme efficaces et qui semblent prometteuses. La prochaine étape, c’est de s’assurer que ça répond à ce dont les étudiants ont besoin. Je me suis promené au travers des tables de discussion et je voyais l’engouement des gens. Je pense que ça suscite une mobilisation de plus en plus grande. »

Situation différente qu’il y a 10 ans

L’étudiant au Collégial du Séminaire de Sherbrooke en techniques juridiques Kevin Parent a partagé son point de vue avec les différents intervenants. « Si on recule de 10 ans, la problématique de santé psychologique chez les étudiants, c’était plus tabou. Aujourd’hui, je vois un grand besoin. J’apprécie de faire partie du comité de santé psychologique de mon école, car je peux venir en aide à ceux qui en ont besoin. Je pense que c’est un problème important pour tout le monde. On vise les étudiants, car c’est la relève de demain. Mais la relève a autant besoin de gens pour les appuyer qui soient sains d’esprit », pense celui qui a effectué un retour aux études. 

« Aujourd’hui, les gens le disent, enchaîne-t-il. On entend des cris de souffrances de jeunes qui ont mal. Ils disent : “ je veux de l’aide. Où et comment puis-je aller la chercher? ” » commente-t-il, ajoutant que des ateliers de danse pourraient faire partie de la solution. 

Le psychologue à l’Université de Sherbrooke Grégoire Lebel trouve formidable de voir des gens qui ont le goût de changer les choses. « Toutes les fois qu’on s’assoit avec des gens qui sont intéressés par la question, un nouvel angle est apporté. On retourne avec ça en table de concertation et ça nous amène à essayer de nouvelles choses, amener des mesures concrètes. On peut aussi voir que telle mesure n’a pas fonctionné. On peut faire mieux, plus vite », souligne-t-il. 

Est-ce que des outils concrets pourront être amenés dès la semaine prochaine? « Certainement, répond M. Lebel. Un groupe nous a parlé de Jack.org qui est un mouvement national où les jeunes se mobilisent pour parler de santé mentale. Ce n’est peut-être pas Jack qui va entrer, mais ça donne le goût de se demander comment nos étudiants se mobilisent. Être un expert qui parle de santé mentale, c’est différent de parler avec un autre jeune. »

M. Lebel ne le cache pas : la demande est de plus en plus grande en termes de santé mentale. « On arrive à faire beaucoup avec ce qu’on a. D’ailleurs, nos cotes de satisfaction de la part des étudiants sont très élevées : on est premiers au Canada encore. C’est flatteur. Ceci étant dit, les demandes et les besoins continuent d’augmenter. C’est là qu’il faut s’asseoir et être créatifs », explique-t-il. 

Le psychologue pense qu’il ne faut pas agir qu’en mode curatif. « Si on travaille plus en prévention, on va avoir moins besoin des spécialistes au bout de la ligne. S’occuper du spectre plus large sera l’un de nos objectifs », résume M. Lebel. 


Les résultats seront documentés

L’équipe de chercheurs qui chapeaute l’initiative estrienne sur la santé mentale des étudiants postsecondaire devrait dévoiler des résultats préliminaires dès le colloque de l’ACFAS prévu en mai. D’autres résultats devraient être présentés au cours de la prochaine année. 

« L’échéancier est assez court », convient le professeur au département de psychoéducation et chercheur au Groupe de recherche sur les inadaptations sociales de l’enfance, Luc Touchette, qui faisait office d’observateur au Cégep de Sherbrooke, jeudi. 

« Je suis ici de manière préparatoire, indique-t-il. Le projet prévoit une évaluation des effets et de l’implantation des initiatives qui seront mises en place par les différents établissements. Éventuellement, le groupe de chercheur tentera de prendre acte des mesures. »

Les chercheurs ont commencé à prendre acte de la santé psychologique des étudiants au travers de différentes enquêtes. « Une autre enquête démarre dans deux semaines. On veut continuer à documenter tout au long des initiatives, comment vont-elles réussir à améliorer — ou non — la santé psychologique des étudiants? », exprime le professeur Touchette. 

« Ce qui est intéressant, c’est que différentes mesures seront mises en place, continue-t-il. Aujourd’hui, ce qui se discute, c’est ce qui sera choisi par chacun des établissements. On souhaite comparer différentes mesures. Est-ce que certaines ont des effets sur les étudiantes? Est-ce que d’autres en ont moins? Ça va probablement permettre d’enrichir, au cours des prochaines années, le protocole de pratiques qui pourrait être mis en place. »