Environ une cinquantaine de familles doivent trouver un plan B afin de relocaliser leurs enfants.

« Garde illégale » au Virevent : les parents consternés

La fermeture prochaine du service de garde le Virevent, au complexe familial coopératif (CFC), a semé la consternation auprès des parents d’enfants fréquentant ce service de garde. Celui-ci cessera ses activités le 7 février après avoir reçu un avis d’évacuation du ministère de la Famille, parce qu’il fonctionnait sans permis.

Environ une cinquantaine de familles doivent trouver un plan B afin de relocaliser leurs enfants. Le ministre de la Famille, Luc Fortin, assure que le Ministère n’avait d’autre choix. « On est en situation de garde illégale », commente M. Fortin, en rappelant que le complexe a ouvert ses portes en 2016. Celui-ci est situé dans les installations du CPE Le Bilboquet, tout près du Cégep de Sherbrooke. « Les enfants doivent être évacués pour le 8 février », note M. Fortin.

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C’est par le travail de l’administration provisoire au Bilboquet (voir autre texte) que le Ministère s’est aperçu que le service de garde ne détenait pas de permis.

Selon la législation, un établissement doit obtenir un permis afin d’accueillir six enfants et plus. « On s’est rendu compte qu’il y avait plus de six enfants. On parle d’une cinquantaine, on est en situation de garde illégale. Les gens auraient dû obtenir le permis nécessaire avant d’obtenir la garde des enfants », explique M. Fortin, en ajoutant que le Ministère doit appliquer la loi. « Comme ce n’était pas un service régi, jamais le Ministère n’avait fait de vérification à cet endroit-là. »  

Situation « crève-cœur »

Une mère de famille souligne que même les éducatrices ignoraient que l’établissement ne détenait pas le permis nécessaire. « On ne savait pas qu’il n’y avait pas de permis », dit-elle en décrivant la situation comme « crève-cœur ». « Tout le monde est à l’envers. »

En entrevue mardi, elle tenait à rendre hommage au personnel dévoué et au milieu que son fils doit quitter à regret.

« Je fais partie des chanceuses qui ont réussi à trouver ailleurs », dit celle dont le fils fréquentait le service de garde depuis quelques mois.

Il n’en demeure pas moins qu’une quarantaine de familles se retrouvent à chercher un service de garde pour leur enfant, souligne-t-elle. Pour le moment, tous n’ont pas eu la même chance qu’elle. « On aurait aimé avoir une extension. Aucun enfant n’est en danger là... C’est vraiment une histoire de permis », dit-elle en vantant les mérites du service de garde.

Le ministre Fortin, également député de Sherbrooke, dit comprendre les préoccupations des parents. Il dit vouloir rassurer ceux-ci sur la possibilité de trouver une autre place. Une étude sera publiée dans les prochaines semaines en lien avec l’offre de services. « On présume déjà que pour l’Est de Sherbrooke, on est en surplus, il y a plus de places que d’enfants », dit-il en ajoutant avoir rencontré des gestionnaires à ce sujet et en disant s’appuyer des données préliminaires.

Une demande de permis a été déposée par le complexe après que le Ministère eut découvert la situation, précise-t-il également.

La suspension du service de garde aura aussi des impacts sur les emplois du personnel. Le conseil d’administration du complexe a préféré ne pas commenter pour le moment.