Louis-Charles Timm, copropriétaire du restaurant Le four à bois d’Orford.
Louis-Charles Timm, copropriétaire du restaurant Le four à bois d’Orford.

« Il faut savoir s’adapter »

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
Si certains restaurateurs de Sherbrooke affirment tenter de survivre depuis la bascule des grandes villes en zone rouge, d’autres, en région, profitent d’un achalandage, somme toute, intéressant.

La propriétaire du restaurant Auguste à Sherbrooke, Anik Beaudoin, expliquait en entrevue avec La Presse, plus tôt cette semaine, devoir faire face à une baisse de revenu importante. « On a investi dans des séparateurs en plexi. Tout est hyper sécuritaire. Et le gouvernement dit aux gens de ne pas venir. Tant qu’à ça, fermez-nous », déplorait-elle, préférant pouvoir bénéficier d'une aide gouvernementale.

À l’inverse, en régions, les commerçants souhaitent plutôt demeurer au palier d’alerte modéré, et cela, même si la saison estivale tire à sa fin. C’est le cas, entre autres, pour Louis-Charles Timm, copropriétaire du restaurant Le four à bois d’Orford, qui observe encore un achalandage intéressant.

« On a remarqué une petite baisse depuis l’annonce des zones rouges, mais les gens continuent de se promener, indique-t-il. Pour notre part, en mars, nous avons bougé vite. Nous avons adapté nos services en faisant du take-out et de la livraison et nous avons investi sur la publicité en ligne. La compétition se fait là maintenant. Il faut savoir s’adapter à la situation », croit le chef cuisinier.

« Si le gouvernement annonce qu’on tombe en zone rouge demain, on est prêt aussi », ajoute celui qui dirige le restaurant familial, implanté dans la région depuis plus d’une dizaine d’années, avec sa mère Danielle Timm.

L’un des copropriétaires de la microbrasserie artisanale d’Orford Canton Brasse, Nicolas Bernier Tanguay, indique également préférer demeurer au palier d’alerte modéré.

« Comme nouvelle entreprise, nous avons fait face à plusieurs défis dans la dernière année, mais la vente au comptoir nous a sauvés. En général, nous avons été assez chanceux. L’achalandage était bon pendant l'été et même malgré les recommandations de ne pas voyager entre les régions. Les visiteurs respectaient les mesures sanitaires. »

Même si la saison estivale tire à sa fin et qu’il prévoit une baisse d’achalandage importante d’ici l’ouverture des stations de ski, Nicolas Bernier Tanguay ne souhaite pas basculer en zone rouge pour pouvoir bénéficier du programme gouvernemental d’aide financière d’urgence offert aux restaurateurs qui s'y retrouvent.

« On préfère de loin continuer à travailler et voir les gens, mais si cela arrive, nous pourrons poursuivre la vente au comptoir », ajoute-t-il.

D’autres employés rencontrés au hasard dans le village d’Orford affirment apprécier la présence des visiteurs et n’avoir aucune crainte quant à leur destination d’origine. « Ça me fait plaisir de voir les gens et je suis contente d’avoir la chance de travailler », confie d’ailleurs Clara, une jeune employée d’un restaurant au cœur du village.