La députée de Québec Solidaire Christine Labrie s’est montrée « profondément inquiète » sur les réseaux sociaux en partageant le nombre d’interventions effectuées par le SPS en 2019 en lien avec des troubles de santé mentale.
La députée de Québec Solidaire Christine Labrie s’est montrée « profondément inquiète » sur les réseaux sociaux en partageant le nombre d’interventions effectuées par le SPS en 2019 en lien avec des troubles de santé mentale.

« L’aide en santé mentale n’est pas au rendez-vous » selon Christine Labrie

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
« C’est très bien qu’on forme les policiers à intervenir en santé mentale, et le SPS a d’ailleurs des pratiques innovantes en ce sens, mais si on a aussi souvent besoin de la police pour ces situations, c’est qu’on échoue à offrir les services adéquats à temps dans le système de santé et de services sociaux », déplore Christine Labrie.

Pour la députée de Sherbrooke, ces données sont synonymes d’échec. « Pour une petite municipalité comme Sherbrooke, c’est un grand nombre d’urgences psychosociales qui doivent être prises en charge par les policiers. Pourtant, ceux-ci devraient se trouver sur la dernière ligne », dénonce-t-elle.

Selon Christine Labrie, il faudrait agir davantage en amont et cesser d’ignorer les conséquences d’une gestion interne en soins de santé et de services sociaux qui priorise les urgences.

« Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS reconnait le besoin d’un centre de crise dans la région, mais il fait partie d’un système très hospitalocentriste. C’est le même problème en santé mentale que pour la protection de la jeunesse et les CHSLD. Les gens qui demandent de l’aide n’ont pas nécessairement besoin d’être hospitalisés », remarque-t-elle.

D’ailleurs, elle révèle que le projet d’un centre de crise dans la région était discuté avant la pandémie de la COVID-19. « L’échéancier a été reporté en septembre. [...] J’ai vraiment le souhait que la situation actuelle ne retarde pas les projets du CIUSSS en matière de santé mentale. J’ai un peu la crainte que ça n’avance pas sous prétexte qu’on a exceptionnellement augmenté les budgets en santé », se désole-t-elle.

Afin d’améliorer la situation, Christine Labrie évoque notamment l’importance d’ajouter les services de psychothérapie au régime public d’assurance maladie. « Québec Solidaire ne comprend pas pourquoi ce qui relève de la santé mentale n’est pas considéré davantage, surtout qu’on sait que cela a une incidence sur la santé physique », admet-elle.

« Pourquoi faut-il qu’il y ait un passage à l’acte pour qu’une demande soit considérée plus rapidement? C’est le temps, pendant qu’on vit une crise sociale sans précédent de franchir enfin le pas et d’inclure certains services afin de s’assurer que tout le monde va bien et que ça ne dégénère pas », conclut-elle.