Pêches et Océans Canada prépare un plan d’intervention contre la moule zébrée

La rivière Magog, un cours d’eau touché par la moule zébrée.

Le ministère fédéral planche sur un plan d'intervention contre la moule zébrée en collaboration avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et des organismes comme le COGESAF et le Conseil de gouvernance de l’eau des bassins versants de la rivière Saint-François.


Le guide se penchera sur la planification d’intervention contre cette espèce exotique envahissante (EEE) dans le bassin versant de la Saint-François.

Ce plan est dans les dernières étapes d’approbation.

Le Ministère précise qu’il s’agit d’un «outil d’aide à la décision» utile lorsque cette espèce est détectée. Il décrira entre autres les étapes nécessaires afin de déterminer si une intervention est possible ou souhaitable et aidera à choisir la meilleure option d’intervention.

Ce plan ne sera toutefois pas accompagné d’enveloppe particulière, du côté du gouvernement fédéral.

«On n’a pas de fonds de contribution dédié à l’intervention. On est là en soutien aux acteurs locaux pour les aider à mieux planifier leurs actions», observe Andréanne Demers, biologiste principale pour les EEE à Pêches et Océans Canada (MPO).

On parle de plan d’intervention, mais existe-t-il un plan de prévention? Non, répond-elle.

«Il y a quand même des tables de concertation qui parlent beaucoup de prévention, c’est-à-dire les stations de nettoyage, la sensibilisation des plaisanciers, la réglementation municipale. Je ne peux pas dire qu’il y a un plan régional, provincial ou même national, mais il y a beaucoup d’efforts de concertation», indique Mme Demers.

Quand on lui demande pourquoi il n’existe pas un tel plan, elle observe que beaucoup d’actions sont déjà enclenchées, notamment avec le Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE).

«On était dans l’urgence de l’intervention, à essayer de voir ce qu’on peut faire», note Mme Demers. «On a levé la main pour piloter ça (...) Je pense qu’il y a un désir de la part de tous les acteurs régionaux de créer une meilleure concertation, de planification des actions et que ce soit plus cohérent.»

La biologiste travaille dans le cadre d’un programme national sur les espèces exotiques envahissantes, qui touche à la planification d’interventions, la sensibilisation et la prévention. «C’est relativement un petit programme, on est deux ressources au Québec et il y a en a dans chaque région de Pêches et Océans Canada.»

Sept milliards $

Aux yeux du Ministère, « la moule zébrée représente l’une des plus grandes menaces aquatiques envahissantes au Canada».

Une fois établie, celle-ci se reproduit rapidement et peut nuire aux écosystèmes aquatiques. Elle peut aussi entraîner des dommages et des coûts importants, entre autres en obstruant les ouvrages de prise d’eau, notamment dans les centrales électriques et les stations d’épuration des eaux.

Originaire du sud-est de l’Europe, elle a été introduite dans les Grands Lacs du Canada à la fin des années 80. Depuis, «le coût estimatif de la prévention, de la surveillance, du contrôle et de la gestion de ses répercussions dans l’ensemble du pays» a été estimé à environ sept milliards de dollars.

Au Québec, MPO dit collaborer avec différents représentants en vertu du Plan d’action Saint-Laurent, de même qu’avec différents organismes et de groupes environnementaux.

Andréanne Demers estime que ce plan d’intervention servira de point de départ afin de sensibiliser des intervenants des autres régions.

«Le sud du Québec, de la Gaspésie jusqu’à la Montérégie, ce qui est au sud Saint-Laurent, a quand même un taux de calcium qui pourrait être propice à la moule zébrée. Ce n’est pas dit que les conditions seraient toutes bonnes, mais il y aurait un potentiel d’établissement. On veut essayer d’éveiller les consciences le plus possible.»

Du côté de Québec

Interrogé à savoir quelles sont les sommes attribuées au plan provincial pour la lutte aux espèces exotiques envahissantes (EEE) dans le milieu aquatique, le MFFP précise que depuis sa mise en place en 2016, le Programme québécois de lutte aux carpes envahissantes et autres espèces aquatiques a bénéficié de crédits totaux de près de 6,8 millions. Les sommes consenties à ce programme servent également à l’élaboration d’actions prévues au Plan de lutte contre les espèces exotiques envahissantes animales (2021).

La lutte aux plantes envahissantes, elle, relève du ministère de l’Environnement et de la Lutte aux Changements climatiques.