La mère et le grand-père de Thomas Cameron, Karine et Richard Cameron, ont vécu un moment chargé en émotions, samedi soir, alors que le tournoi Novice-O-Rama dévoilait la bannière d'ambassadeur qu'il fera désormais flotter au-dessus de la glace en mémoire du dévoué bénévole.

« On veut qu'il revienne nous habiter à tous les ans » [VIDÉO]

Le nom de Thomas Cameron, le jeune Sherbrookois de 18 ans qui a été assassiné au parc Adrien-Cambron en août dernier, continuera de résonner chaque année lors des deux semaines d’activités du festival de hockey Novice-O-Rama. Samedi soir, dans un centre Julien-Ducharme chargé d’émotion, les organisateurs ont employé les grands moyens pour rendre hommage à ce bénévole dévoué qui a laissé « un grand vide » dans l’organisme.

En présence de la mère et du grand-père du jeune disparu, Karine et Richard Cameron, les organisateurs de la 40e édition du tournoi ont remis le tout premier trophée Thomas-Cameron, un prix qui sera décerné chaque année au bénévole qui se sera le plus illustré.  

Avant de donner le coup d’envoi au Match des étoiles de la classe Novice 1 et 2, l’équipe a ensuite dévoilé une bannière spécifiquement confectionnée en l’honneur de Thomas, nouvel ambassadeur du tournoi. Arborant son image, celle-ci surplombera chaque année la glace aux côtés des bâtisseurs de l’événement.

« C’est excessivement touchant de rendre hommage comme ça à mon fils, qui était très important pour moi, a confié plus tard à La Tribune Mme Cameron. C’est de le garder éternellement dans nos cœurs. Ça ne pouvait pas être un plus beau cadeau pour moi […] Ça démontre tout l’amour qu’ils avaient pour mon fils. Et c’était réciproque. »

Thomas Cameron s’impliquait depuis quatre ans dans le festival et tournoi Novice-O-Rama, après avoir été introduit à l’équipe par le biais de l’organisme Le Pont. Il y incarnait le rôle d’un « homme à tout faire », en comblant les besoins dans plusieurs secteurs, de la personnification de la mascotte au soutien technique. 

« On avait quelque chose à faire, on l’appelait dans notre radio, et il apparaissait. Il était toujours disponible pour nous », se souvient le président de Novice-O-Rama, Alain Trudel, qui n’allait certainement pas passer sous silence cette première édition sans Thomas.

« On était très heureux de l’honorer ce soir. On veut l’avoir avec nous en mémoire, et on veut qu’il revienne nous habiter à tous les ans », avance-t-il.

« Il attendait [l’événement] chaque année, renchérit Mme Cameron. Même cet été, il m’en avait parlé pour s’assurer qu’il pourrait venir et qu’il aurait un transport. C’était extrêmement valorisant pour lui. Il était apprécié à sa juste valeur, il pouvait être lui-même. »   

Thomas était un garçon attachant et toujours souriant, raconte-t-elle. « Il aimait énormément rendre service aux autres. Il se donnait pour mission d’aider ceux qui étaient aux prises avec de l’intimidation, comme lui. »

Première récipiendaire 

Les mots manquaient à Micheline Vaillancourt, première récipiendaire du prix Thomas-Cameron. Ignorant qu’elle recevrait une telle distinction, celle qui donnait un coup de main à l’aréna Philippe-Bergeron samedi avait été attirée au Centre Julien-Ducharme grâce à un stratagème orchestré par ses collègues.

« Quand je l'ai appris, j’ai dit ‟voyons donc, ça ne se peut pas!” » raconte celle qui ne connaissait pas personnellement Thomas Cameron, mais qui est bien au fait de la marque qu’il a laissée.

Impliquée pendant plusieurs années notamment dans le milieu du hockey, du volleyball et de la ringuette, Mme Vaillancourt se dit surtout motivée par les rencontres qu’occasionne son bénévolat.    

« Je veux donner aux jeunes tant que je peux. C’est valorisant. De faire du bénévolat, ça ne fait pas mal, mais ça peut faire du bien à certains », dit la Sherbrookoise, qui a toujours plusieurs classes de patin à travers la ville.

« On l'a rappelée pour Novice-O-Rama il y a quelques années parce qu'on était un peu à court de bénévoles, explique M. Trudel. Elle m'a simplement demandé quand ça commençait et quand ça finissait. Elle a été là de la première à la dernière minute du tournoi. C'est une perle pour nous. »  

Thomas Cameron