Près de 1000 jeunes de cinq pays différents coopèrent et s’affrontent dans le cadre de la toute première compétition FIRST à Sherbrooke, ces 6 et 7 mars.
Près de 1000 jeunes de cinq pays différents coopèrent et s’affrontent dans le cadre de la toute première compétition FIRST à Sherbrooke, ces 6 et 7 mars.

« Beaucoup plus que des robots » 

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
La Tribune
De la musique qui joue à plein volume, une arène sous les projecteurs et une zone des puits grouillante : ce n’est pas dans une compétition sportive, mais bien robotique que l’on se plonge en entrant dans le centre sportif de l’Université de Sherbrooke, ces 6 et 7 mars. Mais attention, il ne faut pas s’y méprendre : FIRST, « c’est beaucoup plus que des robots ».

Pedro Valentim, 17 ans, et ses camarades, les Brazilian Trailblazers, ont parcouru le chemin depuis Gravatai, dans le sud du Brésil, pour mettre leur robot à l’épreuve. Alors que l’équipe compte une trentaine de jeunes issus de différentes écoles publiques là-bas, 20 d’entre eux ont pu être présents pour la compétition de Sherbrooke. 

« C’est super de pouvoir venir ici, confie Pedro, très heureux de pouvoir exercer son anglais. La qualité de vie est vraiment belle ici. Nous avons souvent de la difficulté à trouver des commanditaires et des ressources, et nous n’avons pas tellement d’incitatifs à nous intéresser à la robotique, à l’inverse de plusieurs équipes ici. Mais on essaie de l’oublier et on le voit comme un beau défi à relever pour se motiver. » 

Pedro, qui étudie en sciences informatiques, est également en lice pour un prix bien particulier : la Distinction de la liste de Deans Kamen, le fondateur de FIRST. Ce prix, qui est le seul prix individuel décerné par l’organisme, est remis à un jeune participant qui se démarque par son engagement dans sa communauté. Pedro et ses camarades conçoivent notamment des ateliers d’initiation à la robotique, qu’il mettent en œuvre dans plusieurs écoles de quartiers défavorisées de Gravatai. 

« Ce que j’aime de FIRST, c’est que ce n’est vraiment pas juste de la robotique. Ça peut paraître drôle, mais il y a tout l’autre côté. On peut compter sur tout le monde ici et on apprend des choses comme le leadership et le travail d’équipe », renchérit le jeune passionné.

L’équipe des Brazilian Trailblazers est venue du sud du Brésil pour prendre part à la compétition de robotique FIRST à Sherbrooke. Parmi ses membres, Pedro Valentim (deuxième en bas à partir de la gauche), est en lice pour la Distinction de la liste de Deans Kamen, un prix individuel qui vise à récompenser l’implication de jeunes participants dans leur communauté.

Au quart de tour

En pleine opération de réparation dans la zone des puits, l’équipe des Harfangs de l’école secondaire Le Triolet se disait confiante pour la suite de choses vendredi matin. « C’est notre 12e année de participation à la compétition, commente Charles Poulin-Bergevin. On est habitués, et on est rodés. On a même remporté une compétition hors-concours à Nashua il y a quelques semaines. En ce moment, c’est un mélange de stress et de plaisir! On a vraiment un sentiment qu’on n’aurait pas en étant ailleurs qu’à Sherbrooke. Ton entourage est là pour t’encourager. On se sent comme une équipe sportive qui joue à la maison. » 

Malgré l’effervescence, tout le monde a un rôle précis dans l’équipe, explique Charles, qui précise que des membres sont même attitrés à la collecte de statistiques. Les données sont ensuite entrées dans une application conçue par l’équipe, qui connaît alors ses chances de se qualifier en temps réel. 

L’équipe des Harfangs, de l’école secondaire du Triolet, participe à la compétition internationale FIRST depuis 12 ans maintenant. Elle compte parmi les premières équipes du mouvement québécois. Sur la photo : Charles Poulin-Bergevin, mécanicien robot et Marc-Olivier Lehoux, mentor, avec Clovis Langevin, conducteur de robot à l’avant.

Première à Sherbrooke

Il aura fallu 10 ans d’existence à la division québécoise de FIRST pour tenir l’une de ses finales régionales à Sherbrooke. Et pourtant, ce sont trois écoles secondaires de Sherbrooke qui ont lancé le bal de cette compétition de robotique internationale dans la province. Aujourd’hui, le noyau estrien en compte cinq. 

« L’Université de Sherbrooke a été un partenaire de première heure, c’était naturel de venir faire un tour, explique Martin Regimbald, directeur régional pour FIRST Robotique Québec. Il y a une relève importante en sciences et technologies et en ingénierie ici, puis on a le support de la communauté. » 

Ainsi, parmi les plus de 1000 jeunes de cinq pays différents qui s’affrontent et coopèrent ce week-end, des équipes de la Montée (pavillon Le Ber), du Séminaire de Sherbrooke, du Triolet, du Salésien et de La Ruche tenteront de se qualifier pour la finale mondiale, qui se tiendra en avril. 

Depuis janvier, les équipes formées de jeunes de 14 à 18 ans se sont efforcées de construire un robot en 45 jours pour répondre aux demandes fixées par FIRST. À l’intérieur de matchs d’environ trois minutes, l’automate doit notamment ramasser et lancer des ballons à une hauteur d’environ 8 pieds de manière autonome, faire tourner précisément une roue colorée pour la régler sur une couleur qui sera déterminée au hasard, et s’accrocher sur une barre en mouvement située à 5 pieds de hauteur, le tout en étant membre d’une alliance. Plusieurs prix sont également remis notamment pour la sécurité, le design, le professionnalisme, la créativité et l’esprit d’équipe. 

Les six ou sept équipes qui se seront qualifiées pour la finale mondiale seront connues samedi. La compétition est ouverte gratuitement au public.