:« Tout n’est pas parfait, on le reconnait, mais la situation a progressé depuis les visites du Protecteur du citoyen l’automne passé », soutient Sylvie Moreault, directrice des programmes soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Il y a eu une période critique », admet le CIUSSS

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS reconnait que le CHSLD Argyll a vécu une « période critique », entre l’automne 2016 et l’été 2017 où le manque de personnel a atteint des sommets inégalés. Ce manque de ressources humaines a eu des conséquences directes sur la qualité des soins et des services.

Depuis, la situation s’est améliorée grâce à plusieurs mesures mises en place dans le but d’améliorer l’offre de soins et services et pour stabiliser les équipes de personnel soignant. La direction du CIUSSS reçoit bien le rapport et les dix recommandations du Protecteur du citoyen. D’ailleurs, plusieurs recommandations rejoignent des mesures qui ont déjà été mises de l’avant au cours des derniers mois.


«  Nous avons déjà eu des rapports et des recommandations et nous avons mis en place de nombreuses mesures pour corriger la situation.  »
Sylvie Moreau

« Tout n’est pas parfait, on le reconnait, mais la situation a progressé depuis les visites du Protecteur du citoyen l’automne passé », soutient Sylvie Moreault, directrice des programmes soutien à l’autonomie des personnes âgées au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

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En effet, les visites du Protecteur du citoyen ont eu lieu les 28 et 29 octobre ainsi que le 23 novembre 2017.

Le Protecteur du citoyen soulève plusieurs difficultés dans son rapport, par exemple la confection des horaires, la difficulté d’attraction et de rétention du personnel, des ratios inadéquats entre le personnel soignant et les patients.

Tout ça a déjà été revu et la mise en application des mesures progresse.

« À la suite de cette période critique, nous avons eu plusieurs visiteurs en 2017-2018, dont le commissaire aux plaintes et à la qualité des services, l’Ordre des infirmières, etc. Nous avons déjà eu des rapports et des recommandations et nous avons mis en place de nombreuses mesures pour corriger la situation. Elle s’est améliorée d’ailleurs, bien qu’on reconnaisse qu’elle n’est toujours pas parfaite », ajoute Sylvie Moreault.

« On n’a pas le droit de baisser les bras »

Le rapport du Protecteur du citoyen rapporte de nombreuses situations tristes concernant les usagers.

« On a lu le rapport et c’est certain que ça nous atteint. Mais on n’a pas le droit de baisser les bras face à cette situation et d’accepter que les soins ne soient pas à la hauteur des attentes. Argyll est un centre qui donne des soins de qualité de façon générale à une clientèle qui a de lourds besoins. C’est un ancien hôpital avec des unités spécialisées, des plateaux techniques et une équipe de gériatres spécialisés. On veut ramener ce centre vers l’excellence et qu’il redevienne l’un des plus beaux fleurons de l’Estrie », ajoute Mme Moreault.

Le projet pilote pour travailler à établir des ratios infirmière-patients, qui sera mené au CHSLD Argyll (voir l’entrevue avec le ministre Gaétan Barrette en page 5) réjouit aussi Mme Moreault.

« Nous sommes contents de contribuer parce que ça va permettre de faire évoluer l’organisation du travail dans nos établissements », ajoute-t-elle.

Deux décès sous enquête

Deux décès survenus au CHSLD Argyll ont donné lieu à des enquêtes du coroner en octobre 2016 et en décembre 2017. Il est rare que les coroners soient appelés à faire enquête dans des établissements comme les CHSLD.

Le premier décès est survenu en octobre 2016. Le patient Serge-André Guérin se trouvait dans son lit lorsqu’un autre résident, connu pour ses problèmes d’agressivité, lui a asséné un coup de poing au visage. M. Guérin est décédé des suites de cette altercation. Le coroner Richard Drapeau a conclu à « une mort violente ».

En février 2018 alors que le coroner a remis son rapport, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a été visé par quatre recommandations du coroner Drapeau à la suite de l’altercation ayant mené au décès du patient de 74 ans.

Le coroner avait toutefois ajouté que certaines recommandations avaient déjà été mises en application avant même la remise de son rapport, notamment celles concernant la formation du personnel, l’amélioration de la vision globale et complète de l’unité à partir du poste de garde et la sensibilisation du personnel soignant, principalement les préposés aux bénéficiaires, à l’importance de consulter l’histoire sociale et les plans d’intervention des usagers dans les unités concernées.

C’est en juin 2017 que la direction de l’établissement avait dévoilé les conclusions de son enquête interne, qui n’ont pas été rendues publiques, et de son plan d’action comptant 23 recommandations mis en place depuis les événements du 3 octobre 2016.

« Par prévoyance »


En décembre dernier, la coroner Kathleen Gélinas a été chargée d’enquêter à la suite du décès d’un autre résident au CHSLD Argyll.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS avait expliqué avoir référé le dossier au coroner « par prévoyance » afin de confirmer que rien de suspect n’est associé à l’événement survenu le 4 décembre dernier. « Bien qu’aucune trace de violence n’ait été décelée, ni dans la pièce ni sur le corps de la personne décédée, la présence d’un autre résident dans sa chambre quelques minutes avant le constat de décès a entraîné cette décision », avait-on expliqué.

L’enquête de la coroner n’est toujours pas terminée.