Le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette suit de près la situation au CHSLD Argyll. Lors d’une visite en Estrie en janvier dernier, il avait visité le nouveau CHSLD d’East Angus et avait discuté avec des patients.

« Il y a une difficulté et on y travaille », dit Gaétan Barrette

Le ministre Gaétan Barrette suit de près la situation au CHSLD Argyll et ne conteste pas les conclusions émises par le Protecteur du citoyen, à savoir qu’il y a des lacunes dans la qualité des soins offerts dans le centre de soins et d’hébergement du Vieux-Nord de Sherbrooke.

« Aux proches et aux usagers d’Argyll, je voudrais leur faire savoir qu’on sait qu’il y a une difficulté, et on y travaille », a soutenu le ministre Gaétan Barrette.

« Argyll est un cas d’espèce qu’il faut résoudre absolument. Quand on aura résolu ça, ça voudra dire qu’on peut régler tous les problèmes partout au Québec », a ajouté le ministre lors d’une entrevue avec La Tribune.

Pour lui, il n’est pas question de blâmer le personnel en place, « des gens dévoués qui, dans les conditions pas faciles, ont une note presque parfaite pour le travail qu’ils font ».

Il faut avant tout jeter le blâme sur la pénurie de main-d’œuvre auquel le Québec entier est confronté. Pour lui, le réseau de la santé est en train de vivre les premiers soubresauts de cette pénurie qui n’est pas près de se terminer.

« Dans le rapport, un gestionnaire dit que les budgets ne sont pas là. Ça c’est faux. Quand il y a une problématique comme ça, on a toujours les budgets pour les régler », a assuré le ministre.


« Argyll est un cas d’espèce qu’il faut résoudre absolument. Quand on aura résolu ça, ça voudra dire qu’on peut régler tous les problèmes partout au Québec.À lire aussi : Le CHSLD Argyll reçoit un rapport accablant du Protecteur du citoyenÀ lire aussi : « Il y a eu une période critique », admet le CIUSSS »
Gaétan Barrette

« Mais on aura beau améliorer les conditions de travail et augmenter les budgets, si on n’a personne à embaucher, ça ne peut pas aller mieux », déplore-t-il.

Malheureusement, ce n’est pas demain matin que le ministre pourra embaucher des préposés aux bénéficaires à pleines portes. Mais des actions sont posées pour attirer les jeunes dans les professions liées au milieu de la santé et pour leur assurer des postes intéressants dès leur sortie des classes.

« Nous avons de plus en plus de programmes de formations accélérées sur le terrain », cite-t-il en exemple.

L’immigration est aussi une des clés pour venir à bout de la pénurie de main-d’œuvre.

Projet pilote sur le ratio patients-infirmière

En février dernier, au terme d’une rencontre au sommet avec la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), le ministre de la Santé avait annoncé la mise en place de 16 projets pilotes, c’est-à-dire un dans chacune des régions administratives du Québec, afin de déterminer les meilleurs ratios « patients-infirmière » en fonction des secteurs et des domaines d’intervention. C’est à Argyll que se tiendra ce projet pilote qui devrait s’amorcer en septembre. « C’est moi-même qui ai demandé que le projet se fasse à Argyll sur le territoire de l’Estrie. Ça vous montre à quel point je suis ce dossier de près », a-t-il ajouté.

Lors d’une rencontre avec La Tribune la semaine dernière, la présidente de la FIQ-SPSCE (Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec — syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l’Est) Sophie Séguin avait d’ailleurs exprimé que les professionnelles en soins du CHSLD Argyll étaient heureuses de ce projet et qu’elles avaient hâte qu’il se mette en branle.