Chronique|

Confrontation CP/CN: presque copier-coller

Les graphiques sur un an du Canadien National et de son concurrent sur rails, le Canadien Pacifique, ont évolué au même rythme au cours de la dernière année.

Parfois, j’aime bien me prêter au jeu des comparaisons. Mettre en parallèle les courbes des titres de deux entreprises œuvrant dans le même secteur d'activités.


Dans les deux cas dont je veux vous parler aujourd'hui, il s'agit pratiquement d'un copier-coller! En effet, les graphiques sur un an du Canadien National (TSX: CNR) et de son concurrent sur rails, le Canadien Pacifique (NYSE: CP), ont évolué au même rythme au cours de la dernière année. 

Dans les deux cas, l’action a connu de bonnes semaines l’automne dernier, vers la fin de l’hiver et au cours de l’été. Par contre, les derniers jours d’août ont été difficiles, alors que les premiers de septembre ont fait remonter les titres. Dans les deux cas, en chœur pratiquement! 

En juillet, le CN avait annoncé des revenus record (4,34 milliards $) pour son deuxième trimestre (soit 20 %, par rapport à la même période l’an dernier), tandis que ses profits ont grimpé de 28 % par rapport à l’an dernier. 

Presque au même moment, le CP présentait des résultats des revenus de 2,2 milliards de dollars (US) au second trimestre, en hausse de 7% sur un an. Ses profits ont bondi de 289 millions $ à 1,33 milliard $ par rapport au deuxième trimestre en 2021. 

L’action du CN se transige à 161 $. Celle du CP s’échange à environ 80 $ (US) à New York.

Les prévisions les plus optimistes des analystes financiers placent le titre du CN à 175 $ d’ici l’an prochain, alors que les plus pessimistes ne lui accordent que 121 $. En moyenne, la cible se situe à 153 $, selon site spécialisé MarketBeat. 

Pour le CP, la cible va de 79 $ à 115 $ (CAN) d’ici un an, alors que la moyenne est à 99 $.  

Le coup de chapeau: On s’emballe pour Transcontinental 

Les analystes n’ont pas tardé à réagir aux chiffres impressionnants de l’imprimeur et emballeur Transcontinental (TSX: TCL.A TCL.B). Ses revenus et profits du troisième trimestre de l'exercice 2022 clos le 31 juillet ont bondi d’au moins 20 % par rapport à l’an dernier. 

Le bénéfice par action a atteint 39 cents. Il était de 32 cents pour le même période en 2021. 

L’analyste Adam Shine, de la Banque Nationale, voit le titre atteindre les 23 $ dans la prochaine année. L’action est à 17 $ ces jours-ci.  

On salue la croissance organique et par acquisition qui donnent de bons résultats et qui permettent de ne pas trop souffrir des poussées inflationnistes.  

 «Transcontinental est bien positionnée pour poursuivre sa croissance au quatrième trimestre», croit pour sa part Stephen MacLeod, analyste chez BMO.  

«Nous continuons de voir la possibilité d'une réévaluation de l'évaluation au fil du temps, mais l'orientation de Transcontinental vers la croissance devrait s'accompagner d'une amélioration soutenue du ratio du rendement du capital investi (RCI).» 

M. MacLeod place sa cible à 21 $ d’ici les 12 prochains mois. 

Chez Transat, la reprise post pandémie est difficile.

Le coup de gueule: Ça ne vole pas haut 

Sans mauvais jeu de mots, on peut dire que ça ne vole pas haut en ce qui concerne Transat A.T. inc. (TSX: TRZ). La reprise post-pandémie est difficile, a-t-on pu constater lors de la présentation des états financiers du voyagiste de Montréal. 

Pour le trimestre clos le 31 juillet, les revenus de la société ont été de 508,3 millions $, soit une augmentation de 495,8 millions $ par rapport à 2021, année durant laquelle l’entreprise est demeurée au sol.  

Comparativement à 2019, les revenus du dernier trimestre ont diminué de 190,6 millions $, soit de 27 %.  

Les activités se sont soldées par une perte d'exploitation de 93,2 millions $, comparativement à 98,4 millions $ en 2021, soit une amélioration quand même de 5,2 millions $. L'amélioration du résultat d'exploitation a été freinée par une hausse importante des prix du carburant, explique la direction. 

Encore sans vouloir faire de jeu de mots, le titre a subi de fortes turbulences au cours des derniers mois.  

L’action a connu un certain regain en novembre et au cours de l’hiver, mais a amorcé une perte d’altitude à partir du début d’avril. Le titre a atterri ces derniers jours sous les 3 $.  

«Nous sommes sur la bonne voie pour une saison hiver qui s'annonce aussi active qu'avant la pandémie», prévoit Annick Guérard, présidente et cheffe de la direction de Transat. 

Analyste chez Desjardins, Benoit Poirier a placé sa cible à 3,25 $ sur 12 mois. «Si les prix du carburant restent aux niveaux actuels, la pression sur les coûts d'exploitation et la rentabilité continuera», dit-il en substance. 

Son collègue Cameron Doerksen, de la Banque Nationale, abaisse la sienne de 3,75 $ à 2,50 $. 

«La situation financière à court terme de Transat est stable, mais à la fin du troisième trimestre la dette nette s'élevait à 1,5 milliard $ contre 1,3 milliard $ au deuxième trimestre. L'entreprise a poussé les principales échéances de la dette jusqu'en avril 2024, mais ces prêts devront être refinancés, et nous soupçonnons que des fonds propres supplémentaires seront nécessaires. Avec une capitalisation boursière de seulement 112 millions $, le risque de dilution importante des actionnaires demeure», redoute-t-il.

La citation de la semaine: Neil Rossy, président de Dollarama inc. (TSX : DOL) 

«Les Canadiens de tous les horizons s'adaptent au contexte de forte inflation. Par conséquent, nous avons révisé à la hausse notre hypothèse relative à la croissance des ventes des magasins comparables annuelle et l'avons établie dans une fourchette allant de 6,5 % à 7,5 %.» 

Jacques Tanguay

La p’tite vite! Jacques Tanguay, chef des opérations 

Changement de garde important à la tête du géant du meuble Groupe BMTC (TSX: GBT), société mieux connue pour ses magasins Ameublements Tanguay, Brault & Martineau et EconoMax. Jacques Tanguay, un homme d’affaires bien connu dans la région de Québec, deviendra le chef des opérations (COO) du Groupe BMTC. Charles Tanguay, présidera les trois bannières. Cette restructuration permet à la société de conserver un seul management à la direction des trois chaînes, explique-t-on. 

Le chiffre à retenir: Le taux préférentiel à 5,45 % 

Les institutions financières Banque Laurentienne (TSX : LB) et Banque Nationale (TSX : NA) ont haussé en chœur leur taux préférentiel de 75 points de base, soit de 4,70 % à 5,45 % depuis le 8 septembre, après une augmentation du taux directeur de la Banque du Canada à 3,25 % la veille. Il s'agissait de la cinquième hausse de taux cette année visant à contrôler l'inflation élevée au Canada. 

*Attention 

Il est important de noter que cette rubrique ne contient aucune recommandation d’achat ou de vente à l’égard des actions mentionnées. Nous vous incitons à consulter votre conseiller financier. 

Des suggestions, commentaires, à cplante@latribune.qc.ca 

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