NGC Aérospatiale emballée par la «nouvelle ère spatiale»

NGC Aérospatiale a soumissionné pour un projet de navigation sur le Rover de l’Agence spatiale canadienne. Sur la photo, Jean de Lafontaine, président-directeur général de NGC, et Jean-François Hamel, vice-président pour l’exploration spatiale.

Même si elle ne participa pas directement aux missions Artemis vers la lune, NGC Aérospatiale bénéficiera de plusieurs retombées liées au début de cette nouvelle ère d’exploration spatiale. C’est le développement du secteur privé qui est le plus intéressant pour l’entreprise sherbrookoise.


«Avec cette nouvelle ère spatiale, il y a beaucoup de gros programmes d’agence et c’est intéressant, explique Jean-François Hamel, vice-président pour l’exploration spatiale. Mais il y a aussi tout un paquet de nouvelles opportunités que des compagnies privées veulent fournir un service de transport et d’opération de charges utiles pour la lune. Ce sont des missions commerciales et les compagnies doivent développer elles-mêmes leur propre système et leur propre alunisseur. Ils ont besoin de la technologie qu’on offre.»

NGC est donc en discussions avec «bon nombre» de ces entreprises pour le déploiement de son programme de navigation optique, un système de positionnement similaire au GPS, mais qui utilise les cratères comme repères.

L'entreprise japonaise Ispace prévoit même un lancement vers la lune d’ici la fin de l’année ou au début de 2023.

«Notre logiciel n’est pas sur le lander, mais on a une entente avec eux pour utiliser les résultats de vol pour tester nos systèmes», souligne M. Hamel. 

NGC est également associé à Firefly Aerospace qui devrait lancer une mission d’alunissage en 2023.

«C’est notre démonstration opérationnelle et c’est critique, admet M. Hamel. Une fois qu’on a une démonstration en vol, c’est une belle carte de visite et c’est plus facile convaincre les gens de la valeur de notre technologie.»



Une autre voie vers la Lune

L’Agence spatiale canadienne (ASC) a aussi plusieurs projets envers la Lune et NGC entend bien faire sa place. L’ASC entend notamment envoyer d’ici quelques années son propre Rover pour explorer une région polaire de la Lune.

«On est une équipe de partenaires qui a soumissionné pour la conception du système de navigation visuelle, confirme M. Hamel. On est en attente.»

L’entreprise du boulevard Industriel devait aussi participer à deux projets lunaires sur le vieux continent avec l’Agence spatiale européenne et l’agence russe Roscosmos. Ces deux missions utilisent toutefois la technologie d’évitement d’obstacle développé par NGC et non le logiciel de navigation optique. L’entente avec les Russes n’est toutefois plus dans les plans en raison de l’invasion de l’Ukraine.

«On était sur le point de signer l’entente pour le programme seulement quelques jours après l’invasion, résume-t-il. Ce sont des projets internationaux et la politique a une influence. Il y a toujours un risque dans le spatial et ça fait partie des règles du jeu que parfois les missions sont abandonnées.»

Un vol lunaire avec Moon Express est aussi récemment tombé à l’eau.